Laurent Boutin (à gauche à l'avant-plan), le directeur de l'école primaire Monseigneur Feuiltault de Sainte-Marie, de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin, n'a pas hésité à supporter, Julien Fecteau Lisa Gobeil, Amelie Deblois et Annick Plourde, ses professeurs dans le programme d'anglais intensif dans leur projet d'informatiser leurs cours.
Laurent Boutin (à gauche à l'avant-plan), le directeur de l'école primaire Monseigneur Feuiltault de Sainte-Marie, de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin, n'a pas hésité à supporter, Julien Fecteau Lisa Gobeil, Amelie Deblois et Annick Plourde, ses professeurs dans le programme d'anglais intensif dans leur projet d'informatiser leurs cours.

Télé-enseignement: comme s’il n’y avait pas eu de crise à l'école Monseigneur Feuiltault

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La pandémie de la COVID n’aura eu que des impacts mineurs pour les élèves du programme d’anglais intensif de l’école primaire Monseigneur Feuiltault de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin. Travaillant depuis le début de l’année scolaire 2019-220 sur des Chrome Book, ils ont pu, grâce au télé-enseignement, continuer à assimiler les éléments prévus à leur programme d’études pendant le confinement. Et depuis le retour en classe, la majorité des jeunes fréquentent l’école à temps plein comme ils le faisaient avant la crise.

«À cause des règles de distanciation qui limitent le nombre d’élèves en classe, nous travaillons actuellement en duplex», explique Julien Fecteau, professeur d’anglais à l’école Monseigneur Feuiltault, à Sainte-Marie. «Les élèves de chaque classe sont regroupés dans deux locaux, mais grâce à leur Chrome Book, aux tableaux interactifs et aux caméras Web, je peux donner mon enseignement aux deux groupes en même temps. Il y a même quelques élèves qui sont à la maison. Et parce que l’on utilise Google classroom pour les travaux, il n’y a aucune feuille de papier à distribuer. Les jeunes ont leur casque d’écoute et leur microphone. Ils peuvent me poser des questions et travailler en équipe avec les élèves de leur choix, peu importe d’où ils suivent le cours.»

Les élèves de cinq des six classes de sixième année de l’école Monseigneur Feuiltault sont inscrits dans le programme d’anglais intensif, soit environ une centaine de jeunes. Et en 2020-2021, ce sont tous les élèves de sixième année qui en feront partie. Les jeunes sont divisés en deux groupes. De septembre à la fin du mois de janvier, le premier fait de l’anglais à temps plein alors que le second fait des mathématiques et du français. Puis, c’est l’inverse à compter du mois de février. M. Julien Fecteau et Mme Amélie Deblois sont responsables des cours d’anglais alors que Mme Lisa Gobeil et Mme Annick Plourde enseignent les mathématiques et le français. S’ajoute pour chacun des profs une spécialité comme l’univers social, l’éthique et la culture religieuse, les sciences, la sexualité, etc.

Nombreux avantages

Le projet d’utiliser des ordinateurs portables en classe a vu le jour il y a quelques années à l’école Monseigneur Feuiltault. L’équipe de profs, des gens aimant la nouveauté et se tenir à la page, cherchait un moyen de motiver les jeunes. Elle a profité de l’achat de quelques mini-ordinateurs par leur école pour tenter des expériences. Et tout de suite, elle a vu le potentiel de ces appareils et des plateformes proposées comme Google classroom.

«Les technologies peuvent s’adapter à tous les élèves», confirme Mme Deblois. «Lorsqu’un élève s’absente, c’est plus facile pour un enseignant de lui mettre ses travaux en ligne que de commencer à le fournir en papier. Et comme il y a des aussi capsules qui ont été mises en ligne, rien de ce qui a été vu en classe n’est perdu. Le jeune peut le suivre virtuellement. C’est donc plus facile de reprendre le temps perdu à la maison.»

Présenté aux différents décideurs, le projet de doter les élèves de sixième année du programme d’anglais intensif de Chrome Book a reçu l’aval de tous. Après quelques questionnements, notamment est-ce que les jeunes continueraient d’écrire, les professeurs n’y ont vu que des avantages. Et depuis, plusieurs enseignants ont commencé à mettre des parties de leurs cours en ligne via la plateforme Google classroom.

«L’informatique nous permet de sauver du temps ce qui est très apprécié compte tenu que nous devons voir beaucoup de matière en moins de temps», mentionne Mme Gobeil. «Souvent les corrections des travaux et des examens se font sur-le-champ. Les élèves ont donc leurs résultats rapidement et on peut faire une rétroaction immédiatement après.»

«La collaboration entre les quatre profs du programme est assez intense», mentionne Mme Plourde. Quand un enseignant monte quelque chose qui peut nous servir, on l’utilise. Ça nous évite de travailler en double.»

L’enthousiasme a été le même du côté des parents qui y ont aussi vu de nombreux avantages dont une transparence, au sujet de ce que leurs enfants font à l’école. «Grâce à Google classroom les parents ont accès à tout», mentionne Mme Plourde. «Tant aux capsules pédagogiques qu’à tous les travaux et examens. Et si un enfant a de la difficulté dans un domaine quelconque, le parent n’a qu’à aller voir son Google classroom et il va le savoir.»

Après avoir songé à demander aux parents de défrayer les coûts d’achat des Chrome Book, entre 250 et 300 $ par appareil, l’école Monseigneur Feuiltault a réussi à les financer via les budgets accordés par le ministère pour les équipements informatiques.

«Une dépense qui s’amortissait sur quatre ans, soit la durée de vie approximative de l’appareil», explique M. Laurent Boutin, le directeur de l’école Monseigneur Feuiltault. «Et en bout de ligne, c’était une dépense qui n’était pas beaucoup plus dispendieuse que l’utilisation de manuels que l’on devait acheter et remplacer.»

Qu’on ne se trompe pas, l’utilisation d’outils électroniques dans le programme d’anglais intensif de l’école Monseigneur Feuiltault n’avait pas pour but de remplacer les enseignants. Mme Plourde explique qu’en temps normal, les enfants ne passent pas leur journée entière sur leur écran. «On est encore là pour leur enseigner et leur donner des explications. 

«Quand on était en confinement, les jeunes regardaient des capsules sur leur écran. Mais on organisait aussi des rencontres Google Meet, on enseignait encore beaucoup et on faisait aussi des activités.»

«La beauté avec notre projet c’est que les élèves ont des devoirs à faire avec leurs outils» indique Mme Deblois. «Et nous y avons un accès direct. Pendant le confinement, on savait qui travaillait et qui ne travaillait pas. On leur lâchait donc un petit coup de téléphone à ceux donc les documents n’étaient pas ouverts et on leur disait «là les amis, on se met à l’ouvrage». Je ne dis pas que tous ont travaillé comme ils l’auraient fait en classe, mais il y a eu un certain effort et tout le monde a continué à sa façon.»

Au moment où le bruit court que les élèves du secondaire pourraient amorcer la prochaine année scolaire avec des cours en ligne, l’expérience de l’école Monseigneur Feuiltault pourrait-elle être reprise ailleurs? Les profs du programme anglais intensif sont d’avis que oui. «À condition que les enseignants et les élèves aient les outils et qu’ils puissent utiliser les différentes plateformes», lance Mme Deblois. «Le défi sera de faire en sorte que tous les élèves aient les outils, les mêmes dans un monde idéal alors que plusieurs n’ont même pas Internet à la maison, et de les initier à leur utilisation à distance.»