Alcoa modernisera l'usine de Baie-Comeau et améliorera ses deux autres installations au Québec d'ici cinq ans.

Alcoa se lance dans la modernisation de ses usines

Après des mois d'attente, la multinationale Alcoa a finalement confirmé lundi qu'elle procédera à la modernisation de son usine de Baie-Comeau.
L'investissement annoncé de 2,1 milliards $ d'ici cinq ans au Québec concerne également les usines de Deschambault et de Bécancour.
«On peut maintenant mettre en branle la dernière étape d'ingénierie pour le projet de modernisation», a affirmé le directeur général de l'aluminerie de Baie-Comeau, Luke Tremblay. «La modernisation permettra de consolider la production à Baie-Comeau, avec une technologie plus récente, pour les 40 prochaines années.» La mise en service de la nouvelle série de cuves est prévue pour la fin 2015.
Dans l'investissement global de 2,1 milliards $, 1,2 milliard $ seront alloués à la modernisation de l'u­sine de Baie-Comeau. Une somme de 300 millions $ servira à améliorer la productivité des usines de Deschambault et de Bécancour, a­lors que le reste, soit 600 millions $, sera destiné à la mise à niveau des équipements actuels. Selon l'entreprise, le projet de modernisation de Baie-Comeau générera des retombées de 500 millions $ et créera quelques milliers d'emplois durant la pha­se de construction.
Une fois transformée et les vieilles cuves Söderberg fermées, l'aluminerie de Baie-Comeau diminuera de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre. Les nouvelles cuves utiliseront la technologie BC240, développée à Baie-Comeau. Quant à l'usine de Deschambault, les innovations technologiques mi­ses au point par Alcoa lui permettront d'augmenter d'ici 2016 son ampérage à 405 000 ampères, faisant en sorte d'accroître sa production de 25 000 tonnes par année.
Dans la nouvelle entente avec la multinationale, le gouvernement du Québec allouera aux trois usi­nes un bloc total de 325 mégawatts supplémentaires, soit 50 mégawatts de moins que l'entente con­clue en 2008. De plus, la production annuelle de l'usine de Baie-Comeau sera de 450 000 tonnes métriques après la modernisation, soit 100 000 de moins que prévu dans le projet original. Avant la fermeture des cuves Söderberg, l'usi­ne locale produisait 450 000 ton­nes métriques d'aluminium.
Selon M. Tremblay, il ne s'agit pas d'un recul. «Il y a eu plusieurs options étudiées au cours des derniers mois pour notre usine et la meilleure option est celle dévoilée aujourd'hui», a assuré le directeur général.
Nombre d'emplois
Concernant le nombre d'em­plois que comptera l'usine modernisée, Luke Tremblay a affirmé qu'il n'était pas encore arrêté, mais aucun des employés actuels de l'usine (présentement autour de 1250) ne perdra son emploi. «On compte sur l'attrition», a-t-il ajouté.
Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium de Baie-Comeau s'est réjoui de cette annonce. «On est très contents», a déclaré René Pineault, qui a signalé au passage que l'annonce de la phase trois de l'aluminerie Alouette de Sept-Îles la semaine dernière avait déstabilisé ses membres.
«Ça rassure notre monde et l'insécurité est finie. On a eu ce qu'on voulait avoir.»
L'entente entre Alcoa et Québec prévoit que la multinationale versera 50 millions $ au Fonds de développement économique du gouvernement. De plus, l'entreprise créera un fonds en développement durable de 25 millions $ pour les trois communautés québécoises où elle possède des usines.
Grâce aux sommes consenties par Alcoa Canada, de 25 à 30 ton­nes métriques d'aluminium additionnel pourront être produites à l'usine de Deschambault sur une base annuelle.
«Entre 125 et 150 mil­lions $ seront affectés à l'ensemble de l'usi­ne et serviront à revoir l'entrée électrique, grossir les anodes, revoir la chaîne et améliorer la technologie sur les cuves», a dit le directeur général de l'aluminerie, Martin Briè­re. «Deschambault deviendra ainsi la première usine à atteindre un tel niveau d'ampérage avec la technologie AP30.»
Si les mêmes installations sont destinées à produire un volume d'aluminium supplémentaire, aucune nouvelle embauche n'est cependant à prévoir à cette usine qui emploie 615 personnes.
«Vers la fin de 2012 ou le début de 2013, les travaux généreront des retombées au niveau de la construction dans la région, mais surtout, ils nous permettront, à terme, d'avoir une usine compétitive pour les 10 prochaines années», termine le directeur de l'aluminerie.
Avec la collaboration de Johanne Martin