Le lauréat

Yvon Fortin: la science en toute simplicité

Yvon Fortin est un vulgarisateur incroyable. Dès la première question, il s’envole dans un discours où, tout d’un coup, la science paraît d’une grande simplicité.

Professeur de physique au Cégep Garneau pendant 35 ans, il est animé par la science, par l’histoire de la science, par les débats que les découvertes et les affirmations scientifiques ont suscités au fil des âges.

Il joue avec les concepts scientifiques comme d’autres jouent avec les mots, comme s’il s’agissait d’un exercice de jonglerie dans lequel tout devient cohérent au fur et à mesure que la discussion avance.

Ce n’est donc pas sans raison que l’Association des communicateurs scientifiques du Québec (ACS) et Radio-Canada lui ont remis le premier prix Thérèse-Patry en raison de son talent de vulgarisateur.

Abordant la gravitation selon Newton, il souligne que l’histoire du scientifique assis au pied du pommier recevant une pomme sur la tête relève plus de la fable que d’un fait. Il relate alors le questionnement de l’homme de science pour faire un détour dans le monde littéraire.

Science et littérature

«Saviez-vous que c’est Voltaire qui a fait connaître Newton aux Français?» Il expose alors le passage de l’homme de lettres en Angleterre au moment des funérailles du scientifique. Et le poème qu’il a écrit sur le personnage. Poème envoyé à la marquise Émilie du Châtelet. Elle écrira à son tour sur la loi de la gravité. Les Français avaient Descartes comme homme de science bien en vue, mais c’est à cause de Voltaire que la France a connu Newton.

Puis, il parle de Galilée, des forces politiques et religieuses en présence qui contestaient le scientifique, des discussions voilées qui reconnaissaient en coulisse la véracité des découvertes, mais qui n’étaient pas approuvables publiquement à cause de la sacro-sainte dogmatique de l’époque.

Il saute dans le monde de l’éducation pour décrire son travail de professeur, les contraintes des programmes, le plaisir d’enseigner, surtout de la nécessité de l’école. Des études, en fait, plus que les institutions d’enseignement. Car faire école, c’est le vrai monde de l’éducation, un processus lent et continu, et surtout durable puisque cela laisse une trace. «Le savoir n’est pas suffisant, clame-t-il. Il faut comprendre, réfléchir.»

«Il faut comprendre et saisir la beauté des théories en science», c’est la phrase dans le programme des cours qui l’a convaincu que l’enseignement serait son monde pour plusieurs années.

Les débats

«Les études, c’est ce qui transforme le monde», avance-t-il en montrant d’un long geste du bras tout ce qui meuble la salle de rédaction du Soleil. Les ordinateurs, les chaises, les téléviseurs, le papier sur les bureaux, «tout cela existe parce que des gens ont étudié» ceci ou cela pour créer des objets. Ily a de la science dans ces objets du quotidien.

Et le voilà parti dans une nouvelle direction pour raconter comment les débats entre des scientifiques aux idées opposées ont fait évoluer la science.

Il revient avec Galilée pour montrer comment, des siècles plus tard, un débat analogue refait surface et hante les tribunes dans le même style d’obscurantisme. «On parlait des problèmes de la couche d’ozone en 1892. On sait depuis longtemps que les scientifiques ont raison quant aux changements climatiques.» Mais comme à l’époque de Galilée, les opposants refusent d’accepter les faits prouvés hors de tout doute dans la cohérence de la science.

Pour lui, au-delà du prix Thérèse-Patry, il y a d’abord eu le choix de ses pairs qui ont soumis sa candidature. Le regard des gens du milieu valait déjà beaucoup à ses yeux. La décision du jury sur sa carrière, il l’a accueillie avec plaisir en disant : «j’espère que mes années d’enseignement auront eu un effet sur tous ces adolescents devenus des adultes».

Monde

Fillettes utilisées dans des attaques suicide au Nigeria

KANO, Nigeria — Les djihadistes présumés du groupe nigérian Boko Haram ont utilisé des fillettes pour perpétrer des attentats suicide suivis d'attaques à la grenade qui ont fait au moins 31 morts dans le nord-est du Nigeria, a indiqué un responsable local.

«On s’est rendu compte que les attaques suicide avaient été perpétrées par six fillettes dont les têtes arrachées ont été retrouvées sur les lieux du drame par des secouristes. Elles avaient entre sept et dix ans», a un responsable du gouvernement local sous couvert de l’anonymat.

Lors des deux attaques suicide à Damboa dans l’État de Borno dans la nuit de samedi à dimanche, «31 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées», a déclaré un membre d’une milice locale, Babakura Kolo.

Les attaques ont visé des personnes qui venaient de célébrer la fête de l’Ai qui marque la fin du ramadan.

Après le double attentat suicide, des jihadistes présumés ont visé la foule qui s’était amassée sur le lieu des attaques avec des grenades, faisant davantage de victimes.

Deux kamikazes ont activé auparavant leur charge explosive dans les quartiers de Shuwari et d’Abachari à Damboa, tuant six habitants, a ajouté M. Kolo, s’exprimant depuis la ville de Maiduguri, située à environ 80 km du lieu des attaques.

«Personne n’a besoin de nous dire que c’est signé Boko Haram», a-t-il ajouté.

Un responsable du gouvernement local, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé le bilan des victimes.

«Le dernier bilan fait état de 31 morts, mais celui-ci pourrait grimper car il y a de nombreuses personnes blessées qui risquent de ne pas survivre», a déclaré ce responsable soulignant qu’un grand nombre de personnes avaient été blessées par des tirs de roquettes deux minutes après la double attaque suicide.

Le 1er mai, au moins 86 personnes ont été tuées dans deux attentats-suicides visant une mosquée et un marché dans la ville de Mubi, dans l’État voisin de l’Adamawa.

Depuis 9 ans, l’insurrection islamiste a fait plus de 20 000 morts dans la région et s’est répandue du nord-est du Nigeria jusqu’au Niger, au Tchad et au Cameroun, créant une grave crise humanitaire. Le conflit qui dure depuis neuf ans a fait plus de 20 000 morts et environ 2,6 millions de déplacés au Nigeria.

Actualités

Assignation libre

Avant de passer au troisième lien, imaginez les deux liens actuels soudés en un seul.

Même s’il est passé d’innombrables fois à cet endroit, notre photographe Pascal Ratthé n’avait jamais vu les deux structures sous cet angle. 

À croire que le tablier du pont Pierre-Laporte est accroché au pont de Québec.

Justice et faits divers

Un homme sauve un jeune de la noyade à Saint-Nicolas

Un garçon de 13 ans a bien failli se noyer dimanche en fin d’après-midi tout près des chutes de la Chaudière, à Saint-Nicolas, après s’être aventuré dans l’eau qui a des courants très forts dans le secteur.

Selon les informations du Service de police de la Ville de Lévis, l’adolescent se baignait tranquillement au pied des chutes quand il a réalisé qu’il manquerait d’énergie pour revenir au bord.

«C’est un coin où, effectivement, il y a quand même beaucoup de courant et de rapides, explique au Soleil le chef aux opérations des policiers de Lévis, Stéphane Gaumond. On pense qu’il a peut-être été surpris par cette force imprévue de l’eau.» 

Voyant que le jeune était dans une fâcheuse position, un citoyen sur place s’est immédiatement jeté à l’eau pour lui donner un coup de main et le ramener au bord, en toute sécurité. 

Le héros du jour a ensuite communiqué avec les autorités pour une demande d’assistance immédiate.

«Pour ce qui est de notre intervention, ça s’est strictement limité à stabiliser le patient avec les ambulanciers et surtout à l'évacuer du bord de la rivière, jusqu’à l’ambulance», poursuit M. Gaumond, félicitant au passage le citoyen pour sa réaction rapide dans le contexte.

Encore sous le choc, le jeune baigneur a été pris en charge et amené directement à l’Hôtel-Dieu de Lévis pour évaluation. À l’arrivée des policiers, il était toutefois conscient, respirait bien, «mais semblait assez épuisé» et encore troublé par son expérience, ajoute le chef policier.

Les policiers de Lévis, arrivés les premiers sur les lieux, ont vite réalisé qu’il faudrait une assistance pour prendre en charge l’adolescent. Les pompiers de Lévis ainsi que les ambulanciers ont donc aussi été appelés sur les lieux lors de l’intervention.

Les autorités rappellent qu’il vaut toujours mieux d’évaluer les risques d’une baignade sans surveillance avant de s’y aventurer. En cas de doute, mieux vaut s’abstenir dans la majorité des cas.