L’énergie éolienne et le plein air jouent des rôles importants dans l’économie de Murdochville aujourd’hui, mais le paysage reste marqué par la présence passée de l’industrie minière.

À la recherche de cuivre à Murdochville

MURDOCHVILLE — La firme Glencore Canada a entrepris au début de novembre une campagne de forage exploratoire à Murdochville, en Gaspésie, 20 ans après la fermeture de la mine souterraine de cuivre alors exploitée par la compagnie Noranda.

La direction de Glencore note que ce genre de forages est courant dans un secteur où il y a déjà eu une mine et qu’il ne faut pas entretenir des espoirs indus quant à une découverte pouvant relancer l’activité minière à Murdochville. Vingt forages de 150 à 200 mètres de profondeur sont menés d’ici décembre sur l’emplacement de l’ancienne mine à ciel ouvert, qui a été fermée en juin 1982.

«Les forages sont faits sur les limites du terrain de la mine; des carottes [géologiques] sont prises pour pouvoir préciser les données […] Il y a des données existantes. Nos géologues veulent des données plus récente», précise Alexis Segal, porte-parole de Glencore.

Tant en 1982 pour la mine à ciel ouvert qu’en octobre 1999 pour la mine souterraine, la firme Noranda avait cessé l’extraction du cuivre parce qu’elle n’était plus rentable. Elle a continué l’exploitation de sa fonderie à Murdochville exclusivement avec du minerai importé jusqu’en avril 2002.

«Les géologues sont des gens super optimistes, puis quand ça tombe [les chiffres] en analyse économique, c’est différent […] C’est comme un pèlerinage», ajoute M. Segal pour modérer les attentes de ceux qui voient déjà une autre mine à Murdochville.

Il n’en demeure pas moins que «là où on a le plus de chance de trouver du minerai, c’est là où il y a déjà eu une compagnie opérant», note M. Segal.

La durée de vie des mines de cuivre de Murdochville a été remarquablement longue, soit presque 50 ans, considérant que la première mine a été exploitée à compter de 1953. C’est d’ailleurs ce qui a créé la ville. Dans les années 1970, Noranda y employait jusqu’à 2000 personnes, comparativement à 330 quand la fonderie a fermé, il y a 17 ans. 

Il y a encore du cuivre à Murdochville, mais la teneur du minerai laissé de côté il y a 20 ans n’était pas suffisante. Par exemple, le mont Porphyre, juste à l’ouest de la municipalité, renferme environ 200 millions de tonnes de roches minéralisées, mais la teneur en cuivre s’élève à 0,9 %, ce qui ne justifie pas une exploitation.

Le marché mondial du cuivre reste bon, précise Alexis Segal, notamment à cause de l’électrification des transports. «Le cuivre est un excellent conducteur. Il perd moins d’énergie que d’autres métaux comme l’aluminium sur une distance donnée de ligne de transport».

À Murdochville, une municipalité qui a pris d’importants virages vers l’énergie éolienne et le plein air, les gens sont prudents devant les forages de Glencore, précise l’épicier Michel Pelletier. La population a été avisée par la poste.

«Presque personne n’en parle. Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Major Drilling a foré ici, je pense que c’est en 2011, presque un an de temps, aussi autour de la mine à ciel ouvert. J’avais parlé aux gens de Major dans le temps et ils disaient qu’y en avait pas mal, de cuivre, mais qu’il était profond et qu’il coûterait cher à aller chercher. On sait tous qu’il y en a encore du cuivre ici [mais] je n’ai pas d’attente», souligne M. Pelletier.

Trois transactions financières ont mené à l’arrivée de Glencore comme gestionnaire de l’ancien emplacement minier de Murdochville. Falconbridge a acheté Noranda, puis Xstrata a acquis Falconbridge, avant que Glencore n’absorbe Xstrata.