Les projets du programme Odyssée Saint-Laurent visent à étudier la forme, les mécanismes et la formation des glaces.
Les projets du programme Odyssée Saint-Laurent visent à étudier la forme, les mécanismes et la formation des glaces.

Mission scientifique sur l’Amundsen: déglaçage et science réunis

RIMOUSKI — Le brise-glace Amundsen s’est transformé, le mois dernier, en laboratoire flottant. S’il s’agissait de la deuxième mission du programme Odyssée Saint-Laurent, celle-ci regroupait, pour la première fois, des domaines scientifiques variés. De plus, les membres de l’équipe provenaient de partout au Québec.

«C’est la première mission hivernale multidisciplinaire, souligne le responsable du programme de recherche, Erwann Fraboulet. Avec autant d’universités et de secteurs de recherche, c’est la première fois qu’il y a quelque chose d’aussi gros en hiver!» La mission regroupait des scientifiques des domaines physique, chimique, biologique et géologique. 

Ces scientifiques, chercheurs, techniciens et étudiants universitaires sont rattachés à l’Institut Maurice-Lamontagne de Mont-Joli (Pêches et Océans Canada), à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski, à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) ainsi qu’aux universités Laval, Concordia, McGill et de Montréal. «C’est rare de voir travailler ensemble autant d’universitaires pour un seul but, soulève le chef de mission et chercheur en sciences de la mer de l’UQAR, Jean Carlos Montero Serrano. Il y a très peu de programmes comme ça au monde.» 

Le programme Odyssée Saint-Laurent est une mission d’opportunité. En priorité, l’Amundsen répond aux besoins de déglaçage et d’escorte de navires. Quand il y a des temps morts, le bateau s’arrête à un point qui a été préalablement défini afin que l’équipe de scientifiques puisse se déployer.

Odyssée Saint-Laurent fait partie du Réseau Québec maritime, mis en place par la Stratégie maritime du Québec. 

«Les projets visent à étudier la forme, les mécanismes et la formation des glaces, explique Montero Serrano. Ça va des bactéries qui mangent le pétrole et qui sont présentes de façon naturelle dans l’estuaire du Saint-Laurent, des pesticides jusqu’à la distribution des tailles des particules pour améliorer les algorithmes des satellites. On récupère des sédiments qui sont emprisonnés dans la glace. Ça nous donne une idée du rôle de la glace dans l’érosion côtière.»

Le Réseau Québec maritime rend disponibles les données de ces projets auprès de la population, des municipalités et des décideurs. Menée sur l’Amundsen du 1er au 15 février, la mission a requis huit mois de préparation.

Les membres de la mission ont partagé, jeudi soir à l’amphithéâtre de l’UQAR, les grandes lignes de leurs projets de recherche et leur expérience à bord du navire de la Garde côtière canadienne. L’activité était présentée pour la première fois devant le grand public. Une centaine de personnes ont répondu à l’invitation. Le responsable du programme Odyssée envisage d’offrir la même activité dans d’autres villes québécoises, dont possiblement à Québec.