Hydro-Québec mise sur le NECEC, dont la mise en service est prévue en 2022, pour acheminer 9,45 térawattheures d’hydroélectricité par année pendant 20 ans dans le cadre de son lucratif contrat d’approvisionnement décroché auprès du Massachusetts.

Audiences plus longues que prévu pour le partenaire d’Hydro au Maine

Hydro-Québec et son partenaire américain, qui ambitionnent de construire une ligne de transport afin d’acheminer de l’hydroélectricité en Nouvelle-Angleterre, devront s’armer de patience puisque d’importantes audiences, qui viennent d’être reportées au Maine, vont s’étirer jusqu’à l’an prochain.

À la demande d’intervenants, dont certains opposants au projet, la Central Maine Power (CMP) a récemment déposé des dizaines de milliers de pages de documents supplémentaires auprès de la commission des services aux collectivités du Maine, qui se penche davantage sur les aspects économiques du projet.

L’institution a donc repoussé jusqu’à la fin du mois la reprise du processus visant à déterminer si elle donnera ou non le feu vert au New England Clean Energy Connect (NECEC) proposé par la société d’État et son partenaire.

La décision ne sera pas prise avant mars 2019.

«Nous ne croyons pas que cela aura un impact sur l’échéancier du projet et nous pensons avoir suffisamment de temps devant nous pour un tel ajustement», a commenté Catharine Hartnett, une porte-parole d’Avangrid, société mère de CMP, au cours d’un entretien téléphonique.

Le son de cloche a été similaire chez Hydro-Québec, où la porte-parole Lynn St-Laurent a expliqué que parallèlement, le NECEC pouvait obtenir d’autres approbations auprès des autorités fédérales et autres agences environnementales.

Hydro-Québec mise sur le NECEC, dont la mise en service est prévue en 2022, pour acheminer 9,45 térawattheures d’hydroélectricité par année pendant 20 ans dans le cadre de son lucratif contrat d’approvisionnement décroché auprès du Massachusetts.

Le coût de la ligne de transport est évalué à environ 950 millions $ US aux États-Unis. Le tracé de 233 kilomètres en sol américain doit passer par le Maine.

Au Québec, rien n’a encore été déterminé. 

Hydro-Québec devra réaliser des études de répercussions, techniques et environnementales, en plus de se pencher sur un tracé en sol québécois afin de construire une ligne de transport jusqu’à la frontière avec le Maine.

En plus d’un retard avec la commission des services aux collectivités du Maine, CMP vient aussi de recevoir une lettre du département de la protection de l’environnement de l’État qui demande plus d’informations à l’entreprise américaine.

L’organisme estime que le dossier en vue d’obtenir une approbation est incomplet. Le partenaire d’Hydro-Québec a jusqu’au 19 novembre pour déposer les pièces exigées.

«Le département ne peut aller de l’avant avec la tenue d’audiences jusqu’à ce qu’il ait reçu et analysé les documents demandés», écrit le responsable de la conformité du département, James Beyer, dans sa missive.

Le conseil des ressources naturelles du Maine, qui se présente comme un défenseur des causes environnementales au Maine et s’oppose au NECEC, n’a pas manqué de rappeler que c’était la deuxième fois en peu de temps que CMP était interpellée à propos de son projet.

«La tentative de l’entreprise de faire passer rapidement ce projet imparfait auprès des autorités se retourne contre elle étant donné que les responsables découvrent qu’il manque des détails sur les impacts potentiels», a écrit l’avocate de l’organisme, Sue Ely, dans un communiqué.

Fondé en 1959, le conseil des ressources naturelles du Maine dit être appuyé par plus de 20 000 personnes dans cet État.