Sur cette photo datant de novembre 2014, Fiat Chrysler présentait le camion RAM 1500 EcoDiesel, équipé du moteur diesel visé par les accusations de l'EPA américaine. Plus de 100 000 véhicules du constructeur sont concernés.

Fiat Chrysler accusé de dissimulation sur ses émissions polluantes

Fiat Chrysler a été accusé jeudi par les autorités américaines d'avoir dissimulé la présence dans plus de 100 000 de ses véhicules diesel aux États-Unis d'un logiciel ayant conduit à des émissions excessives de gaz polluants.
Ce logiciel controversé a été installé sur des modèles Jeep Cherokee et des camions RAM 1500, fabriqués entre 2014 et 2016, et pourrait avoir faussé le résultat des tests antipollution et minimisé le niveau réel des émissions, a indiqué l'agence environnementale américaine EPA.
«Le fait de dissimuler un logiciel qui affecte les émissions dans un moteur constitue une grave violation de la loi qui peut se traduire par une pollution néfaste de l'air que l'on respire», a commenté Cynthia Giles, une des responsables de l'EPA, citée dans le communiqué.
Selon l'agence, les véhicules incriminés rejettent dans l'air davantage d'oxyde d'azote (NoX), un gaz tenu pour responsable de nombreuses affections respiratoires, que les normes autorisées.
Le constructeur a par ailleurs omis d'informer les autorités de l'existence de ces «auxiliaires d'émission» alors qu'il savait que c'était «obligatoire», assure l'agence qui dit avoir trouvé «huit» pièces liées à ce programme dans les véhicules incriminés.
L'EPA se garde toutefois de parler d'un «logiciel truqueur» comparable à celui utilisé par Volkswagen et qui avait pour but avoué de fausser le résultat des tests anti-pollution.
Accusations rejetées
Fiat Chrysler a d'ailleurs vivement rejeté ces accusations. «Nous n'essayons pas de violer cette satanée loi [...] nous essayons de faire un travail honnête», a réagi le pdg de Fiat Chrysler, Sergio Marchionne.
Dans un communiqué, son groupe avait assuré attendre «avec impatience de démontrer [...] que sa stratégie de contrôle des émissions est correctement justifiée et ne s'apparente donc pas à un "logiciel truqueur"», assure le groupe dans un communiqué où il affirme plusieurs fois avoir hâte de s'expliquer auprès de la «future administration» américaine.
À Wall Street, le titre de Fiat Chrysler (NYSE : FCAU) a clôturé à 9,95 $, en baisse de 1,14 $, ou 10,28 %. Pendant la journée, l'action a perdu plus de 16 % et vu sa cotation suspendue.
À Milan, l'action FCA, maison mère de Fiat Chrysler US, plongeait de près de 18 % suivant l'annonce.
Pour avoir truqué 600 000 de ses voitures, le groupe allemand Volkswagen a plaidé coupable de fraude mercredi aux États-Unis et devra verser près de 22 milliards $ de dédommagements et de pénalités.