Un pédophile qui a utilisé son enfant «comme un objet, pour faire des expériences», en Outaouais, pourrait recevoir une peine de six ans de pénitencier pour agression sexuelle et possession de pornographie juvénile.
Un pédophile qui a utilisé son enfant «comme un objet, pour faire des expériences», en Outaouais, pourrait recevoir une peine de six ans de pénitencier pour agression sexuelle et possession de pornographie juvénile.

Un père faisait des expériences sexuelles sur son enfant

Un pédophile qui a utilisé son enfant «comme un objet, pour faire des expériences», en Outaouais, semble bien loin de la rédemption. Décrit comme un être intransigeant et extrêmement rigide devant le tribunal, l’accusé pourrait recevoir une peine de six ans de pénitencier pour agression sexuelle et possession de pornographie juvénile.

Cette peine proposée par la procureure de la Couronne Marie-Josée Genest a été prise en délibéré par la juge Rosemarie Millar, mercredi, au palais de justice de Gatineau. La magistrate doit aussi étudier la proposition de l’avocate de la défense, Me Yalda Machouf-Khadir, qui a plaidé pour une peine de 18 mois.

La défense a fait valoir au tribunal que le droit permettait à un accusé de se prévaloir des lois applicables au moment du crime allégué. Les faits remontent au début des années 2010, alors que les peines applicables étaient moins lourdes.

Enfer et humiliation

La Couronne a repris quelques faits troublants rapportés lors du procès. Selon la preuve, le père a notamment utilisé des petits jouets d’enfants pour agresser sexuellement son bambin, alors âgé de trois à cinq ans. Il a «fabriqué des bidules» pour utiliser lors de ses agressions, a dénoncé la procureure.

«C’est très violent, a mentionné Me Genest. Difficile de trouver plus humiliant.»

L’absence d’introspection ou de début de remise en question est un facteur de risque sur la question d’une éventuelle récidive, selon le ministère public. La Direction de la protection de la jeunesse a déjà interdit tout contact avec l’enfant, confié à une tutrice légale.

Les conséquences sur l’enfant sont dévastatrices. Il ne fait pas confiance aux hommes et a une peur bleue de son père.

«Même si (l’accusé) va en thérapie, a plaidé Me Genest, les chances qu’il la réussisse sont peu probables.»

Selon Me Machouf-Khadir, il y a quand même une lueur d’espoir puisque son client a déjà complété une thérapie de 18 heures sur la conscientisation à la violence. «On ne parle pas, non plus, d’un récidiviste en la matière.»

La défense a proposé une période de probation de trois ans après sa sortie de prison.

Lors de son interrogatoire au poste de la Sûreté du Québec, l’homme a tout nié en bloc, indiquant qu’il aimait son enfant plus que tout et qu’il détestait les pédophiles. Il a ensuite mis tout le blâme sur son enfant et son ex-conjointe. Il les a accusés de mentir en déchirant une photo de la victime, devant un enquêteur.

L’ex-conjointe, qui a aussi eu des problèmes avec la justice, a perdu la garde de l’enfant. Elle a témoigné de la violence sexuelle qu’elle subissait alors qu’elle faisait vie commune avec le prévenu.

L’accusé a été reconnu coupable de possession de matériel pornographique juvénile et d’agression sexuelle sur un enfant en juillet dernier.