Anthony Toupin connaîtra son sort le 27 avril.
Anthony Toupin connaîtra son sort le 27 avril.

La prison ou l’absolution pour un ex-journaliste du Journal de Québec coupable d'agression sexuelle

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
L’ex-journaliste sportif du Journal de Québec Anthony Toupin saura le 27 avril s’il devra faire de la prison ou s’il bénéficiera d’une absolution conditionnelle à la réalisation de 240 heures de travaux communautaires. Le jeune homme a été reconnu coupable, en septembre dernier, d’agression sexuelle sur une jeune fille de 17 ans. La question du consentement était au cœur du procès.

Anthony Toupin, qui a porté le verdict de culpabilité rendu par le juge Jean Hudon en appel, était de retour au Palais de justice de Chicoutimi, mercredi après-midi, pour y subir ses observations sur la peine.

Le ministère public demande 90 jours de prison et 240 heures de travaux communautaires pour celui qui a été reconnu coupable d’avoir profité de la vulnérabilité et de l’état d’intoxication d’une amie de classe pour lui insérer un doigt dans le vagin, au terme d’une soirée de festivités soulignant le début de session, au Cégep de Jonquière.

Le lendemain, elle s’est réveillée nue et a remarqué qu’elle saignait des organes génitaux. Elle avait finalement porté plainte, puisqu’elle n’était pas consentante à ces gestes sexuels.

Alors qu’Anthony Toupin continue de dire que la jeune fille était consentante, la victime s’est présentée devant le juge en tremblant, mercredi, afin de témoigner des conséquences du crime sur elle.

Elle a lu trois longues lettres qu’elle a écrites, au cours des deux dernières années. Elle a affirmé s’être sentie « dégueulasse » et « sale », et a expliqué avoir dû être hospitalisée un mois et demi en psychiatrie après les événements. « J’ai souffert d’un choc post-traumatique et de dépression majeure. J’ai abandonné l’école, car je sentais le jugement des autres sur moi. J’ai toujours cette petite voix dans ma tête qui dit que c’est de ma faute. Je comprends que peu de femmes portent plainte, car le processus judiciaire est long et stressant », a lu la jeune femme. Elle a ensuite quitté la salle de cour en pleurant.

La procureure de la poursuite, Me Marie-Ève St-Cyr, demande au juge Jean Hudon d’envoyer un message de dissuasion au public en condamnant l’individu à 90 jours de prison.

« Ce genre d’histoires arrive beaucoup trop de fois dans les soirées arrosées. Monsieur a profité de la vulnérabilité de la victime pour l’agresser », a souligné la procureure.

L’absolution conditionnelle assujettie à des travaux communautaires a été plaidée par l’avocat de Toupin, Me Alexandre Biron, affirmant que le jeune individu avait beaucoup souffert de la médiatisation de son dossier, perdant ses emplois l’un après l’autre. Anthony Toupin a d’ailleurs témoigné à ce propos, affirmant que le journalisme était son rêve et qu’il avait été mis à pied en raison des accusations qui pesaient contre lui. « Je comprends, je ne leur en veux pas. Mais je ne croyais pas que cette histoire prendrait autant d’ampleur », a-t-il affirmé.

Il veut maintenant étudier en enseignement de l’éducation physique, mais un casier judiciaire lui serait évidemment défavorable.

« Mon client n’a pas le profil d’un criminel. Il est jeune, n’a pas d’antécédent et est un actif pour la société. L’absolution conditionnelle s’applique dans son cas », a affirmé Me Alexandre Biron, en défense.

Le juge Jean Hudon a pris la question en délibéré. Il rendra sa décision le 27 avril.

Quant au verdict de culpabilité porté en appel, aucune date n’est encore fixée.