Buick Envision

Buick Envision: l'immigrant

L'Envision est-elle en voie de devenir la maladie honteuse de Buick? La question se pose. Produit en Chine où il connaît un certain succès, ce Buick débarque sur nos terres sur la pointe des pneus, comme s'il craignait de trop se faire remarquer. À la lumière de ce banc d'essai, on peut comprendre pourquoi.
Bien que son aura ait singulièrement pâli, la marque Buick, née en 1903, appartient au cercle restreint des marques centenaires de l'automobile. Illustration parfois brillante de la créativité américaine, on lui doit d'inimitables voitures (Gran Sport et Grand National), et des mécaniques innovantes (le V6 Fireball notamment).
Qu'à cela ne tienne, Buick traîne comme un boulet le fait de n'avoir pas su négocier le virage des années 80. Les Buick ont progressivement perdu la fantaisie et le punch qui distinguaient jadis cette marque américaine. Ces dernières années, les Buick ont gagné en fiabilité et en qualité, mais elles ont perdu le fil de leur ADN. D'ailleurs, le constructeur ne pèse plus très lourd en Amérique du Nord et réalise l'essentiel de ses ventes (80 %, selon la dernière statistique) en Chine, à qui il doit sa survie.
Est-ce pour exciter la curiosité du public à l'égard de ce modèle récent, mais menacé de marginalisation face aux ténors de sa catégorie, que cet Envision prend naissance dans des installations chinoises? Sans doute pas, mais derrière ce «coup commercial», on pourrait ne discerner qu'une vaine parade visant à surmonter un désespérant déficit de notoriété. L'avenir le dira, mais chose certaine, l'Envision connaît actuellement une carrière plutôt discrète.
La qualité de l'assemblage de l'Envision laisse perplexe. D'abord, soulignons qu'elle est nettement meilleure que celle des automobiles chinoises commentées il y a quelques années dans nos pages lors de nos pèlerinages dans les salons chinois. Les différents composants sont correctement imbriqués entre eux et la qualité des matériaux est correcte, pour peu que vos yeux quadrillent la partie supérieure de l'habitacle où les plastiques sont plus joyeux. En fait, le problème est qu'il n'y a rien de véritablement valorisant à bord de ce véhicule. Pas même la petite montre un peu «bling-bling» épinglée dans la partie centrale du tableau de bord. En revanche, on ne relève aucune faute majeure en matière d'ergonomie, si ce n'est des aérateurs positionnés trop bas dans la console centrale. On trouve également à redire au peu de maintien des sièges avant et arrière. En contrepartie, l'espace ne manque pas à bord, à moins d'opter pour le toit ouvrant panoramique (en option) qui pénalise le dégagement pour la tête à l'arrière. Le volume utilitaire est, quant à lui, très compétitif, même si sa modularité demeure somme toute très classique.
La liste des caractéristiques est impressionnante et Buick veille à offrir le dernier cri en matière de sécurité (active et passive) et de connectivité, et ce, à prix très concurrentiel par rapport aux compétiteurs ciblés - Audi A5 et Acura RDX.
Buick Envision
Rien de sensationnel
Hormis le fait qu'il est assemblé en Chine, l'Envision partage la même architecture technique que les futurs Chevrolet Equinox et GMC Terrain. À ceux et celles qui pourraient regretter que Buick ne propose pas, comme ces dernières, une mécanique turbodiesel pour lui permettre de se démarquer de bon nombre de ses concurrents, sans doute a-t-on jugé, et avec raison, que sa faible cylindrée (1,5 litre) aurait souffert de la comparaison.
Sur la route, l'Envision est du genre sans souci. En dépit de ses dimensions compactes, ce multisegment donne l'impression d'être beaucoup plus massif qu'il ne l'est réellement. La direction réagit mollement aux changements de trajectoire demandés, tandis que le freinage est difficile à moduler en raison d'une pédale trop souple. Les distances de freinage, par contre, sont raisonnables, mais sans plus. Uniquement offert, pour le moment du moins, en mode intégral (quatre roues motrices), l'Envision ne jouit pas d'une motricité hors pair pour autant. À plusieurs reprises au cours de l'essai, la transition tardive de la puissance entre les essieux entraînait une remontée de couple dans le volant (accélération) ou des louvoiements du train arrière. Rien de dangereux cependant, puisque le correcteur de stabilité électronique veillait à récupérer le tout.
En revanche, l'Envision procure une certaine satisfaction en matière de confort. Ses éléments suspenseurs affichent une belle souplesse, mais ils peinent à conserver de leur superbe sur une route endommagée en réagissant très sèchement. Par ailleurs, pour peu que l'acheteur rejette l'idée de la mouvoir de sa position statique à l'aide du quatre-cylindres 2,5 litres et lui préfère le 2,0 litres suralimenté par turbocompresseur, ça va. D'abord, le moteur turbocompressé est plus en adéquation avec les motorisations proposées par la concurrence et offre des performances suffisantes pour remuer ce Buick. Hélas, peu importe la mécanique retenue, l'Envision retient uniquement les services d'une boîte automatique qui peine à gérer ses six rapports. Lente, sèche et pas très moderne (face aux rivaux présumés, s'entend), cette transmission n'a pour seul véritable atout que d'être éprouvée techniquement. Une boîte comportant plus de rapports permettrait sans l'ombre d'un doute d'adoucir l'étagement et de ménager davantage l'essence que contient le tout petit réservoir de ce multisegment.
Disons-le sans détour : malgré ses qualités, il n'est pas acquis que l'Envision parvienne à tirer son épingle du jeu dans un segment aussi concurrentiel.
Le pour et le contre
On aime
• Suspension souple
• Finition d'un bon niveau
• Comportement sans histoire
On aime moins
• Moteur 2,5 litres à éviter
• Consommation et autonomie décevantes (2,0 litres)
• Rien pour se démarquer
Buick Envision
Ce qu'il faut retenir
Prix: de 39 995 $ à 49 565 $
Frais de transport et de préparation: 1950 $
Garantie de base: 48 mois ou 80 000 km
Moteur: L4 DACT 2,0 litres suralimenté
Puissance: 252 ch à 5500 tr/min
Couple: 260 lb-pi à 2000 tr/min
Poids: 1852 kg
Rapport poids/puissance: 7,34 kg/ch
Mode: intégral
Transmission de série: automatique à six rapports
Transmission optionnelle: aucune
Diamètre de braquage: 12 m
Freins(av.-arr.): disque-disque
Pneus (av.-arr.): 235/50R19
Capacité du réservoir: 65,5 litres
Essence recommandée: super
Consommation réelle observée: 11,8 l/100 km
Capacité de remorquage maximale: 680 kg
Concurrents directs: Audi Q5, Infiniti QX50, Lincoln MKC
Visible dans les concessions: maintenant
Pour en savoir plus: www.buick.ca