Le monde du tourisme, ce n'est pas un univers inconnu pour André Roy, le nouveau directeur de l'Office du tourisme de Québec, puisqu'il a oeuvré dans le monde de l'hôtellerie et pour la SEPAQ et a même été président du Carnaval de Québec en 2010.

André Roy à l'Office du tourisme: Québec invite le monde

Québec, capitale de la neige, Québec, capitale branchée sur le fleuve, notamment avec les croisières, mais surtout Québec comme destination touristique internationale, c'est ce que prône le nouveau directeur de l'Office du tourisme de Québec (OTQ), André Roy, en poste depuis le début de novembre.
«Nous ne sommes pas en compétition avec Charlevoix, Trois-Rivières ou Montréal, affirme-t-il en entrevue. Nous sommes en compétition avec Dubaï, Sydney et d'autres destinations à travers le monde.»
Selon lui, ce n'est pas simplement un événement, une attraction touristique ou un hôtel qu'il faut vendre, mais Québec comme destination. Après, les différents organisateurs et promoteurs d'événements vanteront leurs attraits. Par contre, vendre une destination demande un changement de culture et suppose que les interventions se font de manière concertée pour être plus efficaces et non des initiatives prises chacun de son côté.
André Roy se situe en plein dans la ligne de pensée de la nouvelle force de vente unifiée annoncée la semaine dernière dans le secteur du tourisme d'affaires : parler d'une même voix pour vendre Québec comme destination pour les congrès et les rencontres d'affaires.
Or, si le tourisme d'affaires se porte relativement bien, le tourisme d'agrément ou de villégiature traîne de la patte. Ce secteur de l'activité touristique stagne, notamment pour le tourisme provenant des États-Unis, qui a subi une baisse draconienne en 2003 et en 2004. Il y a bien une petite remontée, mais la perte n'a pas été comblée en termes d'affluence des voisins du sud vers la ville la plus européenne de l'Amérique du Nord.
«Nous devons être créatifs et innovateurs dans nos interventions, continue-t-il. Les dollars pour le marketing sont plus rares et chaque dollar investi dans la promotion de Québec comme destination doit être mis au bon endroit, au bon moment. Il faut miser sur l'intelligence d'affaires et le monde de l'électronique. C'est plus qu'un site Web ou une page Facebook. Il faut pouvoir offrir au touriste qui veut faire du ski les options qui l'intéressent et non lui vendre une séance de magasinage dans le Vieux-Québec ou dans le Vieux-Port.»
Les efforts seront concentrés pour attirer des touristes provenant des autres provinces canadiennes, des États-Unis et de l'Europe francophone. Actuellement, 50 % du tourisme à Québec provient du Québec et les gens vont habiter chez des amis ou dans la parenté.
Ce qui fait vendre Québec, raconte André Roy, c'est d'abord le Vieux-Québec, à cause de son charme à l'européenne avec son icône la plus connue, le Château Frontenac. Il ne faut pas oublier les grands événements comme le Festival d'été, le Carnaval, le Red Bull Crashed Ice, le Big Air, les courses de vélo dans la ville et au Mont-Sainte-Anne; sans compter les attraits de la nature et des parcs comme celui de la Jacques-Cartier, de la Chute-Montmorency et les attraits que sont l'Aquarium, les musées, etc.
Quelques faits
> L'Office du tourisme
Une soixantaine d'employés qui nichent rue Saint-Joseph dans Saint-Roch. 900 membres répartis sur le territoire qui couvre la ville de Québec et les MRC de Portneuf, de L'Île-d'Orléans et de la Côte-de-Beaupré. En 2012, le budget total était de 22 millions $ et son budget de mise en marché était de 123,8 millions $.
> Des ambassadeurs
Bonhomme Carnaval, c'est le personnage le plus connu de Québec ailleurs au Canada. D'ailleurs, des rencontres ciblées pour des études de marketing avec des groupes en Ontario et à Toronto montrent qu'il est un bon ambassadeur de Québec et de l'hiver. Le maire Régis Labeaume aussi est un bon ambassadeur pour sa ville. Pas besoin de le convaincre de l'importance de l'industrie touristique, dira André Roy, il est déjà convaincu.
> Gérer la croissance
Les 27 et 28 février, il y aura un forum à Québec autour des croisières, de plus en plus populaires. On devrait y parler de la gestion de la croissance et de la possibilité d'un deuxième terminal de croisières.
> Des statistiques
Il vient environ 4,5 millions de touristes par année, selon les statistiques de l'OTQ (2010), dont un million de l'extérieur du Canada, en provenance de 75 pays. Les dépenses sont dans les environs de 1,34 milliard $. Le tourisme, c'est 23 600 emplois à temps plein. On compte 550 établissements hôteliers sur le territoire de l'OTQ pour plus de 16 000 chambres. Québec est la quatrième destination au Canada après Toronto, Montréal et Vancouver.
> Hôtel le Concorde
La perte d'un hôtel comme le Concorde, c'est un coup dur pour toute la région, affirme André Roy, directeur de l'Office du tourisme de Québec. «C'est dommage pour les employés, pour les clients et le monde des affaires, ajoute-t-il. Idéalement, il faudrait un autre hôtel, mais ce sera aux autorités municipales de prendre la décision quant au changement de zonage.» Toutefois, il trouve que la direction de la chaîne Loews a traité de manière très cavalière ses employés et les gens de la région de Québec.