La Capitale

Le «petit miracle» du Capitole

Ça peut sembler incroyable quand on visite le chantier qu’est encore le Capitole de Québec, mais la mythique salle de spectacle rouvrira ses portes dans moins d’une semaine, plus précisément le 27 juin. Et le propriétaire des lieux, Jean Pilote, est plus que fébrile après six mois d’inactivité pour cause de rénovations.

«C’est un petit miracle, ce qui s’est fait en si peu de temps», a-t-il déclaré lors d’une visite destinée aux médias jeudi après-midi. En effet, les travaux ont «techniquement» commencé le 7 janvier, mais, dans les faits, c’est le 15 février que le chantier de cet ambitieux projet de rénovation et d’agrandissement évalué à 45 millions $ a été lancé.

D’ici mercredi donc, tous les plâtres de la salle de spectacle auront été restaurés, tout aura été repeint, le système d’éclairage aura été refait avec des diodes électroluminescentes (DEL), la moquette et les banquettes auront été remplacées. Il le faudra, puisque c’est ce soir-là que débute la comédie musicale Saturday Night Fever. D’ailleurs, la Ford Fairlane qui est l’un des éléments de décor du spectacle a fait son entrée sur la scène jeudi, transportée par un camion avec bras de levage plutôt que par une grue en raison de la grève des grutiers. Des loges temporaires ont aussi été aménagées pour les artistes en attendant les nouvelles loges permanentes, plus nombreuses et plus vastes.

Justice et faits divers

Contestation de la Loi sur le financement politique: Yvon Maheux a le feu vert de la Cour

Un débat sur la validité des dispositions de la Loi électorale qui encadre le financement politique aura bel et bien lieu devant la Cour supérieure, et ce, dans les meilleurs délais. Le tribunal vient de rejeter la demande du Procureur général du Québec, qui réclamait le rejet ou la suspension du pourvoi déposé par l’homme d’affaires de Québec Yvon Maheux.

Yvon Maheux, c’est ce résident de Québec qui a été accusé par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) de «manœuvre électorale frauduleuse» pour avoir, en 2016, versé deux dons de 100 $ à la Coalition avenir Québec, alors que la limite permise est de 100 $ par année. 

L’homme d’affaires conteste le constat d’infraction devant la Cour du Québec. En plus d’une amende de 5000 $, le septuagénaire risque de perdre, pour une période de cinq ans, son droit de voter, d’être candidat à une élection et de se livrer à un travail de nature partisane. 

En février, Yvon Maheux a déposé une requête en Cour supérieure visant à contester la validité constitutionnelle des articles de la Loi électorale qui encadrent le financement politique. Il s’attaque plus particulièrement au plafond de 100 $ imposé par le gouvernement Marois en 2013, estimant que cette limite annuelle «constitue une atteinte déraisonnable et injustifiée à l’expression politique citoyenne». 

Pas de preuve d’intention coupable

M. Maheux en a également contre la collecte et la publication de renseignements personnels sur les donateurs des partis, une pratique qui, selon lui, porte atteinte à la vie privée. Il s’en prend en outre au mécanisme par lequel le DGEQ peut imposer à un citoyen un constat d’infraction pour «manœuvre électorale frauduleuse» sans avoir la preuve d’une intention coupable. 

Le Procureur général du Québec s’est opposé au pourvoi d’Yvon Maheux au motif qu’il court-circuiterait un débat constitutionnel déjà engagé devant la Cour du Québec. Le juge Étienne Parent, de la Cour supérieure, n’est pas de cet avis. 

Le pourvoi «ne vise pas à contourner la compétence exclusive de la Cour du Québec d’entendre la poursuite pénale valablement introduite par le DGEQ contre le demandeur», tranche le juge Parent dans sa décision rendue la semaine dernière. 

Ce pourvoi cible, selon lui, «un débat à portée beaucoup plus large, soulevant des questions fondamentales d’intérêt public, lesquelles commandent que la Cour supérieure s’en saisisse dans les meilleurs délais».

Santé

Maladie pulmonaire: guérir chez soi grâce au suivi virtuel

Quelques dizaines de patients de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) quitteront rapidement l’hôpital au cours des trois prochaines années, des équipements médicaux et un vélo stationnaire sous les bras!

Un nouveau projet de recherche vient d’être lancé pour des personnes souffrant de la maladie pulmonaire obstructive chronique. «Souvent, ce sont des patients qui ont beaucoup fumé», note François Lellouche, médecin chercheur. Des patients qui sont durement frappés lorsqu’une pneumonie ou une bronchite les terrasse.

Ceux-là se retrouvent alors à l’hôpital. À l’IUCPQ, ils sont jusqu’à 700 chaque année à être alités, médicamentés et branchés sur une réserve d’oxygène. «Souvent, ça dure de 8 à 10 jours l’hospitalisation.» Puis, même une fois partis, plusieurs subissent des complications et reviennent à l’hôpital. 

C’est là que le Dr Lellouche et son équipe comptent intervenir. Ils espèrent démontrer que les malades peuvent rentrer rapidement à la maison équipés d’un appareil gérant leur oxygénothérapie et d’un vélo d’exercice afin de se remettre sur pied dans le confort de leur foyer. Démontrer également que ce suivi réduit grandement les réhospitalisations.

Télémédecine

Jeudi, à l’écran, il y avait Jacques Milot, le premier à profiter du service. Suivant les instructions de la kinésiologue Jany Harvey, il a pédalé pour les journalistes, il a fait quelques exercices de musculation. Les appareils sur lesquels il était branché affichaient en direct son rythme cardiaque, le taux d’oxygène dans son sang, et d’autres chiffres sans doute significatifs pour le personnel médical… mais que nous ne pourrions expliquer!

Durant quatre semaines, il a ainsi eu des rendez-vous virtuels de réadaptation au cours desquels il a fait des exercices. Durant la séance d’une heure, il a également reçu des conseils de santé, des informations sur sa maladie et le traitement.

Entre ces échanges sur le Web, le patient reste connecté en permanence. Un capteur sans fil au bout de son doigt transmet chaque heure des relevés à l’équipe de l’IUCPQ.

Les consultations sur le Web n’éliminent toutefois pas les contacts humains. Au cours du suivi à domicile, le patient recevra environ six visites.

Une journée d’hospitalisation coûte entre 1000 $ et 1500 $, poursuit François Lellouche. Il pense que des économies importantes pourraient résulter du traitement des malades à leur domicile.

Soulignons que le Dr Lellouche a un intérêt commercial dans cette étude. L’appareil fourni aux patients, le FreeO2 est vendu par une entreprise qu’il a cofondée avec un collègue. L’IUCPQ appuie le développement du produit créé par les chercheurs de Québec.

La recherche durera trois ans et bénéficie d’un financement de 400 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada. Durant ces trois années, une cinquantaine de patients recevront les soins à domicile.

Monde

Espagne: colère contre la mise en liberté d’agresseurs disculpés de viol

PAMPELUNE — Des milliers d’Espagnoles sont descendues dans les rues jeudi après qu’un tribunal de Pampelune a décidé la mise en liberté provisoire de «La Meute», cinq jeunes hommes qui ont abusé d’une femme de 18 ans sans être condamnés pour viol.

Les cinq Sévillans, âgés de 27 à 29 ans, ont été condamnés le 26 avril à neuf ans de prison chacun pour «abus sexuel» à l’été 2016 pendant les fêtes de la San Fermin à Pampelune, connues dans le monde entier pour ses lâchers de taureaux.

La décision des juges de ne pas retenir la qualification de viol alors que les agresseurs avaient filmé leurs actes avait provoqué une vague de manifestations féministes à Pampelune et dans toute l’Espagne. Le parquet a fait appel du jugement.

D’après les agences de presse espagnoles, le même tribunal a décidé jeudi la remise en liberté sous contrôle judiciaire des cinq condamnés contre une caution de 6000 euros (environ 9200 $CAN) chacun. Les cinq condamnés, qui s’appelaient eux-mêmes La Meute sur leur groupe Whatsap, auront le 7 juillet passé deux ans en détention provisoire, le maximum prévu pour cette mesure.

Un porte-parole du tribunal a indiqué à l’AFP que la décision des juges avec les attendus qui l’expliquent ne serait rendue publique que vendredi.

La nouvelle a immédiatement provoqué des manifestations à Pampelone même, où un millier de femmes ont défilé en criant «Assez de violence machiste» et dans les principales villes du Pays basque voisin: Bilbao, Vitoria et San Sebastian.

À Barcelone, des centaines de personnes ont défilé derrière une banderole proclamant «face à la justice patriarcale, autodéfense féministe».

«C’est une honte, ces vauriens de violeurs s’en tirent facilement. Il paraît qu’on veut les libérer pour qu’ils soient prêts à recommencer le 7 juillet , jour de la San Fermin», a déclaré à l’AFP Carmen Roman, une manifestante de 66 ans.

D’autres manifestations ont été convoquées pour vendredi notamment à Madrid, Séville, Grenade, Malaga, Valence et Saragosse. Sur les réseaux sociaux, les organisatrices utilisent notamment le mot-clic «#Si La Meute sort, nous sortons dans les rues aussi».

Le mouvement féministe est particulièrement fort en Espagne, pays pionnier de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Après une grève générale des femmes sans précédent le 8 mars dernier, qui a mobilisé des millions d’Espagnoles, le nouveau gouvernement socialiste mis en place début juin a été constitué majoritairement de femmes.