L'Audi A4 Allroad 2017

Essai routier de l'Audi A4 Allroad 2017: familiale de niche

Tout le monde ou presque succombe au nouveau rite des utilitaires, qu'ils soient petits ou gros. Face à cette déferlante qui a envahi les villes mais aussi les campagnes, le croisement réalisé entre une familiale et un 4 X 4 ne peut lutter. Mais Audi - comme une poignée d'autres constructeurs - estime qu'il existe encore une clientèle souhaitant rouler différemment.
Il faut se faire une raison : les consommateurs préfèrent aujourd'hui les «camions». D'où l'idée de décorer une familiale, voire une berline, en lui donnant une dégaine inimitable, furtivement passe-partout. Dans le domaine automobile, l'originalité tient parfois à peu de choses.
Chez Audi, on limite les traits de maquillage des renforts de bas de caisse, d'ailes élargies, de barres de toit façon «alu» et de pneus spéciaux destinés à hausser sa garde au sol. C'est un peu «m'as-tu-vu», mais en l'espèce, on a vu bien pire. Dans un monde idéal, les allergiques à ce genre de folklore opteraient pour l'A4 Avant (c'est ainsi qu'on désigne les familiales chez Audi), moins chère et tout aussi compétente, mais celle-ci ne fait plus carrière en Amérique.
Loin d'être parfaitement intégré à l'époque, l'A4 Allroad trouve aujourd'hui sa raison d'être dans l'éclatement des styles de vie des consommateurs et des styles automobiles. En clair, ce véhicule se félicite presque de ne pas tomber dans le conformisme et son constructeur ne doute pas, même si les ventes demeurent discrètes. Preuve qu'il a foi en l'avenir de ce modèle, il le renouvelle sur une base plus moderne et inaugure une poignée de nouvelles technologies, dont un rouage intégral au fonctionnement inédit.
Quattro à la sauce Ultra
Conçu sur la base de la berline A4, l'Allroad apparaît plus hardi, plus sportif, plus «joueur», et surtout plus élancé qu'un utilitaire pur sirop. Son centre de gravité moins élevé lui permet de mieux tenir la route, en particulier lorsque celle-ci zigzague. Inapte au tout-terrain, mais parfait pour gagner les stations de sports d'hiver et affronter les petits matins enneigés, l'A4 Allroad, commercialisé à compter de l'automne 2016, est une Audi plutôt «saisonnière».
Forte de près de 40 ans d'expertise dans le domaine du rouage intégral aux quatre roues (les fameuses Audi Quattro des années 80), la marque revoit à la fois son modèle et son discours. En effet, la marque aux anneaux dote l'A4 Allroad d'un tout nouveau dispositif à prise temporaire appelé Quattro Ultra. Ce n'est pas la première fois qu'Audi a recours à un dispositif différent de son système initial (à prise constante, donc quatre roues motrices en tout temps). Les actuelles A3, TT et R8 bénéficient en effet de quatre roues motrices qu'en cas de réel besoin. L'A4 Allroad adopte le même mantra et reconnaît implicitement que le dispositif à prise constante dont elle fait la promotion depuis 40 ans n'est pas nécessaire en tout temps. D'ailleurs, au cours de la présentation de presse, des ingénieurs s'invitaient à bord des véhicules avec une tablette électronique. Cette dernière était directement branchée sur la gestion dudit rouage intégral dans le but de démontrer qu'il n'est pas nécessaire en tout temps. Avions-nous besoin d'en être convaincus sur une chaussée parfaitement sèche?
L'idée d'offrir le Quattro Ultra (plus léger de 4 kg seulement) vise essentiellement à réduire la consommation de carburant. Selon les ingénieurs d'Audi, cette prise temporaire aux quatre roues peut entraîner à elle seule une réduction de près de 0,3 l/100 km. Une innovation? Pas du tout. Déjà, d'autres constructeurs proposent un mécanisme assez semblable (Land Rover, Jeep). Les ingénieurs d'Audi le savent très bien, mais soutiennent cependant qu'ils sont parvenus à améliorer le temps de réaction de ce système. Alors que les mécanismes concurrents doivent parfois attendre l'exécution d'une opération avant d'en entreprendre une autre, le système mis au point par Audi permet certains chevauchements et un temps de réaction inférieur à 0,2 seconde. Ce puissant calculateur anticipe aussi le passage aux quatre roues motrices en analysant plusieurs fois à la seconde et en temps réel le coefficient d'adhérence et la pression exercée sur la pédale d'accélérateur, le braquage du volant, etc.
Sur l'A4 Allroad, il suffit de paramétrer le mode Off-Road au moyen de la commande Audi Select pour que le passage à deux roues motrices devienne impossible. À noter aussi : les nouvelles A4 en vente depuis peu dans les concessionnaires ne bénéficient pas (encore) du rouage Quattro Ultra. Celui-ci sera intégré en cours d'année.
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Chemins de campagne
Comme il existe des voitures «à conduire», il existe des voitures «à vivre», et l'A4 Allroad en fait partie. Ce modèle négocie les courbes imperturbablement et se manie avec d'autant plus d'aisance que son moteur essence de 2,0 litres suralimenté par turbocompresseur est «coupleux» à souhait. Il ne manque pas de poigne, mais ne renverse pas tout sur son passage pour autant. Même si le nouveau modèle pèse 90 kg de moins que l'ancien, son moteur ne verse pas dans l'excès d'impétuosité pour autant, et ce, malgré la célérité de la boîte automatique S-tronic qui l'accompagne. À noter que, contrairement à la berline A4, l'Allroad «nord-américaine» refuse à la motorisation turbodiesel le droit de se glisser sous son capot.
Certains le regretteront, mais d'autres s'accommoderont volontiers de cette voiture modérément sportive, mais très franche dans ses réactions malgré une garde au sol relevée de 34 mm. La direction, qui apparaît un peu légère à petite vitesse, mais s'avère parfaitement lestée dès que l'on s'extrait du trafic, participe largement au plaisir que l'on éprouve au volant de l'A4 Allroad. Pour le reste, on louera les suspensions au débattement élargi (mode confort) et le silence de roulement, mais on blâmera le manque de mordant du freinage.
Du coffre et quatre places
Au pays des Quatre Anneaux, la thématique de la familiale est interprétée dans sa dimension esthétique plutôt que pratique. Cela dit, en renouvelant ce modèle, Audi a revu les cotes intérieures à la hausse. Les places gagnent en confort, à l'arrière surtout, plus de dégagement, mais à la condition de limiter à quatre le nombre d'occupants. Un cinquième? Celui-ci aura à composer avec un dossier plutôt ferme dans sa partie centrale et une vilaine bosse à ses pieds.
Le principal intérêt de l'A4 Allroad réside dans son coffre. Aisément accessible par l'entremise d'un hayon, il offre un volume de chargement pouvant varier entre 505 et 1505 litres. C'est-à-dire? Il est plus accueillant que celui d'une BMW Série 3 Touring, mais a autant d'appétit pour les bagages et les victuailles que celui de la future familiale de Classe C que Mercedes commercialisera à l'automne. On appréciera les petites attentions portées aux détails, comme cette ganse cousue contre l'une des parois destinées à recevoir le bidon de lave-glace, ces rails d'arrimage pour clouer solidement votre bagage au sol ou encore quelques rangements additionnels pour dissimuler certains objets à la vue des passants. Le dossier de la banquette arrière comporte trois sections rabattables, ce qui ajoute à la modularité de l'habitacle. Hélas, Audi n'offre pas la possibilité de rabattre le dossier du passager avant pour le transport de longs objets et n'a pas trouvé de solution pour mettre à plat les dossiers sans compromettre le confort de la banquette.
L'A4 Allroad ne peut, même au sein de la gamme Audi, prétendre être une solution de rechange aux VUS. Ces derniers proposent souvent plus d'espace, sont plus astucieux et surtout sont vendus à meilleur prix. Même s'il n'a rien de stratégique pour les ventes d'Audi, l'A4 Allroad a le mérite de proposer quelque chose de différent. Dans nos rues tapissées d'utilitaires, ça se remarque.
Le pour et le contre
On aime
• Astuces du coffre
• Réactivité du rouage intégral
• Silence de roulement
On aime moins
• Seulement quatre vraies places
• Prétentions hors route usurpées
• Freinage peu endurant
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Ce qu'il faut retenir
Prix: de 48 000 $ à 53 000 $ (estimations)
Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
Moteur: L4 DACT 2,0 litres turbo 
Puissance: 248 ch entre 5000 et 6000 tr/min 
Couple: 273 lb-pi entre 1600 et 4500 tr/min
Poids: 1655 kg
Rapport poids/puissance: 6,67 kg/ch
Mode: intégral
Transmission de série: automatique à sept rapports (S-tronic)
Transmission optionnelle: aucune
Direction: crémaillère
Diamètre de braquage: n. d.
Freins (av.-arr.): disque-disque
Pneus (av.-arr.): 225/55R17
Capacité du réservoir: 58 litres
Carburant recommandé: super
Consommation réelle: 9,9 l/100 km
Visible dans les concessions: automne 2016
Pour en savoir plus: www.audi.ca