L'an dernier, la direction de Loews avait trouvé un acquéreur pour Le Concorde, le groupe Urgo Hotels. Or, après l'étape des vérifications diligentes, Urgo Hotels a retiré son offre d'achat.

Achat du Concorde: le temps presse pour le Groupe Savoie

Le Groupe Savoie, qui veut mettre la main sur l'hôtel Le Concorde pour le transformer en Résidence Soleil, soutient que le temps file et demande à la Ville de Québec de prendre une «décision rapide et éclairée» dans le dossier.
<p>«Nous n'achèterons pas un immeuble qui aura été inoccupé pendant des mois», affirme Eddy Savoie, président du Groupe Savoie.</p>
«Pour nous, le temps presse. Nous n'achèterons pas un immeuble qui aura été inoccupé pendant des mois», a fait savoir mercredi au Soleil le président du Groupe Savoie, Eddy Savoie, en rappelant que la chaîne Loews fermera le Concorde dans moins de 30 jours (12 février à minuit).
L'homme d'affaires, qui dit comprendre le maire de Québec Régis Labeaume de vouloir conserver la vocation hôtelière du Concorde, rappelle que la chaîne américaine Loews a toutefois cherché pendant deux ans un acheteur de l'industrie, sans succès.
L'an dernier, la direction de Loews avait d'ailleurs trouvé un acquéreur, le groupe Urgo Hotels. Or, après l'étape des vérifications diligentes, Urgo Hotels a retiré son offre d'achat.
«S'il y avait eu un repreneur pour cet hôtel, nous n'aurions pas déposé une offre. Nous avons une entente avec Loews parce qu'il n'est plus possible de rentabiliser cet immeuble avec ce type d'établissement [hôtel]. C'est pour cette raison que nous voulons acquérir et relancer ce magnifique bâtiment», a-t-il souligné.
L'entente de principe intervenue la semaine dernière entre la chaîne Loews et le Groupe Savoie permettrait de transformer le Concorde en une résidence de 350 appartements pour retraités. Selon M. Savoie, la transaction avec Loews aura lieu seulement si la Ville de Québec donne son feu vert à la transaction.
Une rencontre entre des représentants du Groupe Savoie et de la Ville de Québec a eu lieu récemment. L'administration du maire Régis Labeaume devra notamment autoriser un changement d'usage pour faire ajouter à la vocation résidentielle de l'immeuble actuel (H1) celle de services communautaires (H2).
Il faut dire que le cas du Concorde est particulier. La société Loews jouit d'un bail emphytéotique de 99 ans signé il y a 43 ans avec l'homme d'affaires Marcel Adams, qui possède la société Développement Iberville. Au terme de ce bail, en vigueur jusqu'en 2069, l'immeuble deviendra la propriété de la succession de M. Adams.
Achalandage à l'année
M. Savoie est d'avis que l'activité économique de la Grande Allée et des environs (dont l'avenue Cartier) sera bonifiée avec l'arrivée dans le secteur de 500 nouveaux résidents permanents.
«Nous allons investir 30 millions $ en travaux de rénovation, nous allons créer une centaine d'emplois durables dans le secteur. C'est beaucoup d'achalandage et d'argent. Je ne crois pas qu'un hôtel pourra rapporter autant dans le secteur», a-t-il laissé entendre.
M. Savoie rappelle que l'industrie de l'hôtellerie est en pleine consolidation partout en Amérique du Nord et que ce changement de vocation d'établissement ne serait pas une première au Québec.
Il y a deux ans, le Groupe Savoie a mis la main sur l'hôtel Grand Plaza à Montréal pour le transformer en Résidence Soleil. L'immeuble de 25 étages situé à l'angle des rues Sherbrooke et Berri compte 420 appartements pour retraités.
«On dit donc à la Ville de Québec de regarder attentivement notre projet. La balle est dans leur camp», fait valoir le promoteur dont l'entreprise détient plus de 6000 appartements pour personnes âgées au Québec répartis dans plus de 14 complexes résidentiels.