À côté de l'Aston Martin Works, le Heritage Showroom, logé dans un ancien hangar d'avions récemment rénové, sert de salle de montre pour les voitures restaurées.

Aston Martin: redonner vie à des légendes

Dans les locaux où se trouvait autrefois l'usine du constructeur Aston Martin depuis 1958, carrossiers, mécaniciens et peintres s'affairent à redonner une seconde vie à des rares bolides oubliés dans des remises ou dans la campagne anglaise.
L'Aston Martin Workscomporte aussi un atelier de mécanique et de carrosserie. Dans cet endroit immaculé, il est possible de réparer les modèles DB7 et les plus récents.
Ne vous trompez pas, il ne s'agit pas d'un simple garage indépendant. L'Aston Martin Works est un centre de restauration dédié à la remise à neuf des vieilles Aston Martin selon les règles de l'art.
Dans un but bien précis : «garder la marque désirable», explique John Muirhead, directeur des communications de la marque qui a célébré ses 100 ans en 2013. «Les voitures restaurées quittent l'atelier en meilleure condition qu'elles ne l'étaient neuves. Et surtout dans l'objectif qu'elles durent de 30 à 40 ans de plus.»
Aston Martin peut restaurer les plus vieux modèles, de la DB2 des années 50 à la première Vanquish du début des années 2000, dans cet atelier de restauration, situé à Newport Pagnell, une ville de 15 000 habitants du sud-est de l'Angleterre.
Voyage dans le temps
L'atelier où les panneaux de carrosserie sont réparés fait voyager dans le temps jusqu'en 1965. Tous les outils originaux et moules de l'ancienne usine ont été conservés. Il est donc possible de restaurer une vieille Aston Martin, et ce, même à partir de rien.

«Pour un prix fixe de base de 330000 livres sterling [602 000 $], en plus de celui de certaines options que le client désire et les taxes, il est possible de restaurer ici une vieille Aston Martin», déclare Scott Fisher, directeur des relations publiques.

Et il n'est pas obligatoire d'avoir la carcasse au complet pour qu'une Aston Martin soit reconstruite. «Vous pourriez simplement fournir la plaque d'identification originale de la voiture. Après vérification dans nos registres et si cela concorde, nous pouvons la reconstruire intégralement, moyennant évidemment le prix de la restauration», a ajouté M. Muirhead plus tard après la visite de l'atelier.
Dans l'atelier des panneaux de carrosserie, une DB5 subissait une cure de jouvence. «Il a fallu 225 heures de travail pour recréer la partie avant de cette DB5», explique M. Fisher.

Au moment de la visite du Soleil, 25 projets de restauration étaient en cours. En moyenne, il faut 18 mois pour achever une restauration, selon Scott Fisher.

Les employés ont pour la plupart entre 25 et 30 ans d'expérience. Un apprenti âgé de 16 ans fait partie de l'équipe. Aston Martin n'hésite pas à investir temps et argent dans la formation de leurs apprentis. Le plus vieil employé, John Croot, qui travaille dans la section des garnitures, compte 46 ans d'expérience et prendra sa retraite en août prochain.
L'Aston Martin Works comporte aussi un atelier de mécanique et de carrosserie. Dans cet endroit immaculé, il est possible de réparer les modèles DB7 et les plus récents. «On passe beaucoup de temps pour garder l'endroit très propre», affirme M. Fisher.

On a pu y voir des modèles récents et rares, comme trois One-77 et le concept CC100. «Vous ne reverrez jamais trois One-77 [construite en 77 exemplaires] au même endroit», dit M. Fisher. Quant à lui, le CC100 était un hommage aux 100 ans de la marque et à la seule victoire aux 24 heures du Mans d'Aston Martin avec la DBR1, pilotée par l'Américain Caroll Shelby.

À côté de l'Aston Martin Works, le Heritage Showroom, logé dans un ancien hangar d'avions récemment rénové, sert de salle de montre pour les voitures restaurées.
Les frais d'hébergement et de transport terrestre liés à ce reportage étaient payés par Aston Martin et Décarie Motors, concessionnaire de la région métropolitaine.
La Aston Martin que l'on peut voir dans Skyfall.
La filière verte
Ne cherchez pas de véhicule hybride ou électrique chez Aston Martin. Le constructeur ne met pas d'effort dans la filière verte, comme le font les autres. Il mise plutôt sur la «récupération» et la «revalorisation».
«Étant donné la rareté de nos voitures et la volonté que nous avons à restaurer nos anciens modèles, il y a de fortes chances qu'une Aston Martin soit plus "verte" que n'importe quel autre modèle, comme une [Volkswagen] Golf par exemple», dit John Muirhead, directeur des communications. «De plus, le propriétaire d'une Aston Martin parcourra moins de miles que celui d'une Golf. À ce chapitre, l'empreinte d'Aston Martin est moindre que celle des autres constructeurs», ajoute-t-il.
James Bond (Daniel Craig) et M (Judi Dench) dans l'Aston Martin DB5 des années 60, restaurée pour les besoins des récents films de l'agent 007.

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Des Aston Martin célèbres

Dans l'Aston Martin Heritage Showroom à Newport Pagnell, on n'a pas pu manquer la DB5 de James Bond, identique à celle qui était apparue dans deux films des années 60 - Goldfinger et Opération Tonnerre -, ainsi que dans quatre plus récents : Demain ne meurt jamais, L'oeil de feu, Casino Royale et Skyfall.

Lors du mariage du prince William et de Kate Middleton, le 29 avril 2011, le prince Charles avait prêté à son fils l'Aston Martin Volante, reçue en cadeau en 1970 à ses 21 ans.
Cette DB5, à l'origine de couleur verte avec l'intérieur beige, a été restaurée en argent et en noir à l'intérieur pour les besoins des tournages. Avec les autres modèles ayant figuré dans d'autres films de James Bond, Aston Martin a été souvent associé à l'agent 007.
Une autre Aston Martin célèbre est le coupé DB2/4 conduit par Tippi Hedren, dans le film Les oiseaux d'Alfred Hitchcock.
En 2011, la photo de l'Aston Martin du prince Charles, conduite par le prince William lors de son mariage avec Kate Middleton, a fait le tour du monde. Le prince de Galles avait prêté à son fils pour le défilé nuptial sa DB6 Vantage Volante 1970, qu'il avait reçue en cadeau le jour de ses 21 ans.

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Des «raretés» faites à la main

Depuis 2003, les Aston Martin sont construites à l'usine de Gaydon, ouverte alors que Ford détenait encore la compagnie. En raison de l'espace restreint à Newport Pagnell, Aston Martin a construit cette nouvelle usine d'assemblage, au début des années 2000 sur le terrain d'un ancien aérodrome militaire de ce village du centre de l'Angleterre.
Les voitures produites à Gaydon sont assemblées à la main. Très peu de robots sont sollicités, à part pour la peinture ou des tâches plus salissantes, comme l'application de scellant pour coller certaines parties.
D'une propreté exemplaire, l'usine d'assemblage produit 15 unités par jour. Ce qui représente entre 4000 et 5000 voitures par année, «selon le contexte économique et la capacité de l'usine», explique John Muirhead, directeur des communications. «S'il fallait que nous produisions plus de 10 000 unités par année, de nouveaux investissements seraient alors nécessaires.»
Rappelons qu'en 2007, Ford s'est défait d'Aston Martin qui a été revendu à un fonds d'investissement, chapeauté par la firme Prodrive de l'ex-pilote de rallye David Richards, ayant des intérêts italiens et koweïtiens.
Bien qu'il conçoive ses propres bolides, Aston Martin fait fabriquer les carrosseries en aluminium pressé et achète ses composantes des sous-traitants, nombreux et regroupés dans le centre de l'Angleterre, à Birmingham, à Coventry, etc. Cette région est le centre de l'industrie automobile britannique.

Pour chaque Aston Martin, la peinture est poncée et vérifiée à la main entre chaque couche - apprêt, couleur, laque. Un total de 50 heures par automobile est alloué à la peinture qui compte neuf couches. Certaines peintures peuvent coûter jusqu'à 1000 livres (1850 $) le litre.

On compte environ trois mois pour construire une Aston Martin. Il faut compter un mois supplémentaire pour l'envoi au Canada. Le modèle Aston Martin le moins coûteux se situe juste sous la barre des 200 000 $.