Voici une plaque d’immatriculation, émise en 2008, dont le processus de pelage est bien entamé. Généralement, la pellicule réfléchissante commence à décoller autour des trous pour les vis et finit par s’étendre partout sur la plaque. Résultat final : une plaque complètement dénudée.

Ces fameuses plaques d'immatriculation qui pèlent

CHRONIQUE / Plusieurs sûrement ont remarqué que des plaques d’immatriculation du Québec se détériorent au point tel que la pellicule réfléchissante vienne à décoller complètement.

Ce phénomène, loin d’être isolé, ne touche pas uniquement les plaques québécoises. Pendant un voyage à Ottawa, l’an dernier, il a été possible de constater que les plaques d’immatriculation de l’Ontario sont également touchées par le même «fléau».

Même la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ne peut donner d’explications précises au sujet des circonstances qui amènent les plaques d’immatriculation à peler de la sorte. La SAAQ a commencé à se pencher sur le problème, il y a deux ans.

«En 2016, nous avions fait une analyse des plaques qui nous avaient été retournées. Après vérification auprès de notre fournisseur [Relief Design inc., à Saint-Louis-de-Blandford], celui-ci a déjà investigué le problème auprès des producteurs de pellicules et d’aluminium. Rien, selon lui, n’était attribuable à l’un ou à l’autre et qu’il fallait considérer l’usure normale du produit», explique Gino Desrosiers, relationniste à la SAAQ. «Par contre, il est d’avis que la pellicule a une durée de vie et qu’après 10 ans, elle peut poser problème; notamment celles distribuées entre 2006 et 2016», ajoute-t-il en spécifiant qu’une analyse similaire à celle de 2016 sera effectuée avec les plaques qui ont été retournées.

«Nous invitons d’ailleurs les gens qui ont des problèmes avec leur plaque à nous la ramener afin d’augmenter notre échantillon d’analyse. De plus, nous réaliserons une étude plus exhaustive des façons de faire des autres administrations canadiennes, de leur méthode de remplacement et des problématiques connues», affirme le porte-parole de la société d’État.

Car il ne faut pas oublier que le fait de rouler avec une plaque pelée revient au même que de rouler sans avoir déneigé sa plaque en hiver. Ce qui peut mener à un constat d’infraction de 30 $, plus les frais, si jamais un agent vous intercepte.

M. Desrosiers répond que si la plaque est complètement pelée et rendue complètement ou partiellement illisible, celle-ci sera remplacée gratuitement à un bureau de la SAAQ ou un mandataire. Peu importe l’âge de la plaque.

«Pour les autres types d’usure [par exemple, la décoloration], la plaque est garantie cinq ans. À l’intérieur de ce délai, la plaque est remplacée gratuitement. Au-delà de cinq ans, le remplacement est aux frais du propriétaire du véhicule. Le coût de remplacement de la plaque est de 11,20 $ et celui du certificat d’immatriculation est de 4,50 $», dit M. Desrosiers.

Quant aux plaques personnalisées, elles sont produites par le même fournisseur et elles sont couvertes par la même garantie.

Valeur sentimentale
Pendant ma quête de plaques pelées, j’ai rencontré un automobiliste dont la pellicule de sa plaque datant de 1986 commence à peler.

Surpris de voir un quidam photographier sa plaque, Yvon m’expliquait qu’il hésitait à la remplacer, car il l’avait eue pour sa première voiture. Et qu’il craignait ne pas pouvoir la conserver. «Elle a une certaine valeur sentimentale», ajoutait-il.

J’ignore si la SAAQ la remplacera gratuitement, mais je présume que si la société ne lui facture rien, elle voudra garder la plaque. Au pis aller, ça coûtera une quinzaine de dollars à Yvon. Normalement, on nous permet de garder nos vieilles plaques.