À la suite de l'accident survenu le 11 mars, la CNESST a conclu que l'accès aux équipements du pétonclier P'tite Baie des Îles-de-la-Madeleine n'était pas sécuritaire, que l'emplacement du treuil causait problème et que la méthode de travail de l'aide-pêcheur n'était pas adéquate.

Accident de travail aux Îles-de-la-Madeleine: le pétonclier n'était pas sécuritaire

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a déposé son rapport d'enquête sur un accident survenu en mars sur le pétonclier P'tite Baie, aux Îles-de-la-Madeleine. Les enquêteurs déterminent que les causes de l'accident sont attribuables à l'accès au treuil, à l'aménagement du pont du bateau et à la méthode de travail de l'aide-pêcheur qui a été gravement blessé.
Le 11 mars, vers 13h30, un aide-pêcheur est sur le pont du bateau appartenant au capitaine Jean-Charles Thériault, amarré au quai de Cap-aux-Meules. Pendant que l'employé s'affaire à enrouler la fune sur le treuil à double tambour, les cordages s'enchevêtrent. L'aide-pêcheur entreprend alors de les replacer manuellement. Bien que l'embrayage mécanique ait été arrêté, le tambour du treuil continue à tourner en raison de son énergie résiduelle. Quand l'aide-pêcheur se penche au-­dessus du tambour gauche du treuil qui continue à tourner, ses vêtements se prennent dans la fune, ce qui le fait culbuter vers l'avant du treuil. En tombant, il actionne accidentellement l'embrayage et est entraîné dans le treuil.
L'homme a été blessé gravement, principalement à un bras. Selon le responsable des communications de la CNESST, Maxime Boucher, le travailleur s'en est tout de même bien sorti et ne devrait pas conserver de graves séquelles.
L'enquête a permis de déterminer trois causes qui expliquent cet accident : l'accès aux zones dangereuses du treuil au moment où le travailleur était aux commandes de l'équipement, l'aménagement du pont, dont le treuil au centre du bateau, ainsi que la méthode de travail utilisée par l'aide-pêcheur qui, «en replaçant la fune avec ses mains, a été entraîné et coincé».
À la suite de l'événement, la CNESST a interdit l'utilisation du treuil sur le bateau P'tite Baie. «On a demandé au capitaine visé de faire des modifications à son treuil d'ici le début de la prochaine saison de pêche, précise M. Boucher. Nos interventions sont toujours en cours. Dès que le capitaine aura mis ça en branle, on pourra aller apprécier ses correctifs et lever notre interdiction.»
Situation fréquente
Maxime Boucher indique que son organisme est préoccupé depuis longtemps par ce genre de danger entourant l'accès sans protection aux treuils. «Les bateaux ont bon nombre d'engrenages et de pièces en mouvement qui peuvent représenter un danger d'entraînement, rappelle-t-il. Il faut trouver des solutions, soit empêcher l'accès des travailleurs ou soit utiliser des méthodes de cadenassage pour éviter que, lorsqu'on se présente près de ces pièces-là pour de la maintenance ou autre, il n'y ait pas de risque d'entraînement.»
La CNESST ne fait pas de recommandation, ni ne fera de tournée des bateaux de pêche pour vérifier la sécurité entourant les treuils. Elle envisage cependant de faire un suivi afin qu'un tel accident ne se reproduise plus. «On va informer le Comité permanent de la santé et de la sécurité à bord des bateaux de pêche des conclusions de cette enquête-là, indique le responsable des communications. C'est un bon moyen pour amener les capitaines à corriger la situation s'ils retrouvent le même danger sur leur embarcation. On doit retenir qu'il est important de sécuriser l'accès aux pièces en mouvement sur les treuils.»