Aux yeux d'Andréeanne Marquis, la fondatrice de Womance, une boutique en ligne de vêtements pour femmes, le concept de boutiques éphémères permet de «tâter le pouls» d'un nouveau marché, tout en réduisant les risques et les coûts.

Amener le Web... au centre commercial

Face aux nouvelles réalités du commerce de détail, notamment avec l'accession des boutiques en ligne, le Fonds de placement immobilier (FPI) Cominar sort des sentiers des battus. La société met de l'avant un concept de boutiques éphémères afin de soutenir les jeunes pousses québécoises, a appris Le Soleil. Cette stratégie d'affaires permettra à la boutique Womance.ca d'effectuer une tournée des propriétés commerciales du groupe au cours des prochains mois.
Au total, la boutique de vêtements pour femmes Womance, dont la majorité du chiffre d'affaires provient actuellement de ventes en ligne, fera escale durant une courte période, moins d'un mois, dans neuf centres commerciaux de Cominar. La croisade débutera à Québec, soit à Place de la Cité au mois de juin et se poursuivra entre autres au Carrefour Rimouski, au complexe Alexis Nihon, à Montréal, aux Galeries de Hull ainsi qu'à Place Bathurst Mall, au Nouveau-Brunswick. 
«Nous avons travaillé avec Womance sur un concept pour offrir la possibilité d'amener le web dans un lieu physique. C'est un concept que nous voulons continuer à développer», indique Caroline Lacroix, vice-présidente, communications et marketing, chez Cominar (TSX:CUF.UN). «C'est assurément une initiative que nous pourrions étendre au niveau du pays», poursuit-elle.
La porte-parole de la société ne le cache pas, le marché du commerce de détail est appelé à se renouveler et traverse actuellement une période plus sombre. D'ailleurs, au cours des derniers mois, plusieurs joueurs ont fermé leurs portes, entre autres la bannière BCBG Max Azria ainsi que la chaîne HMV. Et d'autres compagnies ont été contraintes de revoir leur stratégie d'affaires, comme Sears qui mise sur l'alimentation pour retrouver la santé financière. 
«Le commerce de détail est en transformation. On doit se réinventer et créer de la nouveauté. La nouvelle génération de clients a un nouveau modèle de consommation. On ne peut pas rester insensible. Et le concept éphémère fait partie des solutions. Il faut être créatif», estime Mme Lacroix. «C'est important pour nous de servir de tremplin et d'incubateur afin de permettre aux jeunes entreprises de fleurir», ajoute celle qui est d'ailleurs présentement au pays de Donald Trump, plus précisément à Las Vegas, pour un congrès sur le commerce de détail.
Une opportunité
Pour la fondatrice de Womance, Andréanne Marquis, le fait de signer un contrat pour une courte période minimalise les coûts et les risques et permet également de «tâter le pouls» de différents marchés. Il s'agit «du meilleur des mondes» pour une jeune entreprise - née en juillet 2015 - avec des moyens financiers limités qui tente de percer dans un domaine d'affaires où la compétition est déjà très féroce.
«C'est un concept qu'on voit beaucoup du côté des États-Unis [pop-up shop], mais moins ici. C'est vraiment à la mode», note la femme d'affaires, qui a loué au cours des derniers mois durant quelques jours des locaux dans différents centres commerciaux de la province afin de valider sa stratégie d'affaires ainsi que prendre contact avec sa clientèle. «On arrive le vendredi, on installe nos équipements et on ouvre le samedi et dimanche», explique-t-elle, avouant qu'il n'est pas trop difficile de trouver des locaux vacants aujourd'hui.
Après avoir fait quelques devoirs, lorsqu'elle a discuté de son projet avec Cominar, le concept a tout de suite charmé la direction. Elle prévoit embaucher environ cinq personnes dans chaque municipalité où Womance débarquera.
«Cela ne m'intéressait pas de signer un bail pour cinq à dix ans dans un centre commercial. Je pense que la survie des gens en entreprise passe par le fait de limiter les coûts fixes. À la blague, on dit souvent : "On ne sait même pas où nous allons être dans deux semaines"», affirme l'ancienne candidate d'Occupation Double, native de L'Isle-Verte, dans le Bas-Saint-Laurent. «L'avantage de notre concept, c'est qu'au lieu de louer pour cinq ans, nous louons pour une semaine ou un peu plus. C'est vraiment une tendance aux États-Unis, surtout qu'il est difficile aujourd'hui d'obtenir le soutien des institutions financières dans notre secteur d'affaires», conclut-elle.
Depuis quelques mois, FPI Cominar a procédé au lancement de différents concepts novateurs d'incubateurs d'entreprise. Que ce soit en proposant à Centropolis l'Espace Éphémère de plus de 2500 pieds carrés pouvant accueillir des boutiques, des événements ponctuels ou des installations temporaires ou encore en créant à Dixie Mall le Living Room, proposant un espace multiusage. Un autre concept de boutique éphémère a également vu le jour au centre Rockland.