Pour le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, l’abolition pure et simple du cours est «une fausse bonne idée».

Le cours Éthique et culture religieuse sera revu en entier

Le premier ministre François Legault croit que des «changements importants» doivent être apportés au cours Éthique et culture religieuse, mais son gouvernement n’a pas l’intention de l’abolir.

Le Parti québécois réclame que ce cours obligatoire au primaire et au secondaire soit mis au rancart, parce qu’il «propage des stéréotypes, véhicule des dogmes religieux, va à l’encontre de l’égalité entre les femmes et les hommes», énumère son chef Pascal Bérubé.

M. Legault a dit mardi partager ces préoccupations et vouloir que le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge réforme ce cours d’ici la fin du mandat de la Coalition avenir Québec (CAQ). «Ce cours doit être complètement revu.»

Toutefois, «on n’est pas obligés de jeter le bébé avec l’eau du bain. On a le droit d’expliquer l’histoire des religions aux personnes, aux jeunes qui viennent dans nos écoles», croit M. Legault.

Pour M. Roberge, l’abolition pure et simple du cours est «une fausse bonne idée», car ce cours a justement été créé lorsque le Québec a décidé de déconfessionnaliser ses écoles. «La majorité du cours Éthique et culture religieuse, c’est pas de la religion, c’est des cours d’éthique», plaide le ministre de l’Éducation.

Apprendre le vivre ensemble

Selon lui, il est important que les jeunes apprennent à débattre, à philosopher, mais aussi à connaître les grandes religions, afin d’apprendre le vivre ensemble. «Les grandes religions influent sur la politique étrangère de certains pays, influent sur la façon de se vêtir de certains, sur ce que mangent certaines personnes, sur les valeurs», croit M. Roberge.

Le ministre dit toutefois qu’un travail de révision de ce cours sera éventuellement lancé, afin de revoir les manuels et de «corriger ce cours-là». Une plus grande place à l’athéisme devrait y être faite.

Selon le chef péquiste, cette posture de la CAQ montre que le parti ne va pas assez loin du côté de la laïcité, surtout qu’il veut faire adopter un projet de loi interdisant le port de signes religieux chez les personnes en autorité au cours des prochains mois. «C’est un test de cohérence pour le gouvernement de la CAQ», croit-il.

M. Bérubé déplore que le cours d’Éthique et culture religieuse fasse la promotion du multiculturalisme et soit «éminemment sexiste», comme l’avait jugé un rapport du Conseil du statut de la femme publié en 2016.

Québec solidaire a quant à lui adopté une position similaire à celle de la CAQ, en plaidant pour le maintien du cours, tout en corrigeant certaines lacunes.