Richard L’Abbé pose avec la trousse fournie par Ford pour le guider dans ses choix de couleurs de carrosserie et de recouvrements à l’intérieur de sa Ford GT.

Ford GT: beaucoup d’appelés, peu d’élus

Montréal — Pour acheter un exemplaire de la Ford GT, la voiture victorieuse des 24 Heures du Mans en 2016, il faut plus que de l’argent. Richard L’Abbé, d’Ottawa, un des rares Canadiens à en posséder une, a vécu ce processus d’achat qui sort de l’ordinaire.

Rencontré lors de la journée réservée aux médias du Salon de l’auto de Montréal, l’ingénieur mécanique et aussi copropriétaire de la piste de course Calaboogie Motorsports Park, près d’Ottawa, raconte qu’il avait entendu parler de tests effectués en secret sur son circuit. «Même les propriétaires ne pouvaient pas aller sur le circuit durant ces essais. Seuls les employés étaient admis», dit-il.

Plus tard en allant au Salon de l’auto de Shanghai, il voit ce qui avait été testé par Ford sur son circuit.

«Ç’a été le coup de foudre!» se rappelle l’ingénieur de 61 ans. «À ce moment-là, j’ai rencontré Raj Nair [président de Ford Amérique du Nord] et je lui ai demandé comment je pourrais faire pour en avoir une.»

M. L’Abbé apprend alors qu’il devra faire partie d’une liste de sélection. «À l’été 2016, j’ai reçu un courriel m’invitant à remplir un  [long] questionnaire en ligne. Dans ce questionnaire, on me demandait pourquoi Ford devrait-il me vendre une GT. Si j’avais été un client loyal à Ford. Depuis combien d’années? Quels modèles Ford ou Lincoln dont j’ai été propriétaire? Et surtout, en quoi, je serais un excellent ambassadeur pour la Ford GT? Mon profil médiatique, philanthropique, ma présence sur les réseaux sociaux, etc.» énumère-t-il. 

«Pas dans un musée»

«Et surtout, Ford voulait s’assurer que la Ford GT ne finisse pas dans un musée. En plus, il fallait que j’envoie une vidéo d’une minute...»

Ensuite, toutes les demandes ont été épluchées par Ford afin de trouver les «bons ambassadeurs». En septembre 2016, M. L’Abbé reçoit la confirmation qu’il sera un des premiers clients à en avoir une.

À la fin de 2016, il est invité à se rendre à l’usine de Ford à Dearborn, au Michigan, en janvier 2017 pour faire ses choix de couleur et de recouvrement de sièges.

Une fois là-bas, M. L’Abbé se rend au Centre de développement des nouveaux produits du constructeur, situé tout juste devant le Musée Henry Ford — qu’il a évidemment visité. 

Il a pu rencontrer aussi deux membres de l’équipe d’ingénierie qui était présente pendant les tests secrets à Calaboogie et voir des maquettes en glaise de la GT.

C’est à ce moment que Ford lui présente la trousse de sélection des couleurs et des recouvrements intérieurs par le service de conciergerie de Ford. «Rien n’est impossible pour ces gens-là!» M. L’Abbé avait d’ailleurs apporté avec lui cette trousse au Salon de Montréal, la semaine dernière.

Une fois ses choix faits, il ne restait qu’à attendre la production de la GT, qui s’est faite en août 2017.

Deux semaines plus tard, M. L’Abbé est invité à l’usine de Multimatic, à Markham en Ontario, où sont assemblées les Ford GT.

«Quand j’ai vu ma voiture dans l’aire d’inspection... Jamais je n’avais été aussi émotif par rapport à une voiture. J’ai quasiment versé une larme!

«Un peu plus tard, on m’a livré ma Ford GT à Calaboogie dans une remorque fermée», ajoute celui qui possède sa licence de pilote de course automobile depuis une dizaine d’années.

La Ford GT bleue de Richard L’Abbé, la première fois qu’il l’a vue assemblée dans l’atelier de fabrication.

Jusqu’à 1000 Ford GT

Ford produira jusqu’à 1000 unités de Ford GT. «Au départ, il était question de n’en fabriquer que 500. Ford s’est ravisé et a décidé d’en construire 250 par année pendant quatre ans», relate M. L’Abbé. «Il y en a déjà 750 de produites ou réservées. La sélection pour la dernière tranche de 250 commence cette année.»

La Ford GT compte sur le moteur V6 EcoBoost de 3,5 litres qui développe 647 chevaux. Ses différents modes de conduite lui permettent de briller sur les circuits ou sur la route. Son prix? Aux alentours de 450 000 $. Bien sûr, si on est choisi par Ford...

«Une vraie voiture de course, car c’est pour ça qu’elle a été conçue», conclut M. L’Abbé

Une vidéo (en anglais) peut être vue à goo.gl/UGGg5x