À l’arrêt, 32 panneaux photovoltaïques seront déployés pour recharger la fourgonnette Volkswagen T3 Syncro 1990 convertie. Ces panneaux devraient recharger la batterie de 85 kWh en 10 heures, soit un jour et demi. Ce qui permettra à Rémi Pillot et Alexandra Perfettini de rouler de 300 à 400 kilomètres sur une charge.

EV World Tour: un tour du monde pour changer les choses

CHRONIQUE / En France, il n’est pas illégal de convertir un véhicule à essence à l’électricité. Sauf qu’il est illégal de l’immatriculer, alors qu’il est tout à fait légal de le faire dans les pays européens voisins.

C’est pour cette raison que Rémi Pillot, ingénieur, et Alexandra Perfettini, architecte, entreprendront un voyage autour du monde qui les mènera dans 30 pays sur une distance de plus de 50 000 kilomètres.

En roulement, seuls huit panneaux peuvent être déployés, ajoutant entre 20 et 40 km par jour.

Le but : rouler en véhicule électrique rechargé à l’énergie solaire afin de faire parler d’eux pour débloquer le dossier de la conversion des véhicules vers l’électricité dans leur pays d’origine, notamment.

Ensuite, le grand défi demeure le choix de l’énergie solaire. Propre et infinie, elle permet de voyager dans des endroits dépourvus d’un réseau électrique. «Nous allons zigzaguer dans les villes où les gens veulent bien parler de nous», affirme M. Pillot, directeur, de la recherche et du développement d’EV World Tour (www.evwt.org), joint par téléphone par Le Soleil. Mme Perfettini sera quant à elle responsable de la logistique et des communications.

Ne vous attendez pas de croiser la fourgonnette Volkswagen T3 Syncro 1990 convertie à l’électricité sur les routes du Québec ou d’Amérique du Nord. L’itinéraire est tracé dans les contrées où il y a le plus d’ensoleillement. Pour cette raison, le duo partira de Marseille pour descendre par la péninsule ibérique pour traverser à Gibraltar. Ils rouleront un peu dans l’Afrique de l’Ouest pour traverser en Amérique du Sud. Ensuite, une longue traversée de l’océan Pacifique les mènera en Asie et en Europe.

M. Pillot prévoit faire le voyage en un an ou un an et demi. «Nous croyons pouvoir partir à l’automne, mais ça peut glisser. Tout dépend des saisons des pays qui seront visités et de la sécurité. Nous planifions notre voyage avec l’aide du ministère [français] des Affaires étrangères, afin de passer dans les endroits les plus sécuritaires.»

Une fourgonnette et une remorque

Mme Perfettini et M. Pillot feront leur long périple dans la fourgonnette nommée Nano qui, elle, tractera une remorque ayant le sobriquet d’Ève. Cette dernière permettra au duo de transporter tous les panneaux solaires nécessaires.

Nano et Ève ont hérité d’une batterie de 85 kWh, récupérée d’une Tesla Model S et d’un moteur électrique Siemens d’une puissance de 80 kW (équivalent à 100 chevaux) d’un couple de 200 N.m (147 lb-pi).

«La majorité du temps, nous chargerons à l’arrêt avec les 32 panneaux photovoltaïques déployés. En mode “roulage”, seulement huit panneaux sont exposés», explique M. Pillot. «Ces huit panneaux ne permettront que d’ajouter entre 20 et 40 km par jour. Mais les 32 panneaux, eux, rechargent la fourgonnette en environ 10 heures, soit un jour et demi. [Cela donnera] 85 kWh [d’énergie] pour faire entre 300 et 400 km avec le van et sa remorque tous les deux jours. Le véhicule sera autosuffisant et nous comptons ne pas avoir à utiliser de recharge provenant d’électricité produite à partir de sources d’énergie fossile.»

Comment peut-on partir de Marseille en véhicule converti, alors qu’il est interdit de rouler avec un tel véhicule en France? «Nous avons dû tricher. Nous avons immatriculé le véhicule dans un pays voisin où il est permis de le faire sur un véhicule converti», révèle M. Pillot.

«La conversion [permise en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Suisse, entre autres] permet de sauvegarder des véhicules classiques ou de collection, souvent interdits de circuler dans certaines grandes villes européennes», conclut-il.