Annie Fortin, présidente et chef de la direction du Groupe Structura, rêve grand pour le projet Adopreneurs, qui vient de commencer à l’école secondaire Saint-Jean-Eudes.

Adopreneurs: des ados avec la bosse des affaires

Quand elle était en cinquième secondaire, Annie Fortin était bien embêtée de formuler un choix de carrière dans un examen. «Finalement, j’avais écrit : “Je veux un ordinateur, des clients, des beaux crayons, du parfum, un char et du beau linge”, raconte-t-elle en riant. Ce que je voulais, au fond, c’était être entrepreneure, mais je ne savais pas que c’était ça.»

Il lui a fallu trois emplois marquants, où elle a gravi rapidement les échelons, et une vingtaine d’années avant qu’un patron avisé ne lui signale qu’elle était faite sur mesure pour l’entrepreneuriat. Et c’est un peu en pensant à la jeune fille qu’elle a été que la présidente et chef de la direction du Groupe Structura a lancé le projet Adopreneurs, une concentration d’études pour les élèves du secondaire. Dans le réseau public de la région de Québec, il existe déjà un programme d'entrepreneuriat-études à l'École secondaire de la Seigneurie à Beauport, offert de la 1ere à la 5e secondaire. 

«Je veux cibler les perles entrepreneuriales, parce qu’on en a, et les outiller, leur faire vivre c’est quoi. Si je suis capable de leur sauver des chemins difficiles, et leur faciliter la tâche…  Ce sont eux nos dirigeants de demain», rappelle la femme d’affaires. Elle estime qu’il n’est jamais trop tôt pour enseigner les notions de base de l’entrepreneuriat aux jeunes. Certains ont déjà un appétit réel pour le sujet, et surtout, des idées vraiment intéressantes. Elle ne tarit d’ailleurs pas d’éloges à propos de l’ambassadrice du projet, Marie-Philippe Benoît, une jeune étudiante au cégep en gestion commerciale qui cumule déjà de nombreuses distinctions dans le monde des affaires.

De la théorie et du concret 

Le projet-pilote a débuté avec la rentrée à l’École secondaire Saint-Jean-Eudes, où un groupe de 27 jeunes de cinquième secondaire apprend les rouages de l’entrepreneuriat avec un enseignant de l’endroit qui a accepté de relever le mandat. Parmi les modules au cursus : qu’est-ce qu’un entrepreneur, l’ADN d’une entreprise, les aspects juridiques, les plans d’affaires, financiers, marketing, etc. Des stages sont aussi prévus, et ils se passeront pour cette année dans les différentes entreprises rassemblées au sein du Groupe Structura, qui se trouvent à couvrir toutes les sphères de la gestion d’une PME. 

Les élèves auront aussi l’occasion de développer un projet entrepreneurial, et trois de ces projets seront choisis à la fin de l’année par un jury de gens du milieu. «Je veux amener ces jeunes à vraiment réaliser leur projet d’affaires. J’ai tout ce qu’il faut dans mon écosystème pour les lancer et les supporter», soutient Annie Fortin.

À terme, elle aimerait qu’un concours du genre de Secondaire en spectacle s’organise à travers la province, mais pour les projets entrepreneuriaux des élèves. Elle aimerait aussi que la concentration commence tranquillement à s’implanter à partir de la troisième secondaire. 

Voilà pour le rêve, mais en attendant, il y a déjà cinq écoles privées qui se sont montrées intéressées à intégrer Adopreneurs à leur cursus. Des partenaires financiers ont aussi levé la main, puisque pour le moment, l’initiative est entièrement financée par le Groupe Structura. Il y a encore bien du pain sur la planche, mais Annie Fortin nourrit un enthousiasme propre à déplacer des montagnes. «Les jeunes sont vraiment allumés. Ils sont à un autre niveau», lance-t-elle, visiblement impressionnée par l’intérêt des adolescents. 

Note de la rédaction : Ce texte a été modifié pour inclure l'existence d'une concentration Entrepreneuriat-études à l'École secondaire de la Seigneurie de Beauport.