Jonathan Leclercq est président d’Auclair Martineau, qui fabrique chaque année près de 150 000 paires de chaussures vendues par 250 distributeurs en Amérique du Nord.

Auclair Martineau: l'innovation comme marque de commerce

Cherchant à faire face à une compétition grandissante dans les marchés qu’il exploite, le fabricant de chaussures Auclair Martineau a investi, en septembre dernier, dans une machine à technologie de découpage numérique donnant plus de flexibilité à l’entreprise.

Alors que tout l’inventaire était auparavant découpé à la main ou à l’emporte-pièce, cette nouvelle installation permettra à l’entreprise d’être plus rapide dans l’introduction de nouveaux produits dans les marchés actuels et dans de nouveaux marchés, explique le président, Jonathan Leclercq.

Celui-ci ajoute que «ça a beaucoup progressé au cours des dernières années avec une part d’intelligence artificielle là-dedans pour le placement et l’optimisation de la découpe pour avoir moins de retailles de cuir. Et puis c’est là que ça devenait encore plus intéressant.»

Investissement et création d’emplois

Cet investissement de plus d’un demi-million de dollars se traduira également par la création d’une dizaine d’emplois dans la prochaine année à son usine de Québec. M. Leclercq assure que la machine ne remplace personne et que «ça prend des humains avec un bon niveau de connaissances et des capacités quand même assez élevées» pour l’opérer.

La compétitivité des marchés dans lesquels Auclair Martineau est présent a motivé la décision de procéder à l’acquisition d’un tel dispositif. «Nous, notre marque de commerce, c’est l’innovation, c’est le changement, c’est le design et on était limité avec les moyens qu’on employait pour introduire de nouveaux styles sur le marché. Avec ça, ça nous permet de continuer de se fier sur notre marque de commerce […] et la différenciation par rapport aux produits qui sont faits par nos compétiteurs un peu partout, dont ceux en Asie qui font du mass market, alors que nous, on est plus dans le marché de niche. Cette machine nous permet de nous positionner encore mieux sur ce marché-là et d’aller chercher de nouveaux clients et de nouveaux marchés», poursuit le président.

Auclair Martineau fabrique chaque année près de 150 000 paires de chaussures vendues par 250 distributeurs en Amérique du Nord.

Foire commerciale

D’ailleurs, pour solidifier les acquis de l’entreprise et en ajouter d’autres, Jonathan Leclercq s’envolera au cours des prochains jours pour Las Vegas pour participer à MAGIC 2019, décrit comme la plus grande foire commerciale de mode en Amérique du Nord. L’événement rassemble 4000 exposants de partout dans le monde et attire 58 000 visiteurs.

Pour les fabricants, c’est l’occasion d’exposer leurs produits et d’attirer de nouveaux clients. Justement, M. Leclercq se rend dans la ville du jeu avec pour objectif d’atteindre la prévision de croissance de 30 % pour l’année en cours. «En revenant de là, on devrait avoir accompli une bonne partie de ça», croit-il.

Et comme le dit le proverbe, l’union fait la force. Auclair Martineau sera accompagné d’un regroupement de plus de 50 sociétés québécoises du secteur de la mode. «À la quantité où on est rendu, on est mieux de travailler ensemble qu’un contre l’autre», note-t-il. «Le fait d’avoir des actions concertées — parce qu’on s’entend qu’on n’est pas tout seuls à Las Vegas, il y a des centaines d’exposants —, ça nous permet d’avoir une meilleure visibilité et de créer un spin autour du brand Québec.»

Selon Jonathan Leclercq, le Canada, et plus particulièrement le Québec, jouit d’un «préjugé favorable» à travers le monde en ce qui concerne ses produits hivernaux, notamment les bottes d’hiver.