Affaires express: Banque Laurentienne, Banque nationale, BRP

La Banque Laurentienne hausse son dividende, malgré un recul de son profit

MONTRÉAL — La Banque Laurentienne a annoncé jeudi une hausse de son dividende trimestriel, tout en affichant un bénéfice du deuxième trimestre en baisse par rapport à l'an dernier, ce qu'elle a attribué aux indemnités de départ et à d'autres charges de restructuration.

L'institution financière a précisé qu'elle verserait désormais un dividende trimestriel de 66 cents par action, comparativement à 65 cents par action précédemment. Le premier paiement de ce nouveau dividende aura lieu le 1er août, pour les actionnaires inscrits en date du 2 juillet.

La Laurentienne a engrangé un bénéfice de 43,3 millions $, soit 95 cents par action, pour son plus récent trimestre clos le 30 avril. Elle avait réalisé un profit de 59,2 millions $, ou 1,34 $ par action, pour la même période l'an dernier.

Les provisions pour pertes sur créances ont atteint 9,2 millions $ au deuxième trimestre, alors qu'elles avaient été de 9,5 millions $ lors de la même période en 2018.

Sur une base ajustée, la Banque Laurentienne a réalisé un profit de 48,7 millions $, soit 1,08 $ par action, au plus récent trimestre, en baisse par rapport à celui de 64,6 millions $, ou 1,47 $ par action, affiché un an plus tôt.

Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice de 1,07 $ pour le deuxième trimestre, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon. La Presse canadienne

+

Le résultat net de la Banque Nationale augmente à 558 millions $ au 2e trimestre

La Banque Nationale a haussé son dividende jeudi, alors même qu'elle affichait un bénéfice net en hausse de deux pour cent pour son deuxième trimestre, par rapport à l'an dernier.

Le paiement trimestriel aux actionnaires passera ainsi de 65 cents à 68 cents par action, soit une hausse cinq pour cent qui sera en vigueur à compter du versement du 1er août, pour les actionnaires inscrits en date du 25 juin.

Le bénéfice net de la Nationale a grimpé dans les secteurs des services bancaires personnels et commerciaux, du financement spécialisé aux États-Unis et à l'international, ainsi que de la gestion de patrimoine. Ces gains ont cependant été partiellement contrebalancés par un ralentissement dans la division des marchés financiers, et le résultat d'ensemble s'est avéré inférieur aux attentes des analystes.

Le chef de la direction de la banque, Louis Vachon, a estimé que le prêteur avait réalisé une «solide performance» au deuxième trimestre.

«Notre performance a été alimentée par la bonne progression de nos activités, notre gestion des coûts disciplinée, une vigoureuse qualité du crédit. (...) Le contexte reste favorable au Canada et nous continuons à profiter de la vigueur et de la diversification de l'économique du Québec», a-t-il affirmé lors d'une conférence téléphonique avec des analystes pour discuter des résultats.

Le résultat net de la banque pour le trimestre clos le 30 avril s'est établi à 558 millions $, ou 1,51 $ par action, comparativement à 547 millions $, ou 1,44 $ par action, pour le deuxième trimestre de 2018.

Les analystes attendaient en moyenne un bénéfice par action de 1,52 $, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

Dans son secteur des particuliers et des entreprises, la banque a dégagé un bénéfice net de 234 millions $, en hausse de neuf pour cent par rapport à 215 millions $ l'an dernier. La banque a indiqué que les prêts personnels avaient augmenté, en particulier grâce aux prêts hypothécaires, tandis que les prêts commerciaux ont avancé de neuf pour cent comparativement à l'année précédente.

La division du financement spécialisé aux États-Unis et à l'international a affiché un résultat net de 72 millions $, en hausse de 14 pour cent par rapport à celui de 63 millions $ de la même période un an auparavant.

Les activités de gestion de patrimoine ont a dégagé un bénéfice de 118 millions $, en hausse de cinq pour cent par rapport à celui de 112 millions $ de la même période de l'année précédente.

Le profit attribuable aux activités des marchés financiers a cependant plongé de 16 pour cent par rapport à l'an dernier pour atteindre 160 millions $.

Les provisions pour pertes sur mauvaises créances ont totalisé 84 millions $ au cours du trimestre, en baisse comparativement à 91 millions $ pour la même période l'an dernier.

Le ratio des fonds propres de catégorie 1 de la banque, une mesure clé de sa santé financière, s'élevait à 11,5 pour cent au 30 avril, sans changement par rapport au trimestre précédent. Il était cependant supérieur à celui de 11,3 pour cent de la même période l'an dernier.

Les résultats du plus récent trimestre de la Nationale étaient généralement «conformes» aux attentes, à quelques différences près, a observé Robert Sedran, analyste chez Marchés des capitaux CIBC.

La hausse de neuf pour cent du secteur des services bancaires aux particuliers et aux entreprises était «de loin la meilleure du groupe des banques pour ce trimestre», a-t-il ajouté dans une note à ses clients.

Hausse des profits pour l'ensemble du secteur

Dans l'ensemble, les six plus grandes banques du Canada ont affiché des résultats mitigés pour leur deuxième trimestre, avec certains bons coups et d'autres moins bons. Mais elles ont tout de même généré ensemble des profits d'environ 12 milliards $.

Le bénéfice net des six plus grands prêteurs du pays pour le trimestre clos le 30 avril a progressé d'environ sept pour cent en moyenne, ou d'environ cinq pour cent sur une base ajustée.

Même si la croissance des prêts nationaux a généralement ralenti après la mise en place, l'an dernier, de réglementations visant à resserrer les prêts hypothécaires, elle a tout de même été meilleure que prévu. Par ailleurs, les banques exerçant des activités internationales ont de nouveau été dynamisées ce trimestre, ont indiqué des analystes.

Entre-temps, l'activité sur les marchés des capitaux, bien que globalement en baisse, a également dépassé les attentes, ont-ils ajouté.

«Elles ont enregistré une bonne performance», a estimé Meny Grauman, analyste chez Cormark Securities, à Toronto. «Elles ont continué à donner de bons résultats, mais pas des résultats spectaculaires. Et il y avait clairement assez d'éléments sombres dans les résultats pour continuer à alimenter les questions sur le niveau de leur performance à venir.»

+

Le nouveau roadster à trois roues de BRP alimente ses revenus au 1er trimestre

MONTRÉAL — L'action de BRP a bondi jeudi, après que la société a dévoilé des résultats supérieurs aux attentes pour son premier trimestre, soutenu par les acquisitions de son secteur marin et les solides ventes d'un nouveau véhicule à trois roues, qui ont alimenté une hausse de 17 pour cent des revenus par rapport à l'an dernier.

Le titre du constructeur de véhicules récréatifs derrière les motoneiges Ski-Doo et les motomarines Sea-Doo a pris jeudi 5,63 $, soit près de 16 pour cent, pour clôturer à 41,79 $ à la Bourse de Toronto.

Cette augmentation faisait également suite à l'annonce par BRP d'un programme de rachat d'actions dans le cadre duquel elle pourrait récupérer et annuler un maximum de 300 millions $ d'actions.

«Malgré des conditions météorologiques difficiles, en particulier dans le nord des États-Unis et au Canada, notre gamme de produits continue de susciter une forte demande des consommateurs, ce qui a entraîné un nouveau trimestre de croissance soutenue des ventes de détail dans la plupart de nos marchés», a affirmé le chef de la direction, José Boisjoli, lors d'une conférence téléphonique avec des analystes, avant la tenue de l'assemblée annuelle des actionnaires de l'entreprise.

Les ventes des roadsters à trois roues de la société ont bondi de 110 pour cent, soutenues par le nouveau Can-Am Ryker. Avec un prix de base de 8500 $ US, le véhicule «sportif» se détaille à environ la moitié du prix de son cousin plus âgé, le Can-Am Spyder, dans le but d'attirer des coureurs plus jeunes et moins fortunés.

Les motocyclettes à trois roues, qui restent également populaires auprès des consommateurs plus âgés, font partie d'une stratégie qui permet de transformer un produit de niche en important moteur des ventes, alors que les constructeurs de motos ont du mal à attirer de nouveaux motocyclistes.

Au premier trimestre, les véhicules à trois roues ont permis au chiffre d'affaires de BRP de grimper de 19 pour cent d'une année à l'autre, pour atteindre 627 millions $.

M. Boisjoli a attribué les ventes médiocres de motoneige à un «printemps froid et humide» dans la moitié supérieure de l'Amérique du Nord.

«Nous ne sommes pas satisfaits de notre croissance de moins de 10 pour cent», a-t-il déclaré à propos des véhicules utilitaires côte à côte. «Je vous rappelle que nous avions une solide croissance d'environ 35 pour cent pour la même période l'année dernière», a-t-il ajouté, évoquant une pénurie de production «mais également de fortes promotions de la part de certains de nos concurrents.»

Les revenus des produits marins ont augmenté d'un tiers à 146,3 millions $, principalement grâce à l'acquisition des sociétés AlumaCraft Boat et Manitou Pontoon Boats. Cela a été en partie contrebalancé par la baisse des ventes de moteurs hors-bord, a indiqué la société.

M. Boisjoli a souligné que les bateaux de pêche et les pontons en aluminium - de nouveaux produits pour BRP - représentaient plus de la moitié du marché américain des bateaux.

Profits et revenus en hausse

Prévoyant une croissance continue pour ses produits toutes saisons et son groupe marins, BRP a révisé à la hausse sa prévision de revenus pour l'exercice 2020 et table désormais sur une progression d'entre 9 pour cent et 13 pour cent par rapport au chiffre d'affaires de son exercice 2019.

La société a également relevé son objectif de bénéfice dilué par action normalisé pour 2020, qui est maintenant d'entre 3,55 $ et 3,75 $, en hausse de 5 cents aux deux extrémités de la fourchette.

Le bénéfice net de BRP a totalisé 23,8 millions $, ou 25 cents par action, pour le trimestre terminé le 30 avril.

En comparaison, elle avait réalisé un bénéfice net de 13,4 millions $, ou 13 cents par action, au même trimestre l'an dernier, pour lequel elle avait enregistré une perte de change plus importante sur ses dettes et ses passifs au titre de contrats de location.

Sur une base normalisée, en excluant les coûts de change et d'autres coûts pour les deux années, BRP a indiqué avoir réalisé un bénéfice de 54 cents par action au premier trimestre, en hausse par rapport à celui de 52 cents par action enregistré il y a un an.

Les revenus ont atteint 1,33 milliard $, en hausse par rapport à 1,14 milliard $ un an plus tôt.

Les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice normalisé de 51 cents par action et un chiffre d'affaires de 1,25 million $ pour le trimestre, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters Eikon.

«Que peut-on désirer de plus?» a demandé l'analyste Benoit Poirier, de Valeurs mobilières Desjardins, dans une note aux investisseurs.

Il a estimé que le rachat d'actions, qui devrait se terminer en juillet, permettrait à BRP de racheter jusqu'à sept millions d'actions et faire passer le prix de l'action de 3,00 $ à 3,50 $.

«Cela va envoyer un signal fort aux investisseurs que le titre est sous-évalué», a affirmé M. Poirier. Christopher Reynolds, La Presse canadienne