Ashton Leblond a ouvert son premier restaurant (une roulotte à patates) en 1969 sur le boulevard Wilfrid-Hamel, à L'Ancienne-Lorette. Aujourd'hui, la chaîne Chez Ashton en compte 25 et emploie environ 700 travailleurs.

Ashton veut céder les rênes à ses employés

«C'est une entreprise d'ici et ça doit rester entre les mains de gens de la région!»
L'heure de la retraite approche à grands pas pour Ashton Leblond, fondateur des restaurants Chez Ashton. Joint en Floride, le grand patron ne le cache pas : encore deux ans de boulot pour franchir le cap des 50 ans à la tête de la célèbre bannière québécoise et après, direction la retraite. 
Le premier restaurant - une roulotte à patates - avait ouvert en 1969 sur le boulevard Wilfrid-Hamel, dans L'Ancienne-Lorette. Aujourd'hui, la chaîne en compte 25 et emploie environ 700 travailleurs.
Bien qu'il soit toujours passionné par le monde des affaires, M. Leblond est conscient qu'il va devoir éventuellement céder les rênes de sa compagnie. Et pas question de vendre ce fleuron à des investisseurs étrangers, assure-t-il. Ce sont vraisemblablement les employés qui seront récompensés, et ce, même si des groupes comme Normandin et MTY, pour ne nommez qu'eux, ont déjà cogné à la porte pour en faire l'acquisition. 
«L'hiver dernier, il y a eu plusieurs rumeurs laissant croire que mon entreprise était à vendre. Cela m'a amené à réfléchir sur l'avenir et prendre une décision», raconte au Soleil l'homme d'affaires de 68 ans. Ce dernier a d'ailleurs fait ses premiers pas dans le domaine à l'âge de 21 ans. 
«Maintenant, je sais que je veux vendre la compagnie à des membres de ma direction qui ne sont pas encore nommés. Des investisseurs privés et des institutions financières vont probablement les aider dans leurs démarches», poursuit-il, ajoutant avec humour que «s'il était éternel, c'est certain qu'il conserverait ses restaurants. Mais comme tout le monde, je vais partir un jour!»
Bien qu'aucune démarche en ce sens ne soit encore entreprise, M. Leblond semble déjà avoir un plan bien détaillé en tête pour la suite des choses. 
«Je vais vendre mes opérations à mes employés et conserver les immeubles. L'une de mes filles travaille dans le domaine à Mont­réal. Elle va pouvoir les garder et assurer la gestion», explique-t-il. «Le fait de vendre à des gens qui connaissent déjà bien l'entreprise permet de conserver son âme et son identité. Ce qui va permettre à Chez Ashton de poursuivre sa progression», ajoute celui qui est originaire de l'Estrie. 
Par le passé, rappelons que ses deux filles lui avaient déjà confié ne pas souhaiter reprendre le flambeau. Actuellement, une vingtaine de succursales appartiennent au groupe Chez Ashton et les autres à des franchisés.
Le Vieux-Port
Comme plusieurs autres restaurants de la région, M. Leblond concède que certains Chez Ashton ont connu une diminution de leur chiffre d'affaires au cours des dernières années. C'est notamment le cas de la succursale près du Vieux-Port. 
«Depuis 2012, les ventes ont diminué dans cette succursale. Avec les quantités de taxes qu'on paye, c'est dur la restauration», confie l'homme d'affaires, qui déplore notamment la fermeture de L'Aviatic Club dans la gare du Palais. Un endroit qu'il fréquentait depuis 28 ans.
Selon le propriétaire de la chaîne, les activités «permanentes» dans le Vieux-Port se font de plus en plus rares, ce qui se reflète dans le portefeuille des restaurateurs du secteur. Il souligne toutefois être de ceux qui étaient favorables au déménagement du marché près de l'amphithéâtre.
«Ce n'était pas sa place. Ce dont nous avons besoin dans le secteur, ce sont plus d'activités. Les touristes ne pouvaient pas acheter un sac de patates et le ramener chez eux», affirme celui qui habite justement près du marché. «Il faudrait avoir une offre plus axée sur une consommation sur place. Un peu comme à Barcelone, l'avenue La Rambla. Il y a des petits bars à champagne, à vin, des charcuteries et des tapas. On peut déguster sur place des produits du terroir. C'est ce dont nous aurions besoin pour attirer les gens dans le Vieux-Port. Cela amènerait de l'ambiance. Si rien n'est fait, c'est sûr que le secteur va mourir», conclut-il, notant être prêt à investir dans des projets.