Le déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 à Bécancour, exploitée pour la production d’électricité de 1983 à décembre 2012, devrait coûter environ 1,5 milliard $.

Actifs de Gentilly-2: l’État a récolté 13 M$

Ce n’est certainement pas la vente d’équipements provenant de Gentilly-2 qui va renflouer les coffres d’Hydro-Québec. Depuis l’annonce de la fermeture de la centrale nucléaire en 2012, la société d’État a récolté 13 millions $.

C’est ce qu’on peut lire dans un document transmis dans le cadre d’une demande d’accès à l’information où le nom des acheteurs n’est pas toujours dévoilé.

La principale vente étant de 10,6 millions $ à l’acquéreur «utilités canadiennes exploitant des centrales nucléaires». La transaction comprenait, entre autres, des génératrices, de la robinetterie pour centrale nucléaire, différentes pièces, des connecteurs et des équipements liés à la sécurité physique. 

L’entreprise Aecon a également déboursé 800 000 $ pour mettre le grappin sur une machine servant à l’inspection.

Dans sa réponse, Hydro-Québec ajoute avoir vendu 38 bâtiments modulaires, des véhicules blindés, des équipements de cafétéria, une turbine ainsi que des logiciels de simulation. D’autres ventes sont à prévoir, entre autres, pour du mobilier de bureau et des ordinateurs», avance Hydro-Québec.

Par ailleurs, la direction précise que plusieurs actifs appartenant à Gentilly-2 ont été transférés dans d’autres divisions de l’organisation. Lundi, elle était toutefois incapable de chiffrer la valeur de ces biens.

«Depuis l’annonce de la fermeture de la centrale, nous poursuivons nos efforts en matière de valorisation des actifs devenus disponibles avec la fermeture des installations», répond la direction sans être en mesure de fournir la valeur à l’état neuf de tous les biens jusqu’à présent vendus.

Rappelons que le déclassement de la centrale nucléaire de Bécancour — qui a été exploitée pour la production d’électricité de 1983 à décembre 2012— devrait coûter environ 1,5 milliard $. Dans le dernier rapport financier de la société d’État, la valeur comptable de la dette est aujourd’hui de 811 millions $. Il s’agit du montant qu’il faudrait débourser pour terminer le chantier demain.

Pour l’heure, le projet est toujours dans la phase de préparation à la dormance et de transfert du combustible (2015 à 2020). Le coût annuel de cette étape varie actuellement entre 25 et 30 millions $ par année. La fin du chantier est prévue pour 2062. Une soixantaine de personnes travaillent toujours à Gentilly-2.

Respect des prévisions

«Nous sommes là où nous voulions être», indique le porte-parole chez Hydro-Québec, Francis Labbé. «Nous respectons les budgets et l’échéancier. Il y a  toujours des actifs à vendre. Ce n’est pas une course. En moyenne, les produits sont vendus, dépendamment de leur état, entre 10 % et 15 % du prix du marché. On va chercher le maximum qu’on peut», poursuit-il.

M. Labbé précise que son employeur a fait appel à une firme externe pour réaliser l’évaluation des biens et pour statuer sur le prix de la marchandise.

En 2015, un rapport de la Vérificatrice générale du Québec reprochait à Hydro-Québec d’avoir effectué des ventes à rabais de certains actifs de la centrale nucléaire. Cette dernière était équipée d’un réacteur de type CANDU. 

La vérificatrice générale affirmait que la société d’État avait, entre autres, vendu les rotors neufs d’une turbine d’une valeur de 79 millions $, acquis quelques mois plus tôt,  à 75 000 $ à un ferrailleur québécois.

«Hydro-Québec a fait un appel de propositions restreint pour la vente des équipements sur le marché du recyclage des métaux sur la base d’une évaluation peu rigoureuse de la valeur marchande des biens», écrivait alors la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.