L'Est ontarien compte 19 fermes laitières biologiques, dont le centre de recherche du campus d'Alfred de l'Université Guelph. Là-bas, les vaches sont minces, et traitées aux petits soins.

Abattage des bovins de réforme: Viandes Giroux veut en faire davantage

Alors que la faible capacité d'abattage de vaches de réforme est souvent déplorée au Québec depuis la fermeture de l'abattoir Levinoff-Colbex, l'abattoir Viandes Giroux, à East Angus, abat seulement au quart de sa capacité, soit 150 vaches par semaine sur une possibilité de 600.
Levinoff-Colbex, qui a fait faillite en 2012, était le plus gros équipement destiné à l'abattage de bovins de réforme (surtout des vaches laitières en fin de vie utile) dans l'est du Canada. En 2010, il s'y abattait 3000 vaches par semaine.
Lorsqu'il fonctionnait, une convention de mise en marché lui attribuait environ 85 % des vaches de réforme mises à l'encan, contre 10 % à Viandes Giroux et 5 % aux autres petits abattoirs, explique Stéphanie Giroux, qui représente la troisième génération au sein de l'entreprise fondée en 1958. Avec la fermeture, la convention est tombée et les vaches sont maintenant vendues à l'encan au plus offrant. C'est dans ce contexte que les grands acheteurs de l'Ouest et des États-Unis achètent une bonne part de nos animaux, Viandes Giroux ne pouvant accoter les prix.
La jeune femme en a toutefois marre de lire à répétition dans les médias que les éleveurs de bovins québécois n'ont pas le choix d'envoyer leurs animaux se faire abattre en Ontario ou en Pennsylvanie alors que son entreprise pourrait en prendre davantage.
«Depuis la fermeture de Levinoff-Colbex, nous sommes grimpés au premier rang, obtenant ainsi le titre de plus grand abattoir de bovins de réforme au Québec», écrit-elle dans une lettre au Soleil.
Se battre pour survivre
Depuis la fermeture de l'abattoir qui était détenu par la Fédération des producteurs de bovins, elle dit avoir multiplié les requêtes et les demandes d'aide et d'appui tant auprès de la Fédération que du gouvernement, sans succès à ce jour. «Le contexte économique est ardu à l'intérieur de notre industrie. Les normes d'hygiène et de qualité élevées, la compétitivité avec les géants américains et canadiens en plus de l'absence de garantie d'approvisionnement ne sont que quelques-unes des raisons qui font en sorte que nous devons constamment nous battre pour survivre.»
Les processus de changements sont longs à enclencher, dit-elle également en se demandant «si dans deux ans, on sera encore là».
«Plus que tout, nous désirons assurer la pérennité des emplois au sein de notre entreprise. Nous sommes convaincus que cela doit débuter par le rétablissement du portrait de la situation réelle au Québec.» Mme Giroux reconnaît que Viandes Giroux ne pourrait récupérer tous les bovins de réforme qui doivent être abattus chaque semaine, mais à tout le moins faudrait-il dire, selon elle, qu'il est possible d'en faire davantage au Québec.