Jennifer Rodrigue partage son quotidien avec son conjoint, huit enfants, 600 moutons et maints animaux à la Ferme Bé-Ro.

Agricultrice: une vie mouvementée

Beauceronne 100 % pure laine, Jennifer Rodrigue est déterminée, innovatrice et passionnée, à l'image des gens entreprenants de sa région. Agricultrice de métier, la femme de 37 ans partage son quotidien avec son conjoint, huit enfants âgés de 3 à 18 ans, 600 moutons et maints animaux à la Ferme Bé-Ro à Saint-Gédéon-de-Beauce. Une vie mouvementée? Vous n'avez pas idée...
Sacrée «agricultrice de l'année en Beauce en 2010», Jennifer Rodrigue - et son mari, Stéphane Bédard - s'était lancée dans l'aventure agroalimentaire 15 ans auparavant.
«J'ai toujours aimé les animaux, alors pour moi c'était un incontournable... Stéphane, lui, avait vécu sur une ferme», raconte-t-elle.
Des 5408 producteurs de l'UPA de la Chaudière-Appalaches, près de 3000 vivent en Beauce. Rêver d'agriculture, de grand air et d'indépendance était naturel dans pareil contexte.
«Toutefois, s'empresse-t-elle de préciser, contrairement à d'autres, nous ne reprenions pas la ferme familiale. Nous sommes partis de zéro en achetant quatre moutons, deux vaches, deux chèvres. Au fur et à mesure, nous avons agrandi, déménagé, retransformé les bâtiments», indique Jennifer Rodrigue.
Aujourd'hui, dans le Rang 4 de Saint-Gédéon, la ferme familiale en production ovine a un cheptel de 300 brebis pour plus de 600 moutons.
«Dans trois semaines, nous ajoutons 500 pintades, sans oublier nos poules, nos productions de canards, lapins, porcs, veaux, boeufs et produits maraîchers. Nous offrons du haut de gamme. Les gens ne viennent pas chercher un prix, mais un produit. Nous visons l'excellence. Ici, la qualité est le résultat d'une recherche et de beaucoup d'attentions», note l'intrépide agricultrice.
Décrocher le prix du Jarret Meta Beauce au 26e Gala de l'entreprise beauceronne, en avril, a couronné l'ensemble des efforts investis au fil du temps par les membres de la Ferme Bé-Ro lors de leurs participations à des expositions, foires, journées portes ouvertes, visites pédagogiques organisées à la ferme : une multitude d'activités ingénieuses ayant contribué à l'essor de l'entreprise.
«En 2006, j'ai effectué un retour aux études pour obtenir une accréditation d'études collégiales en gestion d'entreprise agricole. Faire un examen et allaiter, j'ai connu ça. Accoucher le samedi, livrer les paniers de victuailles aux clients et aux restaurateurs le mercredi suivant aussi...» dit Jennifer, qui n'a jamais manqué d'idées, d'énergie, ni de calme pour conjuguer avec l'alternance famille, travail, études.
En ligne...
Ayant fait de l'ordinateur son allié, il n'est pas rare pour l'agricultrice, qui a ouvert une boutique à la ferme, mis en place une cuisine commerciale, qui fait le traiteur et du prêt-à-manger, de brasser la sauce de spaghetti à l'agneau tout en joignant une photo, un commentaire sur Internet ou sur la page Facebook de la Ferme Bé-Ro.
Depuis, les commandes en ligne proviennent d'un peu partout. Les livraisons s'effectuent en Beauce, à Québec et Montréal.
«Rien ne l'arrête», dit Stéphane, qui vient d'acquérir une érablière pour se distraire.
«Nous spécialisons notre offre», précise celle qui s'intéresse aux charcuteries après avoir effectué un échange Saint-Georges - Lisieux, en France.
Même si l'agricultrice est fière du parcours complété, même si en Chaudière-Appalaches l'industrie agroalimentaire compte environ 33 400 emplois directs et indirects, la mère de famille n'aspire pas à ce que les enfants reprennent obligatoirement le flambeau de la ferme familiale.
«Ce n'est pas toujours facile. La journée débute à 7h, se termine entre 19 et 22h. La pression est constante. Administrativement, il y a bien des papiers à remplir. Il y avait 17 ans que je n'avais pas eu de vacances quand j'ai fait l'échange Beauce-France l'an dernier. Là, je prendrais bien deux jours de congé d'affilée», dit-elle.
«Par contre, j'adore le contact avec les gens. C'est mon adrénaline, ma motivation... Nous aimons la visite et nous ne sommes pas compliqués, alors contactez-nous...» termine l'agricultrice.
L'hospitalité beauceronne
Je prends l'air. Tu relaxes. Elle s'amuse. Nous découvrons. Vous visitez. Ils nous accueillent à bras ouverts... en Beauce!
Située au coeur de la Chaudière-Appalaches, deuxième région en importance après la Montérégie au chapitre de l'agroalimentaire, la Beauce compte 19 % des fermes du Québec.
Son hospitalité est légendaire. Il y fait bon vivre tout en explorant le long du parcours, entre les ponts de Québec et les lignes américaines, des fermes, des attraits agrotouristiques fort sympathiques.
Entre autres, pourquoi ne pas s'arrêter à Saint-Bernard au Ranch Bo Soleil pour un jour, un camp d'été, voir les animaux de la ferme ou faire de l'équitation?
À Scott, La cache à Maxime dévoile les secrets de son vignoble et offre une panoplie de produits du terroir. Frampton Brasse, de son côté, propose une ferme spécialisée dans les bières de distinction tandis que légumes frais, fines herbes et fleurs se côtoient dans Les 4 jardins à Sainte-Marie.
En route vers Saint-Georges, passez à la Fromagerie Gilbert à Saint-Joseph, rendez-vous pique-niquer à la halte du Pont couvert à Notre-Dame-des-Pins, là où Alizya et Laurence, cyclistes et adeptes du patin à roues alignées, empruntent le Sentier des Jarrets noirs pour se dégourdir les jambes.
Monument historique, avec ses 154,5 mètres, le pont Perrault est le plus long pont couvert du Québec, le deuxième au Canada. De petits jeux raviront les jeunes. L'histoire du pont emporté par la débâcle vous intriguera!
À Saint-Georges, La Pépite d'Or, le Grand Marché, le Roy de la pomme vous proposent d'autres produits régionaux que vos papilles gustatives apprécieront!