Une voiture Tesla au Mondial de l'Automobile de Paris en septembre dernier

La Bourse propulse Tesla devant GM

Tesla a dépassé lundi le premier constructeur américain General Motors (GM) en terme de capitalisation boursière, les investisseurs pariant sur les nouvelles technologies comme avenir de l'automobile.
L'entreprise, créée en 2003 par le milliardaire et entrepreneur d'origine sud-africaine Elon Musk, a réussi le tour de force d'éclipser en une semaine Ford et GM, les deux poids lourds historiques de l'automobile américaine.
La capitalisation boursière de Tesla a grimpé lundi jusqu'à 51,56 milliards $, contre 50,26 milliards $ à General Motors, tandis que Ford pesait 44,84 milliards $.
Ce chiffre ne reflète pas le rapport de force entre les deux groupes automobiles : l'an dernier, la jeune firme californienne a produit environ 84 000 véhicules pour un chiffre d'affaires de 7 milliards $, contre 10 millions de voitures à son aîné et plus de 166 milliards $ de revenus.
La part de marché du géant de Detroit sur le marché américain est de 17,3 %, contre 0,2 % à Tesla, d'après le cabinet Autodata. GM devrait en outre enregistrer en 2017 un bénéfice aux alentours de 9 milliards $, d'après les estimations des analystes financiers, alors que Tesla n'est même pas certain de gagner de l'argent. «Dans les esprits des consommateurs, des salariés et des actionnaires, Tesla n'est pas seulement une entreprise», justifie l'analyste Alexander Potter chez Piper Jaffray. «Tesla suscite optimisme, liberté, irrévérence et toute une gamme d'autres émotions que, à notre avis, les autres entreprises ne peuvent reproduire».
D'ordinaire muet sur les fluctuations boursières, GM a réagi promptement lundi, faisant remarquer que Tesla n'était pas rentable et que sa trésorerie était dans le rouge.
À l'inverse, «GM est extrêmement rentable et a déjà fait preuve de sa capacité à enregistrer de solides performances financières», souligne auprès de l'AFP un porte-parole.
L'ascension boursière de Tesla, qui ne dispose que d'une seule usine, repose sur la conviction, désormais partagée par beaucoup dans la communauté financière, que les voitures électriques et connectées vont envahir les routes dans un proche avenir.