Daniel Breton, expert-conseil en électrification des transports, Fabien Cuong, cofondateur de E-Taxi, Ted Dowling, vice-président de BYD Canada et Yung Cuong, cofondateur de E-Taxi présentaient lundi dernier la voiture e6 de BYD aux couleurs de Montréal.

E-Taxi: un modèle d’affaires différent de Téo Taxi

CHRONIQUE / Un nouveau joueur dans l’industrie du taxi au Québec vient de voir le jour, E-Taxi. S’agit-il d’un concurrent à Téo Taxi? On nous assure que non, en raison du modèle d’affaires proposé par les promoteurs d’E-Taxi, qui diffère de celui mis en marche par l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, il y a plus de deux ans déjà.

Annoncé lundi dernier, le déploiement d’E-Taxi devrait se faire dans le courant de l’année pour une mise en service de 25 à 50 véhicules de taxi, à Montréal.

Cette nouvelle compagnie de taxi aura comme signe distinctif de mettre sur la route un modèle de voiture électrique de conception et de construction chinoise, la e6 du constructeur BYD.

Cette nouvelle entreprise est fondée par Yung et Fabien Cuong. «M. [Yung] Cuong est quelqu’un de très connu et respecté dans le milieu du taxi à Montréal», dit d’emblée au Soleil Daniel Breton, expert-conseil en électrification des transports et ex-ministre de l’Environnement sous le gouvernement de Pauline Marois, dont les services ont été retenus par E-Taxi pour valider la technologie retenue par la firme et les enjeux opérationnels.

«E-Taxi n’est pas un compétiteur à Téo Taxi. Nous ne partageons pas le même modèle d’affaires. À la base, un chauffeur de taxi est un travailleur autonome. Et le pari de M. Cuong sera de convaincre ceux-ci de passer au taxi 100 % électrique [sans changer leur façon de travailler]», ajoute M. Breton, en soulignant que le calcul préliminaire fait par E-Taxi révèle une économie de plus ou moins 7000 $ par année avec les dépenses de carburant et d’entretien.

Validation technique

Le mandat de M. Breton est de valider la répartition des bornes de recharge, car «les e6 n’utilisent pas les mêmes standards qu’en Amérique du Nord». Il s’assurera de valider aussi l’autonomie des e6 et son comportement routier, afin de formuler ses commentaires aux promoteurs.

«Évidemment, je vais essayer la e6. Il s’agit d’une voiture dont le gabarit est similaire à celui d’une Toyota Prius V ou d’un Kia Niro, mais avec l’autonomie qui se rapproche de celle d’une Tesla Model S», explique le consultant. «Son prix de détail suggéré est d’environ 60 000 $, mais ce prix-là n’est pas celui pour les parcs automobiles.»

La e6 de BYD aurait une autonomie de plus de 300 kilomètres avec une recharge. Selon E-Taxi, ce modèle «est utilisé dans l’industrie du taxi dans plus d’une cinquantaine de villes d’importance dans le monde».

Qu’en est-il de l’homologation du véhicule au Canada? M. Breton assure que le processus est en cours auprès de Transports Canada et que la réponse devrait arriver d’ici trois mois.

Ensuite, dans un avenir proche, E-Taxi n’entend pas à se limiter à la région métropolitaine. «Tout le Québec est visé», déclare M. Breton. «Et les besoins des chauffeurs de taxi diffèrent d’une région à l’autre. Un chauffeur au centre-ville de Montréal ne fera pas autant de kilométrage que celui à Québec ou à Saguenay. Des essais pourront être faits partout au Québec.»

À terme, E-Taxi estime que l’électrification des 8000 taxis du Québec pourrait représenter une diminution des émissions de gaz à effet de serre estimée à 200 000 tonnes de CO2 annuellement et générer des retombées économiques de l’ordre de 30 millions $.