Québec a annoncé jeudi dernier qu’une station de recharge sera mise en service dans la région de la Capitale-Nationale. Cela coïncidait avec l’annonce de la mise en marché, au Québec d’abord, de la voiture à hydrogène Mirai par le constructeur Toyota.

Autos à hydrogène: «dépense inutile», juge l’AVEQ

Jeudi dernier, lors de la journée réservée aux médias au Salon de l’auto de Montréal, les ministres Isabelle Melançon et Pierre Moreau annonçaient l’implication du gouvernement québécois dans un projet-pilote pour implanter des stations de recharge à l’hydrogène. «Une dépense inutile», lance le président de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ), Simon-Pierre Rioux.

Québec a alors annoncé qu’une station de recharge sera mise en service dans la région de la Capitale-Nationale. Cela coïncidait avec l’annonce de la mise en marché — au Québec d’abord — de la voiture à hydrogène Mirai (qui signifie avenir en japonais) par le constructeur Toyota. Aucune information quant aux montants avancés par Québec n’a toutefois été dévoilée au cours de cette annonce.

«Il s’agit d’une décision hâtive», commente M. Rioux. «On délaisse l’électrification des transports et les sommes prévues pour bonifier le réseau de bornes de recharge  rapides à courant continu [BRCC] seront détournées pour les diriger vers l’hydrogène.»

De 2 à 3 M$ par station

M. Rioux avance qu’une seule station de recharge à hydrogène coûte de 2 à 3 millions $. «On pourrait tapisser le Québec de BRCC avec le budget d’une seule station à hydrogène», ajoute-t-il, en se basant su un coût de 30 000 $ par borne BRCC. Dans un dossier déjà publié dans Le Soleil, Hydro-Québec estimait un coût pouvant aller jusqu’à 60 000 $.

À part le Québec, seule la Californie s’implique dans la mise en service de stations à hydrogène, selon le président de l’AVEQ. «Ce sera alors une technologie avec laquelle il serait impossible de sortir du Québec. Les constructeurs ne veulent pas s’impliquer dans les infrastructures de recharge à hydrogène.»

En plus de l’aspect économique, la propulsion à l’hydrogène ne présente pas un bilan aussi «vert» qu’on le prétend, selon M. Rioux. «Pour produire de l’hydrogène, cela nécessite 31 litres d’eau par kilomètre parcouru, en plus de prendre trois fois plus d’électricité que pour le simple branchement d’une voiture électrique. On va assécher la planète!» 

Il conclut que pour lui le choix n’est pas difficile à faire. «À 70 000 $ [le prix estimé d’une Mirai], je choisirai une Tesla Model 3 bien avant!» en ajoutant qu’on ne connaît pas le coût de l’hydrogène à la pompe.