L'entreprise dirigée par Éric Bergeron mise sur un outil de détection à distance permettant de repérer les fuites de pétrole dans les pipelines souterrains, et ce, à partir d'un système laser miniaturisé installé sous un hélicoptère.

Aide de 1,8 million $ d'Ottawa à FlyScan

Certains dollars de l'État sont plus difficiles à aller chercher que d'autres pour les entreprises. C'est le cas pour les deniers publics constituant le Fonds des technologies du développement durable du gouvernement fédéral.
«Ce fonds ne sert pas à financer un trip scientifique!» illustre le pdg de l'entreprise Les Systèmes FlyScan, Éric Bergeron. 
«Pour que le gouvernement vous avance des sous, il faut que votre technologie attire déjà des clients potentiels qui vont vous aider à faire la démonstration de sa pertinence.»
À Sherbrooke, vendredi, la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, annonçait, au nom de son collègue et ministre de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Bains, un investissement de 7,8 millions $ destiné à trois entreprises technologiques de la Belle Province.
Une de Montréal, Les Mines Magpie (3,9 millions $). Une de Sherbrooke, E2Metrix (2 millions $). Et une de Québec, Les Systèmes FlyScan (1,8 million $).
À partir d'une technologie mise au point à l'Institut national d'optique (INO), FlyScan veut commercialiser un outil de détection à distance permettant de repérer les fuites de pétrole dans les pipelines souterrains, et ce, à partir d'un système laser miniaturisé installé sous un hélicoptère. 
Parce que les pipelines sont enfouis sous terre, les systèmes actuellement utilisés par les opérateurs ne permettent pas de détecter rapidement les très petites fuites. 
La solution proposée par FlyScan est un appareil bourré d'instruments pesant plus de 500 livres et installé sous un hélicoptère qui détecte les vapeurs émises par ces fuites. 
Lorsqu'une fuite se produit sous terre, des composants chimiques volatils remontent lentement vers la surface et forment un minuscule nuage de gaz invisible à l'oeil nu. Monté sur une plateforme aéroportée, l'appareil utilisant des instruments spectroscopiques envoie des impulsions de lumière pour trouver ce petit nuage et identifier précisément l'emplacement de la fuite.
Consortium avec TransCanada et Phillips 66
«Cette aide de 1,8 million $ aura un effet de levier important pour FlyScan», confie Éric Bergeron au Soleil. «Elle va bien au-delà des traditionnels crédits d'impôt proposés par les gouvernements. Par exemple, certaines dépenses liées au perfectionnement de la technologie à l'INO et à la location du temps de vol pour tester notre appareil de détection sont remboursées.» 
Afin de démontrer aux fonctionnaires fédéraux que FlyScan n'est pas un «trip scientifique», Éric Bergeron - le même entrepreneur qui a mis au monde Optosecurity, une compagnie de Québec qui vient d'être vendue à une multinationale néerlandaise - a réuni quatre partenaires industriels au sein d'un consortium de recherche et développement.
Il y a, bien sûr, l'INO. 
Il y a aussi la société albertaine TransCanada et la Texane Phillips 66, une compagnie spécialisée dans la production de gaz naturel et dans la pétrochimie. Ces entreprises participeront au processus d'évaluation de la technologie en autorisant FlyScan à survoler leurs installations.   
Un partenaire allemand, Adlares, s'ajoute au quatuor.
«Ce dernier, présent sur le continent européen, se spécialise dans la détection des fuites de gaz naturel. Nous, notre spécialité, c'est le pétrole. Adlares cherchait depuis des années des solutions pour ce marché en Europe. De notre côté, nous profitons du savoir-faire d'un partenaire qui a développé une expertise de pointe depuis une bonne dizaine d'années. Pour une jeune pousse comme FlyScan, c'est une association gagnante», explique Éric Bergeron.
Le patron de Adlares croit tellement au potentiel de FlyScan qu'il a décidé d'investir des sous dans la compagnie de Québec qui a complété, au début de l'année, une ronde de financement d'environ 900 000 $ auprès d'anges investisseurs. 
Éric Bergeron prévoit reprendre le bâton du pèlerin d'ici la fin de l'année afin de garnir les coffres de FlyScan. 
Les premiers tests de la technologie québécoise seront réalisés au cours des premiers mois de 2018. Quant à sa commercialisation, Éric Bergeron prévoit ouvrir les vannes à compter de la deuxième moitié de 2018.