LeddarTech: un peu de Québec dans les voitures autonomes?

Ce qui se passe à Vegas reste à Vegas. Pas dans le cas de LeddarTech du moins!
Entreprise de Québec spécialisée dans les systèmes de détection et de télémétrie d'objets utilisant quelques-unes des multiples propriétés de l'optique, LeddarTech n'a surtout pas l'intention de cacher le fait qu'elle a provoqué un tabac à l'occasion du Consumer Electronics Show (CES) qui se tenait, le mois dernier, à Las Vegas.
Ce spin-off de l'Institut national d'optique (INO) a notamment fait tourner la tête des grands manufacturiers automobiles et de leurs partenaires fournisseurs et équipementiers avec sa technologie de détection des objets et des personnes et ses algorithmes de traitement de signal unissant les propriétés des radars, des caméras et de la télédétection par laser (lidar).
«Les Ford, Chrysler, GM et compagnie ont été très réceptifs à notre technologie qui a fait ses preuves depuis une bonne dizaine d'années, notamment dans les opérations de détection des véhicules aux intersections et pour les drones», indique le vice-président marketing de LeddarTech, Luc Langlois.
«Il y a un grand intérêt pour notre approche novatrice dans l'industrie automobile. Notre participation au CES l'a démontré hors de tout doute. Plusieurs manufacturiers vont démarrer, dès cet été, des tests sur piste avec nos capteurs dans le but de lancer, cet automne, des projets de développement pour amorcer, éventuellement, une production de masse en 2020», précise Luc Langlois.
De la télédétection par laser à bord des véhicules, il s'en fait déjà. Avec le développement de la voiture autonome, le système lidar devient incontournable pour éviter les collisions.
Moins coûteux
Sauf qu'il coûte actuellement un bras et une jambe aux manufacturiers. Entre 8000 $ et 50 000 $ dans le cas, par exemple, du Google Car.
En utilisant une savante combinaison de traitement des ondes lumineuses et des algorithmes logiciels, la technologie développée à Québec fait le travail - et encore mieux - pour beaucoup moins cher. À un prix sous le seuil des 100 $, affirme Luc Langlois en soulignant que sa solution, Leddartech la peaufine depuis déjà une décennie. «Nous avons plusieurs longueurs d'avance sur nos concurrents.»
Camouflés sous les phares d'une automobile, les capteurs de LeddarTech ont des portées de détection dépassant les 200 mètres pour les piétons et les 300 mètres pour les véhicules et autres objets. Qu'il pleuve, qu'il fasse tempête ou qu'un épais brouillard enveloppe la ville, le rendement du logiciel d'analyse d'objets n'est pas affecté.
Cette incursion dans l'industrie de l'automobile a donné un nouveau souffle à l'entreprise qui loge dans les locaux de l'INO dans le Parc technologique du Québec métropolitain.
«Il y a un an, nous étions 25 employés. Nous sommes maintenant 50 et nous serons vraisemblablement 70 dans trois mois», annonce Luc Langlois. Entre autres, LeddarTech chercher à pourvoir des postes de développeur logiciel, d'ingénieur optique-photonique et d'ingénieur en conception mécanique et optique.
Pour financer cette expansion, ça prend des sous. Beaucoup de sous. C'est pourquoi  le pdg de LeddarTech, Charles Boulanger, et son équipe ont lancé des lignes à l'eau dans l'espoir de puiser 30 millions $US sur les marchés des capitaux.
En un mot
Lidar: Aussi appelé la télédétection par laser, le lidar est la technologie optique de choix pour mesurer les distances. Son principe de fonctionnement est semblable à celui du radar : il mesure le temps de propagation de la lumière rétrodiffusée ou réfléchie par une cible. Il permet d'établir la distance et de cartographier son environnement avec une plus grande précision. 
Source: Institut national d'optique