Le nouvel incubateur d'entreprises de l'Université Laval s'installera dans le pavillon Alphonse-Desjardins.

Accélérateur d'entreprises universitaires: Entrepreneuriat Laval, deuxième au monde

«Il s’agit d’une médaille d’argent cette fois-ci», laisse tomber Yves Plourde, président-directeur général d’Entrepreneuriat Laval.

À la compétition des meilleurs accélérateurs d’entreprises universitaires au monde, Entrepreneuriat Laval termine au deuxième rang.

L’organisme sans but lucratif, dont la mission est d’accompagner les membres de la communauté universitaire dans le développement de leurs compétences entrepreneuriales en vue de favoriser le démarrage d’entreprises, avait grimpé sur la plus haute marche du podium il y deux ans.

Cette fois, c’est le York Entrepreneurship Development Institute (YEDI) de l’Université York à Toronto qui remporte la palme à ces jeux olympiques de l’entrepreneuriat organisés, tous les deux ans, par UBI Global, un organisme de recherche international spécialisé dans l’analyse comparative d’incubateurs universitaires.

«Après l’honneur remporté, il y a deux ans, nous avions reçu les responsables du YEDI qui voulaient se familiariser avec notre écosystème. Force est de constater qu’ils ont bien retenu la leçon !», pousse à la blague Yves Plourde, pas démonté du tout par l’obtention de la deuxième place.

«Cette compétition, c’est avant tout un lieu d’échange et de collaboration au cours duquel nous prenons connaissance des meilleures pratiques à travers le monde afin d’améliorer notre performance», explique le pdg d’Entrepreneuriat Laval.

TEC Edmonton, de l’Université de l’Alberta, a pris le troisième rang du classement UBI Global dévoilé la semaine dernière à Toronto.

Dans le top 10, il y a des institutions de la Belgique, de l’Irlande, de la Russie, du Chili et du Portugal.

«L’évaluation comporte 21 indicateurs mesurant la performance entrepreneuriale, dont la valeur pour l’écosystème, la valeur pour les clients et la valeur du programme, son caractère attrayant et les bénéfices pour le client», explique l’Université Laval dans un communiqué de presse. «Entrepreneuriat Laval s’est particulièrement illustré dans les catégories «valeur pour le programme d’incubation» et «valeur pour l’écosystème» qui comprennent des indicateurs tels que la rétention des talents dans la région et l’offre de services de l’incubateur.»

Laval ne sera plus David...

De l’avis d’Yves Plourde, la compétition est féroce. Entrepreneuriat Laval se trouve, bien souvent, à jouer le rôle de David contre Goliath.

«Entrepreneuriat Laval, c’est une petite équipe de cinq employés permanents comptant sur un budget de 800 000 $. Nous croisons le fer avec des accélérateurs d’entreprises universitaires qui sont propulsés par des équipes de 65 personnes et des budgets atteignant 8 millions $.»

Entrepreneuriat Laval s’apprête toutefois à se donner les moyens de ses ambitions.

Un repositionnement stratégique est en cours à l’Université Laval pour regrouper les forces vives en entrepreneuriat. Des forces vives qui sont dispersées.

Entrepreneuriat Laval fait de l’entrepreneuriat. Beaucoup de facultés en font aussi. Qu’il suffise de penser à Eggenius, un lieu d’incubation pour les futurs entrepreneurs de la Faculté des sciences et de génie.

Ce repositionnement stratégique — dont les grandes lignes seront annoncées plus tard — donnera notamment naissance à un espace d’incubation dans lequel les étudiants et les chercheurs de l’université pourront faire grandir leur jeune pousse.

L’incubateur verra le jour dans le pavillon Alphonse-Desjardins. À compter du mois de mai, 80 jeunes entreprises pourront y loger. Les travaux d’aménagement des lieux sont en cours.

«Nous nous inspirons de District 3, un accélérateur de l’innovation implanté à l’Université Concordia. Nous croyons qu’il faut placer les jeunes entrepreneurs dans un milieu où ils pourront échanger entre eux afin qu’ils partagent leurs expériences», explique Yves Plourde en signalant que le choix du pavillon Desjardins n’était pas le fruit du hasard. 

«Il n’est pas rattaché à une faculté en particulier. Il s’agit d’un pavillon fréquenté par des étudiants provenant de tous les horizons. Il s’agit, pour nous, d’une façon de démocratiser l’entrepreneuriat.»

***

Entrepreneuriat Laval... en chiffres


830
le nombre d’entreprises créées depuis 1993


1680
le nombre d’emplois créés par ces entreprises


11 547
le nombre d’étudiants qui ont reçu des services


1250
le nombre de participants aux ateliers offerts annuellement