Le président et directeur général d’AddÉnergie, Louis Tremblay. Il est à la tête d'une entreprise de Québec qui fabrique des bornes de recharge pour les véhicules électriques et qui développe des logiciels pour l’exploitation des réseaux.

AddÉnergie s’installe aux États-Unis

«Il nous a fallu quatre ans entre la vente de la première et de la millième borne électrique. Seulement en 2017, nous en avons livré 4700!»

Les dernières années ont été fastes pour AddÉnergie, une compagnie de Québec spécialisée dans la fabrication de bornes de recharge pour véhicules électriques. Mais attendez de voir le reste de 2018! L’entreprise, fondée en 2009, cogne aujourd’hui aux portes du pays de Donald Trump.

Depuis cet automne, AddÉnergie a pris racine chez nos voisins du sud. Un bureau de vente a été ouvert à San Francisco, en Californie. Des contrats et des partenariats sont déjà dans l’air.

D’ici mars 2019, soit la fin de leur année financière, AddÉnergie prévoit avoir livré aux États-Unis entre 200 et 300 bornes de recharge commerciales et entre 2500 et 3000 bornes électriques résidentielles. D’ailleurs, une première cargaison a pris la route mercredi matin pour un projet-pilote avec un fournisseur d’énergie américain.

«Nous analysons ce marché depuis janvier 2017. [...] Nous avons tout pour compétitionner là. Nous visons entre deux et cinq projets commerciaux pour la prochaine année aux États-Unis», indique au Soleil le grand patron d’AddÉnergie, Louis Tremblay. «Nous sommes en discussions avec des fournisseurs d’énergie. Deux contrats seront annoncés d’ici les trois prochains mois. Nous commençons déjà à avoir des développements», se réjouit-il.

Le président et directeur général précise qu’il n’est pas question «à court terme», au moins pour les trois prochaines années, d’ouvrir une usine de production aux pays de l’Oncle Sam. Bien qu’il n’écarte pas cette possibilité, la production demeurera au Québec, si Trump et le marché le permettent.

«Nous miserons beaucoup sur notre nouveau produit la FLO maison [une borne électrique résidentielle]. On voit cela comme notre cheval de Troie pour les États-Unis. C’est moins complexe à commercialiser et le volume est très grand», explique l’homme d’affaires, qui prévoit vendre officiellement ce produit à nos voisins dès le mois de juillet.

«Les États-Unis, je vois cela comme un vecteur de croissance énorme. C’est un marché entre 10 et 15 fois plus gros [que celui du Canada]. Dès l’année prochaine, nous devrions être dans les millions de dollars de revenus. D’ici trois ans, nous avons comme objectif d’avoir sécurisé 5 % du marché», poursuit le fondateur.

Ce dernier reluque des contrats sur les côtes est et ouest des États-Unis.

Afin de répondre à l’augmentation de la demande, M. Tremblay planche sur un projet pour agrandir son usine de Shawinigan. Si tout se déroule selon ses plans, le nombre d’employés de la compagnie devrait passer, d’ici 2020, de 120 à 300.

Croissance fulgurante

Depuis sa naissance, AddÉnergie a connu une croissance fulgurante. Elle est notamment devenue partenaire d’Hydro-Québec dans son projet de Circuit électrique. L’entreprise alimente et opère également le réseau FLO, qui relie ses membres à près de 4500 bornes de recharge commerciales en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse.

Elle a aussi dans son carnet de commandes plusieurs contrats, notamment la construction des 200 bornes électriques du Mouvement Desjardins.  

Afin de soutenir les nombreux projets d’AddÉnergie, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) et Investissement Québec ont injecté 12,8 millions $ dans la compagnie. Et le gouvernement du Canada 6,7 millions $.

Le troisième joueur en importance en Amérique du Nord dans son domaine d’affaires, qui a livré plus de 8000 bornes à travers le pays jusqu’à présent, possède aujourd’hui des bureaux à Mississauga, en banlieue de Toronto, au Québec, à Vancouver et à San Francisco. Un autre petit devrait voir le jour sur la côte est des États-Unis au cours des prochains mois.

À plus long terme, la direction n’écarte pas une possible expansion du côté de l’Europe.