Les efforts de Québec International sont principalement faits auprès des filiales des sociétés étrangères qui ont déjà pignon sur rue dans la région, comme GlaxoSmithKline, dans le Parc technologique.

670 millions $ d'investissements étrangers à Québec

Pariez votre chemise que Thierry Champagne, directeur principal des investissements étrangers chez Québec International, n'oubliera pas sur le coin de son bureau le dernier rapport KPMG des villes les plus concurrentielles lorsqu'il partira pour une nouvelle mission de prospection à l'extérieur du pays!
On le comprend.
Publié mercredi, ce rapport plaçait Québec au sixième rang parmi 107 grandes villes à travers l'Amérique, l'Europe et l'Asie-Pacifique où les coûts d'exploitation d'une entreprise sont les plus concurrentiels. Et dans la catégorie des agglomérations de 500 000 à 2 millions d'habitants, Québec trône au sommet. Rien de moins.
Thierry Champagne reconnaît que le rapport de KPMG constitue une belle carte de visite pour la capitale et qu'il allait contribuer à accroître son positionnement dans les réseaux d'investisseurs internationaux. Toutefois, ça ne lui assure pas un succès instantané. Il n'y aura pas, demain matin, un débarquement massif d'investisseurs étrangers à l'Aéroport international Jean-Lesage!
«Le rapport traite des coûts d'opération des entreprises dans une ville ou dans une autre. Or, ce critère n'est pas toujours le plus déterminant dans le choix d'une entreprise de s'implanter ici ou là-bas», explique-t-il au Soleil. Par exemple, une entreprise étrangère dans l'aérospatiale va choisir d'établir ses pénates à Montréal, et ce, même si ses coûts seraient moins élevés si elle optait pour la capitale. Au Québec, l'aérospatiale, c'est à Montréal que ça se passe.
M. Champagne se souvient du cas d'une entreprise étrangère du secteur alimentaire qui avait choisi de réinvestir dans la région de Québec plutôt qu'aux États-Unis en sachant pertinemment que ses coûts de main-d'oeuvre seraient 50 % plus élevés ici. «La qualité et la stabilité de la main-d'oeuvre québécoise ont carrément fait la différence dans ce dossier.»
Des interventions ciblées
Depuis quelques années, Québec International cible ses interventions en matière de prospection des investissements auprès de sociétés étrangères évoluant dans les créneaux d'excellence de la région, comme l'optique-photonique, les sciences de vie, la transformation alimentaire et le divertissement interactif.
«Des créneaux pour lesquels nous avons plus de chances d'attirer des investisseurs qui pourraient ainsi trouver sur place une main-d'oeuvre qualifiée et d'éventuels partenaires d'affaires.»
Ses efforts, Québec International les fait principalement porter sur les 190 filiales des sociétés étrangères - majoritairement américaines - qui ont déjà pignon sur rue dans la région. «Nous allons rencontrer régulièrement les hauts dirigeants dans les différents sièges sociaux de ces filiales. Nous les accompagnons ces dernières dans les projets de réinvestissements qu'elles mettent de l'avant.»
D'ailleurs, 75 % des investissements étrangers réalisés bon an mal an dans la région sont des projets de réinvestissement réalisés par des sociétés étrangères déjà solidement établies sur le territoire.
En tout et partout, les investissements étrangers recensés par Québec International en 2013 se chiffraient à 670 millions $. Ils totalisaient 105 millions $ en 2012 et 1,2 milliard $ en 2011.
La grande séduction
La petite équipe de Québec International qui s'affaire à l'attraction d'investissements étrangers - ils ne sont que cinq - traite plus de 200 dossiers d'entreprises. En 2013, ces professionnels ont mené à bon port sept projets qui ont permis la concrétisation d'investissements directs de 115 millions $. Une performance supérieure à 2012 alors que Québec International avait appuyé 12 projets totalisant 49,5 millions $.
En 2012, 102 entreprises avaient été rencontrées à l'occasion de 12 missions de prospection. L'an dernier, 10 missions ont pris leur envol afin de tenter de séduire 135 entreprises étrangères.  
«L'année dernière, nous avons enregistré une augmentation assez marquée du nombre de sociétés étrangères qui sont débarquées à Québec pour visiter des sites éventuels d'implantation», fait remarquer Thierry Champagne. De 13 en 2012, Québec International en a reçu 18 l'an dernier. Et des visiteurs très sérieux, assure-t-il.
Il cite notamment le cas d'une entreprise qui, au départ, n'avait d'yeux que pour les États-Unis. «Elle ne connaissait pas le Québec et encore moins la région de Québec», fait remarquer M. Champagne. Après avoir fait le tour de la province, l'entreprise étrangère ne veut plus rien savoir du pays de l'Oncle Sam. Son choix, c'est le Québec. Il lui reste à décider de son lieu d'atterrissage. «C'est à nous, maintenant, de jouer nos cartes», conclut Thierry Champagne.