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L'entreprise LOOP fabrique un gin à partir des retailles de croustilles de sa division Yum Yum de l'entreprise Krispy Kernels.
L'entreprise LOOP fabrique un gin à partir des retailles de croustilles de sa division Yum Yum de l'entreprise Krispy Kernels.

Alimentation: lancement d’un programme de valorisation des résidus de transformation alimentaire

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
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Offrir aux transformateurs alimentaires des régions de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches la possibilité de générer des revenus additionnels par la valorisation de leurs résidus alimentaires dont l’élimination représente généralement des coûts. C’est la mission que s’est donnée de Créneau d’excellence Aliments santé via un nouveau projet collaboratif lancé il y a quelques jours.

«Nous souhaitons cibler les résidus qui présentent les meilleurs atouts, tant sur le plan nutritionnel que commercial et les utiliser pour développer de nouveaux produits alimentaires innovants et santé», a expliqué Mme Julie Daigle, directrice générale du Créneau d’excellence Aliments Santé.

Questionnée sur la nature des résidus de transformation qui pourraient être utilisés, Mme Daigle a indiqué qu’il s’agissait de tous coproduits des aliments entrant dans la fabrication des produits alimentaires pour lesquels une entreprise n’avait pas trouvé d’utilisation pour en faire une valeur ajoutée. Elle a indiqué que ces coproduits pouvaient souvent être recyclés par d’autres entreprises en alimentation. Ainsi, Krispy Kernels a conclu un partenariat avec l’entreprise LOOP pour la création d’un gin à partir des retailles de croustilles de sa division Yum Yum. De son côté, DianaFood utilise les résidus de transformation de certains produits comme les canneberges et les bleuets pour en extraire les polyphénols (bleuets) et les proanthocyanidines (canneberges). Et les Jus Loop sont faits à partir de fruits et des légumes qui auraient été jetés parce qu’ils n’auraient pas survécu au cycle de distribution.

«C’est sûr qu’avec la crise et tous les problèmes d’approvisionnement que les entreprises vivent, plusieurs utilisent des matières premières qui viennent de l’extérieur du pays, les marges de profit s’en trouvent diminuées. Il faut donc trouver des idées et des façons de faire pour aller chercher le plus possible une rentabilité dans les opérations.»

Mme Daigle a indiqué que pour le Créneau d’excellence Aliments santé, la valorisation des résidus de transformation alimentaire semblait la plus appropriée pour faire plus avec ce que les entreprises avaient en trop. Et au lieu de puiser leurs profits pour enfouir ou incinérer leurs résidus, pourquoi ne pas en évaluer la valeur en déterminant ce qu’on y retrouve et les volumes produits, mais aussi les enjeux alimentaires et technico-économiques, les marchés et la rentabilité de les vendre, etc..

«On veut faire une cartographie de ce que l’on retrouve dans l’usine et qui n’est pas utilisé actuellement et avec lequel on pourrait faire de nouveaux produits alimentaires qui ne seront pas uniquement destinés à la nourriture pour le bétail. Ce que l’on veut, c’est créer de nouveaux produits pour l’alimentation humaine, donc à valeur ajoutée, qui sont sains et santé pour répondre à la demande du marché actuel.

«On va donc pouvoir trouver dans la cartographie de ces résidus des additifs alimentaires, des neutraceutiques, des nouveaux ingrédients, etc. Et cibler le potentiel de marché de ces coproduits pour les entreprises qui vont participer au projet. Mais ce n’est pas parce que nous identifierons des coproduits qu’il y a un potentiel commercial. Le projet a comme objectif de créer une économie circulaire et collaborative tout en assurant aux entreprises de transformation alimentaire que l’initiative sera pour elles rentable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous visons des entreprises de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches. C’est parce qu’il y a une proximité géographique. On souhaite que les entreprises ne soient pas très loin les unes des autres afin que ça coûte le moins cher possible au niveau de transport.»

Une deuxième phase

Lancée le 26 mai dernier par le début de la période d’inscriptions des entreprises, la première Phase du projet sera suivie par une seconde. Créneau d’excellence Aliments santé tentera de voir comment la matière résiduelle de transformation d’une première entreprise pourrait être utilisée par une seconde. L’organisme travaillera donc à mettre en contact les fournisseurs de matières résiduelles avec d’éventuels utilisateurs qui pourraient développer de nouveaux produits d’alimentation. «Nous verrons à bien entourer les entreprises afin qu’elles travaillent et collaborent mieux ensemble.

Mme Julie Daigle, directrice générale du Créneau d'excellence Aliments santé, a indiqué que pour le Créneau d’excellence Aliments santé, la valorisation des résidus de transformation alimentaire semblait la plus appropriée pour faire plus avec ce que les entreprises avaient en trop.

«Notre objectif est d’arriver avec des success storys comme celui de Krispy Kernels (Yum Yum) et le gin LOOP. On veut encourager de telles collaborations. On trouve que c’est innovant de travailler de cette manière. C’est de la co-création entre entreprises et grâce à l’utilisation d’une matière qui est sous-valorisée et au potentiel qu’elle a réellement.»

Mme Daigle a mentionné que pour la première phase de son projet, Créneau d’excellence Aliments santé aimerait regrouper une vingtaine d’entreprises. Les inscriptions se poursuivront jusqu’au 31 août. Mme Daigle a ajouté que déjà, le projet suscitait un bel engouement. 

«Les marges de profits sont tellement faibles en transformation alimentaire que les entreprises se doivent de trouver de nouvelles façons de rentabiliser les opérations.»

C’est au lendemain de la fermeture des inscriptions que s’amorcera le travail de cartographie qui permettra aux entreprises d’avoir une analyse personnalisée de leurs résidus, un travail qui sera fait par l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF), l’Université Laval et l’entreprise Inbe. Celui-ci se terminera le 1er décembre.

«Dans la deuxième phase, qui s’amorcera à l’hiver 2022, se sont toutes les entreprises qui auront envie d’utiliser les matières qui auront été identifiées dans la première phase qui seront invitées à se joindre au projet.»