Joseph Pilote a perdu 28 moutons depuis la fin du mois de juin.

Attaques de coyotes: et tombent les moutons

Joseph Pilote est producteur d'agneaux dans Charlevoix. Depuis le début de l'été, c'est l'hécatombe dans son troupeau. La cause : des coyotes. Plutôt tranquilles au cours des dernières années, ils ont égorgé 15 brebis, 12 agneaux et un mâle reproducteur. «Je ne suis pas chasseur de coyotes, ni trappeur, mais j'aimerais bien ça en ce moment», dit l'éleveur sur un ton découragé.
Broutant dans la vallée de la rivière du Gouffre, à Baie-Saint-Paul, le troupeau de M. Pilote n'est pas le seul à être victime de l'attaque dévastatrice d'une meute de coyotes. Son voisin a perdu une douzaine de têtes et sept dindes. D'autres producteurs du coin ont perdu quelques agneaux. «On les fait coucher dans les bergeries, on les rapproche des bâtiments. J'ai même acheté trois mulets pour défendre le troupeau et engagé un trappeur pour traquer les coyotes», explique M. Pilote.
 
Les agents de la faune sont impuissants. Pour seule aide, ils conseillent de faire appel à des trappeurs, aux frais du producteur. Juste pour le massacre de l'été, ce sont des pertes de plus de 6000 $, «et je ne compte pas les brebis qui étaient enceintes», ajoute M. Pilote.
Moins de coyotes trappés
La population des coyotes n'est pas en danger au Québec. Une des explications de sa présence plus marquée cet été se trouve dans les statistiques. Selon les données publiées par la Société de la faune et des parcs du Québec, les trappeurs, ralentis par la quantité de neige en 2007-2008, ont attrapé 3302 coyotes, soit la moitié moins des 6855 de 2006-2007. Dans la région de Québec, seulement 88 coyotes ont été piégés alors qu'ils en avaient capturé 197 l'année précédente.
«La bête est fine. Sa présence est inquiétante. Mon voisin en a vu trois à 50 pieds de chez lui en plein jour. Quand ils auront terminé avec les moutons, ils vont faire quoi?», réfléchit à voix haute M. Pilote, qui aurait apprécié un coup de main du ministère de la Faune pour financer le trappage. Sa capture durant l'été est impopulaire puisque la peau ne vaut à peu près rien. «Notre objectif cet hiver est de trapper la montagne au complet», conclut M. Pilote, qui espère que le carnage achève.
Cas isolé?
Éloïse Bastien est biologiste au ministère. Elle admet que le cas est particulier. «La population du coyote n'est pas en danger, mais habituellement, on le retrouve plus au sud, vers les zones agroforestières, sur notre territoire, on n'a pas rapporté de cas problématiques», dit-elle.
Mais c'était avant la séquence constatée chez M. Pilote. Est-ce dangereux pour les gens? «Ça demeure un animal sauvage et il faut être prudent même si le coyote n'a pas tendance à s'approcher des humains», répond Mme Bastien.
Plus élancé et plus petit que le loup, cousin du coyote, le mâle peut atteindre 23 kilos et mesure de 1,2 à 1,5 m. Rapide (il peut atteindre 64 km/h), résistant et rusé, le coyote offre le meilleur défi qu'un chasseur puisse souhaiter. On ne lui reconnaît que deux faiblesses : il dort profondément et il regarde en arrière lorsqu'il s'enfuit.
Les coyotes ont un comportement social souple et nocturne. Ils adaptent leurs méthodes de chasse à la taille de leur proie ainsi qu'aux sources de nourriture disponibles. Ils chassent souvent seuls de petits animaux, mais ils se regroupent pour s'attaquer à des proies de grande taille. Sa présence au Québec a été rapportée pour la première fois en 1944.