Mines Éléonore et Renard : les vents sont bons, pas d’évacuations

La mine diamantifère Renard, de la société Stornoway, à 420 kilomètres au nord de Chibougamau, dans les Monts-Otish.

À une centaine de kilomètres au nord de Chibougamau, les mines Renard et Éléonore tiennent le coup face aux feux.


Les communications de la mine Éléonore ne connaissaient pas le nombre de travailleurs « exacts » sur place, jeudi, malgré la proximité des feux.

Samedi, Geneviève Pépin, directrice durabilité et relations externes pour Newmont – Éléonore, a néanmoins confirmée que 589 personnes s’y trouvaient en date du 10 juin.



La sécurité des travailleurs ne serait pas en jeu pour le moment, puisque « d’importants cours d’eau» protègent les installations, précise-t-elle.

« Nous suivons de très près l’évolution du feu à proximité des opérations, nous sommes en contact régulier avec la SOPFEU. Le feu se trouve présentement à environ 25 km des installations, mais des barrières physiques sont en notre faveur. »

Les deux feux à gauche de la carte sont à moins de 30 kilomètres au nord-est de la mine Éléonore. Celui de droite, à environ 75 kilomètres à l'ouest de la mine Renard.

Les brasiers au nord-est, numérotés 218 et 219, sont « sous-observation » par la SOPFEU.

« Il y a beaucoup de facteurs qui entrent en ligne de compte, mais ce sont particulièrement les vents qui peuvent changer les paramètres. Pour l’instant, les vents sont en notre faveur et les prévisions pour la fin de semaine sont encourageantes. »



Mais si les vents venaient à se diriger en direction vers la mine, des protocoles sont en place « advenant la nécessité d’évacuer les travailleurs. » Des avions nolisés pourraient être déployés sur un aéroport situé sur le site.

Dans les derniers jours, certaines opérations souterraines ont subi des interruptions en raison de la qualité de l’air.

Située au nord du 52e parallèle, Éléonore est la plus récente mine d’or au Québec. Propriété de la canadienne Goldcorp jusqu’en 2018, elle est ensuite passée aux mains de l’entreprise américaine Newmont l’année suivant, lorsque les deux entreprises se sont fusionnées.

La mine Renard

À un peu plus de 200 kilomètres à l’est, la mine diamantifère Renard de Stornoway se trouve dans la même position.

Pierre Pelletier, directeur des relations publiques, explique qu’à deux occasions, et seulement pour quelques heures, certaines opérations ont été interrompues en raison de la qualité de l’air.

« Puisque c’est une mine souterraine, si la qualité de l’air est mauvaise en surface, ça va avoir un impact en profondeur. Mais de façon générale, dans les derniers jours, la qualité de l’air est bonne. »



Stornoway garde néanmoins à l’oeil l’incendie forestier #357, d’une superficie de plus de 40 000 hectares, brûlant à environ 74 kilomètres des installations.

M. Pelletier souligne toutefois que les « feux ne sont pas menaçants directement pour la mine. »

« Il n’y a pas de crainte à ce moment-ci, assure-t-il. Évidemment on suit la progression de tout ça, la direction des ventes et la vitesse de déplacement des feux, mais la mine fonctionne correctement, normalement. »

Lors des évacuations de Chibougamau, plus grande ville de la Jamésie, Stornoway a offert à ses 285 employés le choix de quitter le site afin de rejoindre leur famille. Plusieurs ont choisi de rester.

Si la situation s’enflammait, une évacuation ne prendrait « pas beaucoup de temps, confirme Pierre Pelletier. On a accès à des avions et l’aéroport est à proximité, à 10 km. »

Ce n’est pas la première fois que ces mines sont confrontées à une situation similaire.

En 2018, elles avaient fermé temporairement leur site en plus d’évacuer les travailleurs en raison de feux de forêt s’étant rapprochés dangereusement des installations. Des vents avaient notamment poussé les flammes à près de 12 kilomètres du site Renard.