L’IRIS a élaboré un panier de dépenses selon les régions et les types de ménages analysés. Il comprend par exemple les frais pour le transport, le logement, l’électricité, les vêtements, la nourriture et un coussin pour les imprévus.

52 620 $ net pour une «vie décente» pour une famille à Québec

Une famille de quatre personnes (deux adultes et deux enfants fréquentant un CPE) a besoin d’un revenu après impôts et déductions de 52 620 $ pour avoir une «vie décente» à Québec, c’est-à-dire pour combler ses besoins de base et arriver se payer une activité sportive ou un café une fois de temps en temps.

C’est une des nombreuses données publiées jeudi par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) dans une note rédigée par le chercheur Philippe Hurteau. Pour une personne monoparentale avec un enfant, ce sont 34 255 $ qui sont nécessaires et pour une personne seule, 25 082 $.

Ce montant représente le revenu qui permet selon l’organisation de sortir de la pauvreté, et pas seulement de «survivre». Ce chiffre est donc différent et plus élevé que les seuils de faibles revenus qui sont généralement utilisés. Pour faire le calcul, vous devez utiliser votre revenu disponible. C’est donc ce que vous avez vraiment dans vos poches, une fois enlevés les impôts et autres déductions.

L’IRIS a élaboré un panier de dépenses selon les régions et les types de ménages analysés. Il comprend par exemple les frais pour le transport, le logement, l’électricité, les vêtements, la nourriture et un coussin pour les imprévus.

Pour une famille de quatre personnes à Québec, il faut compter 9912 $ par an pour se nourrir, 3437 $ pour se vêtir et 9840 $ pour se loger «dignement». Pour le transport, il faudra réserver 7319 $, soit 6269 $ pour une auto et 1050 $ pour le transport en commun.

Dans les six autres villes prises en compte par l’IRIS, Sept-Îles est celle où il faut avoir le revenu disponible le plus élevé, principalement parce que le manque de transport en commun implique d’avoir deux autos pour une famille.

Par ailleurs, le salaire minimum viable pour atteindre ce revenu «décent» se situe à 15,28 $ l’heure. L’an dernier, l’IRIS le chiffrait à 15,04 $. Environ 27 % des travailleurs gagnent moins que cela. Le salaire minimum montera de 0,75 $ le 1er mai, pour atteindre 12 $ l’heure.

«Il est inacceptable que le travail confine encore à un revenu en deçà de ce que nécessite une vie décente, ou pire, en deçà du seuil de pauvreté», déplore l’auteur.

Manques à l’aide sociale

La note de l’organisation met par ailleurs en lumière les écarts entre les montants octroyés aux personnes vivant de l’aide sociale au Québec et le revenu viable.

Il leur manquerait selon les calculs de l’IRIS 15 299 $ pour arriver à vivre «dignement». Par rapport à la mesure du panier de consommation, soit pour remplir les besoins de base, il y aurait un manque à gagner de 8532 $ par an.

«L’État ne garantit qu’environ 53 % des revenus nécessaires pour vivre aux personnes qui se trouvent sans autres sources de revenus. Dans les prochaines années, ce pourcentage devrait augmenter à 55 %, mais cela demeure très loin du compte», indique le document.

L’Institut fait un plaidoyer pour que les gouvernements se basent sur le revenu viable et non sur les seuils de faibles revenus utilisés actuellement, qui posent problème selon lui. La mesure du panier de consommation (MPC) est appropriée pour calculer les besoins de base, note l’IRIS, mais pas comme indicateur de sortie de la pauvreté.

Cette confusion entre la survie et la vie décente entraîne le maintien «du salaire minimum des employés à temps plein au niveau de la MPC et l’aide sociale à la moitié de ce seuil», précise la note.