Audiences du CRTC: mettre les télécoms au pas

Une coalition d’organismes communautaires et d’associations d’aînés réclame un nouveau code de conduite, régi par le gouvernement fédéral, à l’intention des entreprises et de leurs agents qui vendent des services de télécommunication aux consommateurs.

La recommandation a été faite mardi lors de la deuxième journée des audiences publiques sur les nombreuses plaintes concernant des tactiques courantes utilisées par les grands fournisseurs pour vendre des services téléphoniques, par câble, internet et sans fil.

Le gouvernement fédéral a demandé en juin au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d’enquêter sur des allégations de pratiques de vente trompeuses et musclées, et d’en faire rapport au cabinet d’ici la fin du mois de février.

L’exemple australien

La coalition «Fair Communications Sales», formée notamment du Centre pour la défense de l’intérêt public, des Associations d’organisations communautaires pour la réforme maintenant (ACORN) et de la Fédération nationale des retraités, a déclaré aux commissaires mardi qu’elle souhaitait que le Canada suive un jour l’exemple australien en établissant un code de conduite national obligatoire pour la fourniture et la vente des services de télécommunication.

Mais en attendant, la coalition affirme qu’il serait peut-être plus pratique de commencer en confiant la surveillance de ces pratiques commerciales à la Commission des plaintes relatives aux services de télécom-télévision du Canada, un organisme du secteur privé qui collabore avec le CRTC.

À l’heure actuelle, cette commission, financée par l’industrie, se limite à régler les plaintes des clients au sujet du contenu des contrats de services de télévision et de transmission sans fil. Elle n’a pas pour mandat de se pencher sur la façon dont ces services ont été vendus aux consommateurs.

Un sondage mené par Ipsos, et versé au dossier de l’audience du CRTC, révèle qu’un répondant sur quatre déclare «avoir été confronté à des pratiques de vente agressives ou trompeuses au cours de la dernière année».

Les représentants des fournisseurs Vidéotron, Bell, Cogeco, Telus, Rogers, Shaw et SaskTel doivent témoigner jeudi et vendredi dans le cadre de cette audience du CRTC.