La directrice des opérations chez Sani-Éco a vu passer bien des choses qui n’ont pas leur place dans le bac bleu au fil du temps. Mais les trois carcasses de vache retrouvées au cours des derniers jours sur les convoyeurs du centre de tri de Granby dépassent les bornes.
La directrice des opérations chez Sani-Éco a vu passer bien des choses qui n’ont pas leur place dans le bac bleu au fil du temps. Mais les trois carcasses de vache retrouvées au cours des derniers jours sur les convoyeurs du centre de tri de Granby dépassent les bornes.

Des carcasses de vache au recyclage

La directrice des opérations chez Sani-Éco a vu passer bien des choses qui n’ont pas leur place dans le bac bleu au fil du temps. Mais les trois carcasses de vache retrouvées au cours des derniers jours sur les convoyeurs du centre de tri de Granby dépassent les bornes, dénonce Julie Gagné.

« C’est vraiment désagréable pour les employés. Je ne les engage pas dans un abattoir. Je les engage pour trier du papier et du carton », fulmine celle qui a contacté La Voix de l’Est pour signaler la situation.

Selon elle, la dernière carcasse a été trouvée jeudi. Les restes sanguinolents de l’animal avaient en fait été disposés dans des sacs de poubelle noirs et envoyés au recyclage, tel que témoignent les photos prises de la macabre découverte.

Ont-ils été glissés dans un bac bleu ou dans un conteneur qu’on retrouve à l’arrière des immeubles résidentiels, commerciaux ou industriels ? Difficile à dire. Julie Gagné n’a pas identifié la provenance des matières qui étaient recyclées à ce moment. Mais même si elle le savait, dit-elle, elle ne voudrait pas cibler une ou des municipalités.

Reste, fait-elle valoir, que cela n’a pas à se retrouver dans un centre de tri de papiers et de cartons. « Ça n’a pas d’allure. J’étais fâchée quand j’ai su pour les vaches. C’est beau ramasser des chiens et des chats, mais il y a des limites », lance Mme Gagné.

Car il arrive aussi aux employés de découvrir des dépouilles de félins et de canidés. Une situation qui n’est d’ailleurs pas propre au centre de tri de Granby. D’autres centres le vivent aussi, précise la directrice des opérations.

Les restes sanguinolents de l'animal avaient été disposés dans des sacs de poubelle noirs et jetés au recyclage.

Du respect dans ton bac

Julie Gagné en conclut que les messages portant sur ce qui est accepté ou non dans les bacs bleus ont encore beaucoup de mal à passer au sein de la population.

« Il faut que les gens apprennent à respecter leur bac », dit-elle en faisant référence à la récente chanson du collectif de rappeurs Alaclair ensemble, « Mets du respect dans ton bac », réalisée avec la Ville de Laval.

Le respect des consignes est d’autant plus important, fait valoir Mme Gagné, que la qualité des ballots produits est plus que jamais importante.

« Le citoyen nous demande de faire un beau tri de qualité, mais comment voulez-vous qu’on sorte quelque chose de qualité quand on reçoit ça (les carcasses d’animaux) sur le convoyeur ? (...) Quand quelqu’un fait quelque chose comme ça, il ne respecte pas l’environnement, ni la nature », estime-t-elle.


« C’est vraiment désagréable pour les employés. Je ne les engage pas dans un abattoir. »
Julie Gagné, directrice de production, Sani-Éco
La directrice des opérations chez Sani-Éco, Julie Gagné, dénonce la découverte de trois carcasses de vache sur les convoyeurs du centre de tri.

De façon ponctuelle, des produits dangereux, comme du propane, se retrouvent aussi sur les convoyeurs du centre de tri, déplore par ailleurs Julie Gagné.

La « saison » des batteries de voitures, qui ont leur place à l’écocentre, est aussi sur le point de commencer. « Le froid va arriver. Des batteries ne marcheront pas. Les gens ne sauront pas où les envoyer ou ceux qui le savent sont trop sans-cœur et ils vont mettre ça dans le bac bleu », relève la directrice des opérations chez Sani-Éco.

Celle-ci fait valoir que l’entreprise granbyenne jouit d’une belle notoriété dans l’industrie. Elle figure aussi parmi les centres à la fine pointe de la technologie. Quelque 5,5 millions $ ont été investis au cours de la dernière année pour moderniser ses installations. Sani-Éco a été le premier endroit au Canada à intégrer deux robots-trieurs, développés par l’entreprise Machinex de Plessisville.

Mais les citoyens doivent aussi faire leur part en se limitant aux matières acceptées dans les bacs, estime Mme Gagné. « Papier, carton, métal, verre, plastique, thats’it ! », chante d’ailleurs Alaclair ensemble.