ALÉNA: un responsable canadien voit difficilement une façon de progresser

OTTAWA - Un haut responsable du ministère des Affaires étrangères affirme qu'il est difficile d'entrevoir une façon de progresser dans les discussions sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) en raison d'une série de propositions «problématiques» de l'administration Trump.

Martin Moen, directeur général de la division de l'Amérique du Nord et de l'investissement à Affaires mondiales Canada, a indiqué jeudi que ces récentes propositions incluent l'augmentation des composantes des États-Unis dans le secteur automobile, une clause crépusculaire de cinq ans et l'élimination du mécanisme de règlement des différends.

M. Moen a toutefois laissé entendre que la proposition «Buy American» des négociateurs des États-Unis - qui oblige le gouvernement à s'approvisionner dans des entreprises dont les matériaux proviennent de l'intérieur de ses frontières - pourrait être la plus difficile à avaler. Il a indiqué que le Canada était en désaccord «fondamental» avec une proposition selon laquelle tous les approvisionnements devraient être faits en dollars équivalents.

Étant donné la taille des deux économies, les entreprises canadiennes seraient en mesure de faire des offres sur une «série très restreinte» de marchés publics, a-t-il soutenu.

M. Moen a dit croire que cela s'«éloignerait complètement» de l'approche traditionnelle de l'ALÉNA sur les marchés publics et enlèverait essentiellement toute pertinence à ce chapitre de l'accord.

Il a tenu ces propos tranchés lors d'un symposium sur le commerce à Ottawa, commandité par le Centre de l'innovation de la gouvernance internationale, faisant en quelque sorte une mise à jour sur la quatrième ronde des discussions sur l'ALÉNA récemment conclue qui a révélé des divergences profondes entre les négociateurs américains et leurs homologues canadiens et mexicains.

M. Moen a hésité lorsqu'il a été questionné par un membre de l'assistance qui voulait savoir si le Canada était prêt à quitter la table de négociations.

Mais il a affirmé que si les discussions n'«arrivent pas à surmonter» ces propositions des États-Unis, il serait «très difficile de voir une façon de progresser».