Aide à domicile : les EÉSAD interpellent les élus

Des «primes bien méritées» et rétroactives sont accordées aujourd’hui aux employés des résidences privées, mais toujours rien pour les préposés offrant de l’aide à domicile qui avaient pourtant interpellé la ministre McCann la semaine dernière.

Devant ce silence, les membres du Réseau de coopération des entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) augmentent la pression sur le gouvernement.

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«Ce n’est pas qu’une question de salaire, c’est aussi une question de reconnaissance», soutient Geneviève Dubé, directrice générale du Service amical basse-ville et aide à domicile.

À chaque point de presse du premier ministre, Geneviève Dubé guette une annonce ou une marque de reconnaissance pour les préposés d’aide à domicile, comme en ont reçu les autres travailleurs essentiels. «C’est quand même au-delà de 4 000 préposés à domicile qui sont toujours au travail et on ne parle pas de ces personnes. On n’en dit pas un mot dans le point de presse du premier ministre, on n’offre pas de compensation salariale et c’est des gens qui se lèvent tous les matins pour travailler et mettent leur santé en péril», déplore la directrice générale du Service amical basse-ville et aide à domicile.

Selon elle, pratiquement tous les travailleurs effectuant des métiers ou tâches similaires à celles des préposés d’aide à domicile ont reçu une compensation quelconque, sauf les préposés à domicile. «Ils font essentiellement le même travail que les préposés aux bénéficiaires en résidence ou dans les CHSLD, et pour un salaire beaucoup moindre», souligne Mme Dubé.

Pressions sur le gouvernement

Le Réseau de coopération des EÉSAD a annoncé hier dans un communiqué que ses membres entreprendront des actions concrètes pour faire pression sur le gouvernement «afin qu’il reconnaisse enfin l’importance du travail des préposés d’aide à domicile auprès des personnes en perte d’autonomie.»

Ainsi, mercredi dans la journée, la directrice générale du Service amical basse-ville et aide à domicile ainsi que la plupart des autres directeurs d’EÉSAD «ont écrit au premier ministre sur sa page Facebook pour lui demander de prendre en considération le sort des préposés à domicile», explique Geneviève Dubé. «On a tous écrit au cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux et on a tous parlé à nos députés aussi», ajoute-t-elle.

Effectivement interpellée sur ce sujet, la députée de Taschereau, Catherine Dorion, dit avoir porté ce dossier à l’attention de la ministre des Aînés, Marguerite Blais, puisque le Service amical basse-ville et aide à domicile dessert plusieurs personnes âgées. «Ils m’ont dit qu’ils vont regarder ça», rapporte la députée de Québec solidaire, bien consciente que cette réponse commence à dater pour les EÉSAD.

Même discours du côté du cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, où on répète que le dossier est présentement étudié.

Entreprises fragiles et préposés vaillants

Geneviève Dubé rappelle que les EÉSAD sont des organismes à but non lucratif (OBNL), «ce ne sont pas des entreprises qui ont les reins si solides que ça pour encaisser durant des mois et des mois des coups durs sans obtenir plus d’aide ou de reconnaissance de la part du gouvernement du Québec». 

Pour l’instant, la directrice générale du Service amical basse-ville et aide à domicile dit avoir assez de personnel pour offrir les services qu’ils sont encore autorisés à donner. «Les préposés vont continuer de faire leur travail, mais ils le font avec un niveau de stress très élevé en ce moment», partage-t-elle. «Beaucoup de préposés le font parce qu’ils ont à cœur la santé des gens chez qui ils vont. Ils ont un grand sens des responsabilités», salue Mme Dubé.