Christian Pons, directeur général de la Société d'agriculture du comté de Montmagny, pose devant la mascotte de l'exposition, une vache Holstein devant laquelle les gens sont invités à croquer un égoportrait (selfie) pour la déposer dans la page Facebook de l'exposition.
Christian Pons, directeur général de la Société d'agriculture du comté de Montmagny, pose devant la mascotte de l'exposition, une vache Holstein devant laquelle les gens sont invités à croquer un égoportrait (selfie) pour la déposer dans la page Facebook de l'exposition.

Abandon du volet agricole d'Expo Québec: «une gaffe»

Yves Therrien
Yves Therrien
Le Soleil
La Ville de Québec a commis «une gaffe majeure» en abandonnant le volet agricole d'Expo Québec. «Pour une ville qui veut rayonner à travers le monde, elle a fait un très mauvais choix», affirmait jeudi le journaliste de Radio-Canada spécialisé en agriculture, Lionel Levac. Il a même lancé un «vive Montmagny!», ville qui a récupéré l'événement.
Ce cri du coeur de l'un des quatre conférenciers lors du débat sur les enjeux et l'avenir de l'agriculture qui se tenait justement à Montmagny a été appuyé par le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau. Il croit lui aussi que la capitale a pris une mauvaise décision, car bien des citadins s'intéressent aussi à l'agriculture et à l'agroalimentaire. Il en donne pour preuve l'exposition agricole de Saint-Hyacinthe, qui attire de grandes foules, et l'exposition Royal Agricultural Winter Fair, le plus grand événement agricole au pays qui se tient en novembre en plein centre de la métropole qu'est Toronto.
En décembre 2012, Expo Québec annonçait qu'elle laissait tomber le volet agricole après 100 ans de tradition pour faire place à de nouvelles activités. Québec confirmait sa décision d'abandonner la grande finale provinciale des jugements d'animaux parce que la trop faible assistance ne justifiait pas les coûts de 500 000 $, part que la Ville devait assumer dans cette aventure.
Jusqu'à dimanche, Montmagny reprend donc pour une deuxième année le titre d'Exposition provinciale, l'aboutissement d'une trentaine d'expositions régionales et des jugements d'animaux.
La véritable première année
Selon Christian Pons, directeur général de la Société d'agriculture du comté de Montmagny, l'Exposition de l'an dernier avait été mise sur pied quasiment en catastrophe, puisque l'organisme avait eu la demande de prendre la balle au bond seulement au début du mois de juin.
«Cette année, il s'agit de la véritable première année de l'Exposition provinciale de Montmagny. C'est un retour aux sources, car la finale provinciale se déroule dans une région agricole, lance pour sa part M. Pons. Cela donne à la région une visibilité provinciale qui a suscité un intérêt plus grand pour les jugements d'animaux et les producteurs.» Quant à l'achalandage, il grandira au fur et à mesure avec la notoriété de l'événement.
M. Pons a d'ailleurs été embauché pour gérer cette exposition pour lui faire prendre le virage provincial en développant un nouveau cadre d'affaires. «Nous avons eu plus de temps pour nous préparer cette année et développer le volet animalier, le volet commercial et agroalimentaire sans oublier celui de la foire avec les manèges, continue-t-il. Notre objectif est de devenir un incontournable pour toute la province.»
«Devenir un incontournable» a mené l'organisation à mettre en place le forum sur les enjeux de l'agriculture avec des conférenciers comme le président de l'UPA, Marcel Groleau, le journaliste Lionel Levac, le fromager Pascal-André Brisson, de l'entreprise Le Mouton blanc, et le directeur général du Fonds d'investissement de la relève agricole, Paul Lecomte, expert en finances et bachelier en agronomie.