Même s’il ne reste que 3,4 millions $ dans les coffres de C02 Solutions, Evan Price, le président de l’entreprise, n’est pas inquiet. «On est confiant. Nous avons plusieurs projets en cours».

2018, l'année de CO2 Solutions

Si vous détenez des actions dans CO2 Solutions (TSXV : CST), il faut cocher 2018 à votre calendrier. Il s’agit d’une année importante pour la société, dont le­s coffres sont presque à sec. Il ne reste que 3,4 millions $, mais pas de panique, assure la direction de la compagnie spécialisée dans la capture du carbone à l’aide d’enzymes. Le président Evan Price fait le point.

Dans vos résultats du quatrième trimestre 2017, il est indiqué que la société disposait en juin dernier d’un solde en trésorerie de 3,4 millions $. On peut lire que ces montants peuvent s’avérer insuffisants pour financer les besoins prévus pour les 12 prochains mois. La situation est-elle alarmante?

Nous sommes une entreprise en développement qui lance sa commercialisation. Nous sommes dans un processus où nous réalisons différentes collectes de fonds. C’est une situation normale pour nous où on doit maintenant réaliser une nouvelle collecte de fonds. Ça fait 20 ans qu’on fait cela. On est confiant. Nous avons plusieurs projets en cours.

Justement, quels sont vos projets pour les prochains mois?

Nous avons signé notre première entente commerciale en 2016. Nous construisons présentement cette unité de capture du CO2 à Saint-Félicien à l’usine de pâte de Produits forestiers Résolu. Elle devrait être en opération dans le dernier trimestre de 2018. Le CO2 produit sera par la suite vendu aux Serres Toundra. Nous sommes aussi en discussion pour des contrats subséquents, notamment pour des licences. Nous avons annoncé cette année une étude d’ingénierie pour un projet dans le secteur métallurgique. Le client, une entreprise canadienne, est toujours en réflexion. Cela serait une unité de 32 tonnes par jour. Au cours des derniers mois, nous avons aussi vendu de l’enzyme. Il y a également notre projet de valorisation du CO2 à l’usine de Parachem, dans la région de Montréal. C’est un projet complet de démonstration de capture et de valorisation du CO2 en produit à valeur ajoutée. Notre usine va fournir différentes unités pour transformer le CO2 en produit, comme de l’acide acétique, du méthanol et des protéines animales.

Avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump du côté des États-Unis, votre entreprise a-t-elle souffert?

C’est un peu drôle. Nous avions fait un communiqué lorsque le président a annoncé le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris. Le cycle d’affaires est plus long que le cycle politique. Beaucoup de dirigeants savent que le CO2 est un problème au niveau du changement climatique. Et qu’il faut faire quelques choses. Il y a plus de discussions maintenant avec des entreprises qu’avant Trump. C’est signe de la maturité de notre technologie. [...] Actuellement, nous discutons avec des gens du Canada et des États-Unis pour des contrats. Et les marchés européens et asiatiques ont un grand potentiel.

À quel moment, CO2 Solutions prévoit devenir une entreprise indépendante financièrement? 

Notre objectif est 2020. Nous avons aujourd’hui 25 employés et nous cherchons toujours des travailleurs.

Vendredi, à la fermeture de la Bourse de Toronto, le titre de la compagnie de Québec valait 12,5 ¢.