Comme les autres secteurs d’activité au Québec, le secteur du tourisme n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre actuelle. La majorité des emplois à combler sont des emplois à temps plein.

20 000 emplois à combler en tourisme

La fin des classes au cégep et à l’université ne fait pas des heureux que parmi les jeunes. En effet, un grand nombre de PME sont ravies d’accueillir cette main-d’œuvre étudiante à l’amorce de la haute saison du secteur touristique.

La demande est telle qu’il y a 20 000 postes à combler à travers la province, selon les données de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec qui puise ses statistiques d’Emploi Québec. L’offre est variée, avec 400 appellations d’emplois différentes, indique François Chevrier, conseiller stratégique et en affaires publiques à l’Alliance.

En entrevue à La Presse canadienne, il explique que la demande est très diversifiée que ce soit pour des emplois qu’il qualifie de «première ligne» par exemple au service à la clientèle, à la billetterie, à l’animation, à l’entretien ménager ou d’aide-cuisinier, ou bien pour les postes en coulisse comme au soutien administratif ou en comptabilité.

«De façon naturelle, l’industrie touristique voit ses effectifs gonfler de 15 pour cent en haute saison estivale, raconte M. Chevrier. On est une solution intéressante pour la clientèle étudiante qui, pendant le congé scolaire, peut trouver de l’emploi saisonnier. On compte plus de 32 000 entreprises en tourisme partout au Québec.»

M. Chevrier souligne que près de 400 000 travailleurs œuvrent dans le secteur du tourisme, selon les estimations de l’Alliance de l’industrie touristique. Tous ces emplois sont regroupés dans cinq grands secteurs : la restauration, l’hébergement, les loisirs et divertissements, le transport et le voyage.

«Au Québec, près d’un travailleur sur onze est lié au tourisme et on est en croissance comme secteur d’activité depuis plusieurs années. La venue des visiteurs est aussi plus étalée sur l’année, à notre grand bonheur, ce qui fait en sorte que ce besoin-là de main-d’oeuvre est grandissant.»

C’est dans la zone périphérique de Québec où l’offre est la plus grande, soit dans les régions de la Mauricie, du Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de Charlevoix.

«Naturellement, nos cousins français demeurent notre marché qui nous amène le plus de visiteurs étrangers, mais on est en croissance sur le nombre de visiteurs qui viennent du Mexique, de la Chine, du Japon et de l’Allemagne pour découvrir le Québec.» Si les touristes étrangers sont moins nombreux à voyager au Québec que les Québécois, les retombées économiques qu’ils génèrent ne sont pas à négliger.

Heures flexibles

«Les Québécois représentent encore les trois quarts de tous les déplacements touristiques au Québec et les visiteurs étrangers à peu près le quart, mais sur le plan des recettes ou des retombées économiques c’est moitié-moitié», fait-il remarquer.

Comme les autres secteurs d’activité au Québec, le secteur du tourisme n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre actuelle. La majorité des emplois à combler sont des emplois à temps plein.

Toutefois, le milieu du tourisme offre aussi de la flexibilité ce qui permet à bien des entreprises de se tourner vers la main-d’œuvre étudiante et même les aînés à la recherche d’un revenu d’appoint.

«Il y a des postes à temps plein saisonniers, sans oublier les besoins à temps partiel qui offrent aussi une flexibilité pour les retraités qui cherchent à retourner sur le marché du travail, mais avec des heures ou un nombre d’heures flexibles», souligne M, Chevrier.

Pour simplifier la tâche aux chercheurs d’emplois, un portail a été créé à monemploientourisme.com pour rendre le chemin plus facile vers les différents sites d’emploi. Mais il n’en demeure pas moins que pour travailler près de chez soi, le meilleur moyen est d’établir soi-même un contact avec les employeurs locaux, selon François Chevrier.

«C’est de se rendre directement rencontrer l’employeur pour déposer son cv ou sa candidature. On apprend de l’industrie qu’il y a beaucoup de recrutement qui se fait dans ce contact, dans cette rencontre directe avec les gens.»