Alimentation Couche-Tard pourrait bien se tourner une fois de plus vers les États-Unis pour effectuer sa prochaine acquisition d’envergure.
Alimentation Couche-Tard pourrait bien se tourner une fois de plus vers les États-Unis pour effectuer sa prochaine acquisition d’envergure.

Acquisitions: Couche-Tard pourrait-elle encore se tourner vers les États-Unis?

MONTRÉAL — Après avoir mis sur la glace sa tentative de percer le marché australien, Alimentation Couche-Tard pourrait bien se tourner une fois de plus vers les États-Unis pour effectuer sa prochaine acquisition d’envergure.

La pétrolière américaine Marathon envisagerait de se départir de Speedway, l’une des plus importantes chaînes de dépanneurs et de stations-service au sud de la frontière, et d’après le quotidien new-yorkais Wall Street Journal, la multinationale québécoise figurerait parmi les acheteurs potentiels.

Toutefois, la facture pourrait s’avérer salée, puisque Marathon avait déjà fait savoir, l’automne dernier, alors qu’elle envisageait la cession de Speedway, que cet actif pourrait valoir entre 15 milliards $US et 18 milliards $US (20,3 milliards $ et 24,3 milliards $) — avant que la pandémie de COVID-19 ne vienne tout changer.

«À notre avis, la taille de la transaction et les questions entourant l’accès au capital réduisent la liste potentielle d’acheteurs, a souligné l’analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux, dans une récente note envoyée aux investisseurs. Comme pour toute transaction potentielle, nous nous attendons à ce que Couche-Tard fasse partie du processus et qu’elle soit très disciplinée.»

Dans un courriel, une porte-parole de la multinationale établie à Laval, Laurence Myre Leroux, n’a pas voulu confirmer ni infirmer ce qui était avancé par le quotidien new-yorkais. Elle a souligné que la société ne discutait «pas publiquement de ce type d’activité».

Marathon pourrait également opter pour un essaimage de Speedway, selon le Wall Street Journal.

Caltex

Avant de mettre son projet sur la glace en avril dernier dans la foulée de la crise sanitaire, Couche-Tard avait proposé 7,9 milliards $ dans l’espoir d’acquérir l’entreprise australienne Caltex, notamment propriétaire d’un réseau de quelque 2000 stations-service dans ce pays d’Océanie. Si elle s’était concrétisée, cette transaction aurait été la plus importante de l’histoire de la compagnie québécoise.

L’écart à combler est ainsi important lorsqu’on tient compte de la valeur attribuée à Speedway par Marathon, a souligné Mme Nattel.

«Couche-Tard pourrait s’associer à un autre partenaire [...] en particulier compte tenu du chevauchement géographique entre les deux réseaux [de Couche-Tard et Speedway]», a avancé l’analyste.

Les deux compagnies sont très présentes dans une dizaine d’États américains, notamment en Ohio, en Floride, en Caroline du Nord, au Kentucky ainsi qu’en Indiana.

Speedway exploite un réseau de quelque 3900 dépanneurs et stations-service au sud de la frontière. En territoire américain, Couche-Tard est présente dans 48 États avec plus de 7700 magasins. L’entreprise québécoise, qui souhaite doubler sa taille d’ici cinq ans, est aussi présente au Canada ainsi qu’en Europe. Son réseau compte environ 16 000 points de vente.

La multinationale québécoise avait été très active aux États-Unis dans les dernières années en avalant CST Brands et Holiday, deux transactions dont la valeur totale avoisinait les 6 milliards $US (8,1 milliards $). La clôture de ces deux acquisitions avait eu lieu au cours de l’année financière 2018.

Après une offre conditionnelle en novembre dernier, Couche-Tard était revenue à la charge à plus d’une reprise avec des offres bonifiées dans le but d’acquérir Caltex afin de mettre le pied en Australie. En raison du nouveau coronavirus, l’entreprise avait mis de côté ce projet en disant vouloir se concentrer sur sa propre gestion dans un contexte économique turbulent.

La multinationale doit dévoiler ses résultats du quatrième trimestre et de l’année financière le 29 juin.

À la Bourse de Toronto, le titre de Couche-Tard a clôturé à 42,32 $, en recul de 1,37 $, ou 3,13 %. Cela lui confère une valeur boursière de 47,56 milliards $.