De gauche à droite, l’équipe de Caribook au grand complet à l’émission «Dans l’œil du dragon» : Gabriel Laflamme, Simon Frenette, Sébastien Cliche-Roy, Édouard Garceau-Bolduc, Anabelle Dubé, Mathieu Loiselle et Alexandre Verret.

Aucun dragon ne va freiner l’élan de Caribook!

Ce n’est certainement pas un refus des dragons qui va freiner l’élan de Caribook!

Les adeptes de l’émission Dans l’œil du dragon, de Radio-Canada, ont pu faire connaissance, la semaine dernière, avec les sept bâtisseurs de Caribook, une jeune pousse de Québec qui a mis au point une plateforme mobile de covoiturage interurbain à bas prix.

Ils cherchaient à obtenir un coup de pouce de 25 000 $ en contrepartie de 15 % de la propriété de leur compagnie.

Malheureusement pour eux, les cinq dragons ont choisi de passer leur tour.

Caribook a encore de croûtes à manger avant de devenir une cible de choix pour ces investisseurs chevronnés.

Cinq mille utilisateurs de la plateforme, c’est insuffisant à leurs yeux.

«Notre objectif, à court terme, est d’en avoir 30 000», ont insisté les jeunes entrepreneurs.

C’est encore trop peu, ont fait valoir les dragons, dont Ethan Song, l’un des cofondateurs du détaillant de vêtements en ligne québécois Frank & Oak.

Nos jeunes entrepreneurs ont alors quitté le plateau sous les encouragements sincères des investisseurs vedettes.

«Se retrouver devant les dragons, ç’a été la réalisation d’un rêve», confie au Soleil le vice-président chargé du développement des affaires de Caribook, Sébastien Cliche-Roy, en racontant que l’argumentaire de vente devant les investisseurs avait duré 45 minutes. «C’est bien plus long que ce que l’on voit à la télévision.»

Il avoue candidement que l’objectif de Caribook n’était pas nécessairement de garnir ses coffres avec les dollars des dragons.

«Nous savions que ça allait être très difficile de les convaincre. Nous cherchions surtout de la visibilité. Nous avions même lancé une campagne publicitaire sur les réseaux sociaux en lien avec notre présence à l’émission», signale Sébastien Cliche-Roy.

L’objectif semble avoir été atteint puisque les visites sur le site Web de Caribook (www.caribook.ca) ont été nombreuses après leur passage aux dragons. «Nous avons reçu beaucoup de courriels et de demandes.»

Maintenant, les entreprises 

N’empêche que la quête de billets verts devra se poursuivre pour les six gars et la fille derrière la jeune pousse qui ont investi 40 000 $ pour mettre Caribook en orbite, il y a deux ans, incluant les bourses remportées dans divers concours.

«Nous allons nous tourner vers des anges investisseurs. Nous allons aussi nous rendre au Startup Fest à Montréal pour essayer de faire tourner les têtes des financiers.»

Même si Caribook a réussi à recruter 5000 utilisateurs en l’espace de six mois à peine — un objectif atteint deux fois plus vite que prévu —, ses artisans peinent à générer suffisamment de revenus pour leur permettre de gagner leur vie.

«Pour en arriver à joindre les deux bouts, nous avons tous un petit boulot à temps partiel. Nous consacrons environ 30 heures chacun par semaine à Caribook et 25 heures à notre emploi à temps partiel. À travers ça, nous essayons d’avoir une vie sociale», expose Sébastien Cliche-Roy.

L’aventure de Caribook a été lancée à l’Université Laval par des étudiants en administration et en génie. Aujourd’hui, ils ont terminé, pour la plupart, leur parcours académique.

Ils ont travaillé comme des forcenés pendant une bonne année pour concevoir eux-mêmes leur plateforme mobile de covoiturage qui permet de coordonner les déplacements avec d’autres covoitureurs et de prendre en charge les paiements. «Confier les travaux à une boîte spécialisée nous aurait coûté au moins 400 000 $. Évidemment, nous n’avions pas les ressources financières nécessaires», explique Sébastien Roy-Cliche.

Au départ, Caribook a cherché à percer le marché des étudiants qui se déplacent aux quatre coins de la province. L’utilisation de l’application de covoiturage interurbain à partir d’un téléphone multifonction leur permettait, par exemple, de faire un voyage entre Québec et Montréal pour environ 15 $. L’application permet de coordonner ses déplacements avec d’autres covoitureurs et se charge des paiements.

«Nous prenons une cote de 15 % sur chacun des transports et elle est appliquée au coût du passager», explique le vice-président au développement des affaires. «Par exemple, sur un trajet entre Québec et Montréal, le conducteur chargera 15 $. Le passager paiera 17,25 $. Un montant de 2,25 $ revient à Caribook.»

La compagnie a récemment décidé de s’attaquer à un autre marché, celui des entreprises et des villes.

«En misant seulement sur monsieur et madame Tout-le-monde, nous ne nous assurons pas de maximiser nos revenus à moins d’avoir un grand bassin d’utilisateurs», indique Sébastien Roy-Cliche.

«Nous proposons aux organisations d’intégrer notre produit à la gamme de services qu’elles offrent à leurs employés, notamment pour favoriser le covoiturage. Les entreprises constatent de plus en plus les limites du transport collectif et les désavantages de l’auto solo.»