Sur le coup, tellement sûr de lui d’être blanchi par la commission d’enquête, le maire Émile Loranger (au centre) a failli voter pour une résolution proposée par le conseiller indépendant Gaétan Pageau qui mentionne que «la Ville de L’Ancienne-Lorette assure toute sa collaboration à la ministre des Affaires municipales».

L’Ancienne-Lorette: «Je ne me retirerai pas», dit Loranger

Le conseil municipal de L’Ancienne-Lorette a approuvé une résolution sur le retrait du maire Loranger le temps de l’enquête de la Commission municipale du Québec (CMQ) sur son comportement, ordonnée par la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest. Une requête que le maire n’a pas l’intention de suivre.

«Si le but est de faire une collaboration avec la Commission des affaires municipales, c’est sûr et certain que je n’ai pas l’intention de me retirer de mes fonctions», a affirmé Émile Loranger. 

Sur le coup, tellement sûr de lui d’être blanchi par la commission d’enquête, le maire a failli voter pour cette résolution proposée par le conseiller indépendant Gaétan Pageau qui mentionne que «la Ville de L’Ancienne-Lorette assure toute sa collaboration à la ministre des Affaires municipales». «On ne peut pas être contre cela», a lancé le maire.


« Si le but est de faire une collaboration avec la Commission des affaires municipales, c’est sûr et certain que je n’ai pas l’intention de me retirer de mes fonctions »
Émile Loranger, maire de L’Ancienne-Lorette

Mais après la lecture de la résolution par le greffier, M. Loranger a avoué ne pas en avoir pris connaissance avant le conseil. «L’aviez-vous lu?» lui a demandé le conseiller Pageau. «Non, j’apprends le contenu ce soir», a-t-il répondu.

Les conseillers ont tous voté en faveur, mais le maire Loranger a envoyé à ses collègues une fin de non-recevoir. «Je ne me retirerai pas.»

Dans ce cas-ci, le greffier devra demander à M. Loranger s’il utilise son droit de veto. Si c’est le cas, la résolution devra être soumise de nouveau, lors du prochain conseil municipal, le 26 mars.

Interrogé par la Commission

Le maire Loranger a révélé aux journalistes qu’il avait été convoqué devant la CMQ, mardi après-midi. Il a répondu à des questions pendant deux heures.

«Cela portait sur la séance du 11 décembre et pourquoi j’ai voté. Très belle rencontre», a-t-il confié. Il avait tranché en sa faveur lors d’un vote au conseil municipal sur une enquête contre lui par la CMQ souhaitée par les élus avant un revirement de situation. Il attend maintenant la décision de la CMQ, qui pourrait aller jusqu’à une suspension de 90 jours.

En attendant, la Ville a approuvé le dernier paiement de 30 000 $ de l’indemnité à l’ex-chef de cabinet du maire Loranger, Marie-Eve Lemay à la suite de la plainte pour harcèlement psychologique. Au total, la Ville devait verser 200 000 $.

Les élus, à l’exception de M. Pageau et M. Guérard, ont aussi autorisé le paiement des frais d’avocats du maire Loranger d’un montant de 5650 $.